Diagnostic et début de traitement

IMG_8265Pull Le Confortable – MLM Patrons – Taille M avec marges
Tissu du marché d’Antony – Passepoil de mon stock

Bon, mademoiselle Tasticottine, j’ai vos résultats d’analyse.
Je vais être direct: c’est mauvais. Pas catastrophique mais pas terrible. Vraiment pas terrible.
Vous êtes au bord du précipice, pour tout vous dire.

Couture exclusivement pour enfant ou bébé depuis des mois, projets qui se traînent sur des mois au lieu d’être expédiés en quelques soirées, surjeteuse pleine de poussière, blog souffreteux, tricot quasi abandonné… Faites le constat vous-même: ça va mal, mademoiselle Tasticottine ! C’est la crise !

Il faut qu’on remédie à ce marasme, mademoiselle. Et vite ! Parce que sinon, vous savez ce qui vous pend au nez, mademoiselle? La cessation complète de toute activité couturistique ou tricotesque. Eh oui, eh oui, eh oui ! On en est là !

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Bon d’accord, vous avez eu un bébé et c’est de notoriété publique que ça prend pas mal de temps et d’énergie pendant des mois. Mais quand même ! Elle a neuf mois votre zébrelle, non ? On ne peut pas tout lui mettre sur le dos ! Pas plus qu’on ne peut imputer votre anémie à l’ambiance de la blogoshpère. C’est vrai que vous avez un boulot, une famille, une vie sociale et donc pas beaucoup de temps pour vous.
Je sais tout ça, mademoiselle. En tant que couturologue, j’en vois passer tous les jours, des profils comme le vôtre, vous savez ?

Et l’expérience me fait dire que le ralentissement, le manque d’energie et de motivation, ça ne s’explique pas forcément facilement. Il y a souvent plusieurs causes qui s’imbriquent entre elles, s’amplifient l’une l’autre et finissent par créer un merdier sans nom à dépatouiller. Excusez-moi d’employer de tels mots, mais c’est vrai: vous êtes actuellement ligotée par plusieurs facteurs aux influences inconnues…

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Mais… Mais non, ce n’est pas foutu! Ce n’est pas foutu du tout mademoiselle Tasticottine ! Ne faites donc pas cette tête de Bambi éploré ! Vous voulez un mouchoir?
Regardez-moi. Regardez-moi, mademoiselle Tasticottine!
J’ai deux bonnes nouvelles pour vous : la première, c’est qu’on n’a pas besoin de savoir précisément d’où vient la panne pour réparer votre moteur, si je puis me permettre cette image. Et la seconde, c’est que vous êtes venue me voir à temps. Nous allons vous remettre d’aplomb et votre machine à coudre va recommencer à chanter, vous allez voir!

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J’ai bien étudié votre cas et… prenez un mouchoir, j’insiste, vous avez le nez qui coule… J’ai bien étudié votre cas, disais-je, et je vais vous prescrire une cure de couture PMP, c’est-à-dire « Pour Ma Pomme ». Pas la mienne, hein? La vôtre, mademoiselle. Vous allez coudre pour vous, mademoiselle Tasticottine ! Et seulement pour vous ! C’est chouette n’est-ce pas ?

Non, ça ne va pas faire de vous une mauvaise mère de ne plus coudre pour vos bambinettes. Déjà, ce n’est pas un traitement à vie. Et puis vos enfants ont TROP de vêtements, vous me l’avez dit vous-même, souvenez-vous. Il va falloir accepter qu’elles n’ont pas BESOIN que vous cousiez pour elles, vous comprenez?

Allez, ça va aller, vous verrez. Si vous suivez scrupuleusement votre traitement, vous devriez rapidement reprendre du poil de la bête, mademoiselle Tasticottine, faites-moi confiance.

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Voilà votre ordonnance. Couture PMP pendant… mettons deux mois? On se revoit après et on fait le point, ok? Et surtout vous commencez doucement, hein? Un truc simple et gratifiant, vite fait bien fait, d’accord?

Non, ne me remerciez pas, mademoiselle, c’est mon métier de sauver les couturières en perdition.

Vous voyez avec ma secrétaire pour le rendez-vous dans deux mois? Parfait!
Eh bien au revoir chère mademoiselle Tasticottine. A la prochaine!


Et donc, chère coupine, voici mon premier ouvrage PMP depuis ma visite chez le docteur LaCouture: je me suis cousu un pull tout simple. Peu de pièces (3 pièces de patron), pas de pinces ni de système de fermeture, une encolure parfaite, tout ce qu’il me fallait pour reprendre du poil de la bête.

Le tissu vient du marché d’Antony, que j’ai connu grâce à l’Annexe Dilettante qui y trouvait des merveilles. C’est une pépite: laine sur l’endroit, coton sur l’envers, souple (et même un peu mou, j’en ai bien peur), il est chaud comme tout (et donc je ne le porte pas beaucoup ces temps-ci, m’enfin l’automne arrivera bien un jour).

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Tant qu’à remettre le pied à l’étrier, j’ai mis, dans les coutures d’épaules et autour de l’encolure, un petit passepoil doré tout fin dont je raffole (mais pourquoi en ai-je pris si peu? Tu sais toi, coupine ?) que j’ai trouvé lors d’une vente dans l’atelier d’une couturière qui partait à la retraite. Tu me connais coupine, je suis une passepoilophile convaincue donc pas moyen de ne pas en mettre dès que je peux.

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A part ça, j’ai fait une taille M (depuis la naissance de ma seconde libellule, je me traîne un baby bump agaçant) et je le regrette un peu: autant je trouve qu’il tombe pas mal du tout aux épaules, autant je trouve les emmanchures trop grandes. En fait, je le trouve globalement trop grand. N’eûssent été sa mollesse et sa fluidité qui le féminise, je trouve, ce pull aurait été un échec. Et tu sais qu’en ce moment, c’est la dernière chose dont j’ai besoin. Tu en penses quoi, toi, coupine ?

J’ai mis quelques soirées à en venir à bout et franchement coupinette, je suis contente. Contente d’avoir renoué avec le plaisir de coudre, contente d’avoir retrouvé un rythme qui me convient (lente un jour, lente toujours! Vive la lenteur!), contente de coudre pour moi.

Tu vois coupinette, je vais beaucoup mieux!

Ma cathédrale à moi…

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Coucou coupinette!
Kof kof kof! Mon Dieu, mais quelle poussière ici!
Il faut bien dire que ça fait un bail que je ne suis pas venue.

Que veux-tu, j’ai été plombée, ces derniers mois. L’affaire Aime Comme Marie et les mises en demeure que j’ai reçues ont été un coup de tonnerre dans le ciel bleu de Tasticottie. Au début, j’ai cru que ça ne me faisait rien. Et puis, j’ai réalisé que ça avait eu un très gros impact sur moi. Plus d’énergie, plus d’émerveillement, plus vraiment d’envie, plus d’enthousiasme, plus rien. Cette histoire a pris toute la place. Je passais des heures à lire les discussions sur T&N ou à répondre aux encouragements et propositions d’aide des unes et des autres. D’ailleurs, je profite de cet aparté pour présenter mes plus plates excuses à celles à qui je n’ai pas encore répondu.
J’ai frôlé l’asphyxie, coupine. J’ai hésité à republier un billet sur cette histoire, au vu des dernières découvertes de Biquette. Et puis j’ai décidé que non. Ca suffit, j’ai eu ma dose, là. Je maintiendrai le post que j’ai écrit sur cette affaire tant que je pourrai mais je ne partirai pas en croisade contre l’entreprise Marie Gauthier. Mon opinion est faite et ne va plus changer, c’est clair et net.

Mais là, j’ai envie de reprendre ma petite vie de blogueuse là où je l’avais laissée. On retourne donc à la couture!

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Aujourd’hui, je suis venue te causer de philosophie.
Je viens te soumettre une phrase: « La valeur d’un ouvrage est proportionnelle au temps qu’on a passé à le concevoir ».

C’est moi ou elle sonne super juste cette phrase? Non mais pense aux cathédrales, par exemple. Tu vois? Elle sonne vraie, cette phrase, non?

Bon, je reconnais qu’elle m’arrange, cette phrase*, vu qu’en Tasticottie elle se révèle totalement vraie.

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Démonstration:
Pour ma Poupette number ouane, j’avais du temps à ne savoir qu’en faire et j’ai donc cousu et tricoté plein de choses. Dont une couverture qui m’avait pris un siècle (à la louche). Tu te souviens? C’était celle-là.

A mon grand plaisir, Poupinette 1ère s’est prise de ce qui semble être une réelle affection pour sa couverture. Elle s’en sert encore aujourd’hui: à la maison en remplacement de sa couette ou pour siester sur le canapé, en voiture ou chez des amis, elle l’emporte souvent avec elle. Ca me fait drôlement chaud au coeur de constater qu’elle lui est précieuse (elle est tout à fait capable d’indifférence totale face à mes cousettes, comme tu le sais). C’est bien la seule chose que je lui aie conçue qu’elle aime VRAIMENT, tu vois? Et c’est bien la chose que je lui ai faite qui m’a pris le plus de temps.

A plus B étant égal à C, cqfd, tout est dit et la démonstration est faite.

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Du coup, dès que j’ai su que j’étais enceinte d’un second enfant, j’ai décidé de lui tricoter une couverture. Un truc qui allait me prendre du temps, beaucoup de temps. Plein de temps qui la rendrait bien précieuse.

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Je voulais faire le même genre de couverture que celle de ma Poupette, garder le principe d’une partie tricotée et d’une partie cousue. Je voulais aussi de la texture dans la partie tricotée. J’ai pensé utiliser le même motif que pour la couverture de la Poupinette mais j’avais envie d’innover. J’avais envie de chevrons en relief, j’ai longuement cherché mais j’ai fait chou blanc.
Et puis un soir, j’ai trouvé un filon sur Pinterest: les motifs de torchons tricotés par des américaines (oui, c’est totalement bizarre, mais elles tricotent des torchons en coton, les américaines). Et quand j’ai vu ces triangles, je me suis laissée séduire. Tu en penses quoi, coupine?

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Pour la couleur, je n’ai pas hésité longtemps: j’avais déjà chez moi plusieurs écheveaux de Cascade Yarns 220 Heathers coloris 2433, achetée au stand des Petits Points Parisiens sur un salon (sais plus lequel, à vrai dire). J’avais l’ambition de me faire un gilet. Sauf que finalement, j’ai trouvé que la couleur ne m’allait pas si bien que ça et j’avais mis mes écheveaux de côté.

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Comme j’étais SURE que j’allais avoir un garçon (hyper-intuition de femme enceinte… oui, bon…ahem…), j’ai vite repensé à mes écheveaux et j’ai trouvé que la couleur était nickel pour un petit gars.
J’étais en quête du liberty parfait pour aller avec quand j’ai appris, stupéfaite, que j’attendais en fait une fille (« Mais vous en êtes sûr à combien de pour cent, docteur? », « Eh bien Madame, à 150%, j’ai envie de dire »).
J’ai donc réorienté mes recherches et me suis mise à traquer le liberty Ellie Ruth rouge.
Liberty Ellie Ruth
Qui est épuisé partout et pas près d’être réédité (m’ont dit Mr Shaukat et Mr Stragier que j’ai quand même appelés à tout hasard, des fois qu’ils auraient un coupon perdu dans un coin de leur bureau).
Frustration, énervement, ruminations pendant plusieurs semaines.
Et puis finalement, j’ai opté pour le liberty Betsy.

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J’ai mis 1000 ans (bon ok, 6 mois) à tricoter la partie laine. Je suis tombée en rade à 15 rangs de la fin (sur un tricot qui en comprend plus de 260, c’est rageant quand même, tu ne trouves pas? En même temps, j’aurais presqu’été déçue de ne pas galérer…). J’ai donc mandaté Charming, qui a gentiment accepté de traverser la ville pour m’acheter un écheveau aux Petits Points Parisiens. Et ô divine surprise: cet écheveau s’est trouvé être du même bain que ceux que j’avais déjà!

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La partie laine terminée et bloquée, il s’est encore écoulé un laps de temps certain avant que j’arrive à faire converger suffisamment d’énergie et d’envie pour préparer la partie liberty (molletonnée), avant de tout assembler.
Bref, j’ai mis un temps fou à concevoir cette couverture mais je n’ai aucun regret, je l’aime beaucoup.
Et j’espère que ma libellule l’adorera autant que sa sœur aime la sienne.

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*Et c’est bien pour ça que je l’ai inventée :D

Le problème avec le silence de Marie

EDIT du 16 Avril 2015: Suite à une deuxième mise en demeure de Maître OLLIVIER, avocat-conseil de Madame Marie Gauthier, que j’ai reçue hier (décidément, c’est Noël!) et qui m’a elle aussi été transmise par mon hébergeur, je suis, une fois encore, contrainte de modifier mon article, sous peine, encoooore, de voir mon blog purement et simplement supprimé (et tous mes chouettes posts de super couturière-écriveuse avec). Bref…

EDIT du 25 Mars 2015: Suite à une mise en demeure que j’ai reçue ce matin (oh le joli cadeau!) et qui m’a été transmise par mon hébergeur, je suis contrainte de modifier 3 phrases qualifiées de diffamatoires de cet article et de ses commentaires  (malgré tous les éléments concrets qui m’ont menée à être aussi affirmative dans mon article) sous peine de voir mon blog purement et simplement fermé (Youpi!).

Coucou coupine!

Je passe te voir aujourd’hui pour te parler d’une affaire qui agite la couturo-blogosphère en ce moment et qui me fait beaucoup cogiter.

Comme tu le sais peut-être, mon nouveau passe-temps chronophage, après Pinterest, est Instagram. J’aime bien cette façon de communiquer flip flap en photo et j’y passe de plus en plus de temps.
Bref, hier soir, alors que je baguenaudais tranquillement sur Instagram, je suis tombée sur une drôle de photo de Tassadit (qui a un bien chouette compte Instagram, ma foi) qui montrait, à l’écran de son ordi, un post de Saki (tu la connais? Elle dessine et coud super bien mais elle a aussi une sacré plume engagée qui vaut vraiment le détour, coupine) et qui était accompagnée d’une phrase exhortant Marie (d’Aime Comme Marie, la marque de patrons) à répondre.

Répondre à quoi, me dis-je intriguée?

Je cherche un peu sur le net et là, j’apprends, stupéfaite, qu’une blogueuse nommée Vicomte de Boisjoly (son blog  Essais & Erreurs vaut lui aussi vraiment son pesant de cacahuètes, tu sais coupinette?) a superposé un des patrons d’Aime Comme Marie, la chemise Mister, avec un patron issu d’un livre japonais consacré aux chemises pour hommes (chemise n°1 D du livre Les Chemises, Ryuichiro Shimazaki) et a relevé de troublantes similitudes entre les deux.

Quoi? Comment ça? On parle de plagiat, là? Sérieusement?

Des rumeurs sur Aime Comme Marie, il y en a eu par le passé. Mais à l’époque, même si j’ai pu constater des ressemblances plus que troublantes entre un de ses patrons et un patron Burda, il n’y avait aucune preuve de quoi que ce soit et n’ayant pas le patron Burda entre les mains pour faire une comparaison plus poussée, j’avais accordé le bénéfice du doute à Aime Comme Marie. Après tout, tout a déjà été inventé, la mode n’est qu’un éternel recommencement et les uns s’inspirant des autres, il est tout à fait crédible que deux créateurs de patrons produisent des modèles très très ressemblants.

L’énergie et l’engagement de Saki m’ont poussée à approfondir et je suis allée lire l’article en question sur le blog de Vicomte de Boisjoly. Je t’invite à faire de même, coupinette, il est édifiant.
Je peux te dire qu’elle a bossé, la miss Vicomte. Etayant son étude de photos qu’elle livre sur son blog, elle a comparé, avec une méthodologie carrée et scrupuleuse, le patron incriminé à celui dont il se disait qu’il a été plagié. Et ils correspondent. Je te laisse en juger par toi-même, coupinette. T’en penses quoi? Ah, toi aussi tu es troublée?

Enorme! Incroyable! Impossible!

Enfin quoi! Comment une marque ayant pignon sur rue, plébiscitée par beaucoup, faisant partie intégrante du paysage couturesque français pourrait faire ça? C’est pas possible, il doit y avoir une explication, c’est trop gros quoi!
Non non non, il doit y avoir une explication simple et Marie doit la donner quelque part…

C’est ce que j’ai pensé au début, toute tourneboulée par les preuves que j’avais sous les yeux. Je suis donc allée voir du côté de Marie, de son blog, de son Instagram, ce qu’elle répondait au Vicomte. Parce que bon, c’est grave quand même une accusation de plagiat. C’est clairement un truc qu’on ne peut pas laisser passer comme ça. Doit y avoir une réponse, une réaction…

Et j’ai trouvé… Néant, nada, rien, pas une phrase, pas un mot, pas une réaction. Silence total.

Pourtant Marie est au courant, le Vicomte de Boisjoly indique sur son blog qu’elle a pris soin de la prévenir et de lui laisser un délai suffisant pour répondre. Mais elle ne réfute pas, elle ne reconnaît pas, elle n’attaque pas, elle ne retire pas ses patrons incriminés de la vente. Elle ne fait rien du tout.

Et c’est là que j’ai commencé à avoir un problème avec cette histoire et à me sentir en colère.
Parce que, vois-tu coupine, j’ai du mal avec ce silence et cette absence de réaction.

Le problème avec le silence de Marie, c’est qu’on peut mettre plein de choses derrière. Et qu’on ne veut pas se fourvoyer.
Alors on attend qu’elle s’exprime. Comme ça, on aura les deux sons de cloches, on pourra se positionner et dire tout haut ce qu’on en pense.

Tant qu’elle ne s’exprime pas, et même si de nombreux points de ressenblance peuvent être relevés et semblent bien irréfutables, on pourrait faire une erreur en la condamnant. Elle a peut-être une explication?
Dans le monde civilisé qui est le nôtre, quelqu’un accuse, l’accusé répond, l’accusateur enfonce le clou, l’accusé se rebiffe, chacun s’exprime et on avance.

Mais alors qu’est-ce qu’on fait si les débatteurs ne respectent pas cette règle tacite? Qu’est-ce qu’on fait si l’une des parties ne dit rien?
Eh bien on attend. Un jour, une semaine, un mois.
On attend qu’elle dise quelque chose.
On attend encore et encore.
Et puis on se lasse d’attendre, on passe à autre chose et l’affaire est enterrée. Les Mister continuent à être vendus sereinement à 15€. Et y’a pas de souci. On s’accomode de la situation. Suffit de ne pas les acheter si on trouve que c’est abusé et basta. Pas besoin d’en parler.

Le problème avec le silence de Marie, c’est qu’il est diablement efficace.
Alors même qu’il ya cet article qu’on peut lire et relire, on lit encore ça et là des « on reste neutre parce qu’il y a présomption d’innocence » ou des « accordons lui le bénéfice du doute jusqu’à ce qu’elle s’explique ».

Le problème avec le silence de Marie, c’est qu’il inverse la donne.
Attendre des réponses de quelqu’un qui ne dit rien, s’énerver de ce silence et exiger de plus belle et en nombre, ça devient du harcèlement. Marie devient la victime qui n’a rien fait, rien dit. Et faudrait voir à ne pas s’acharner sur elle en lui demandant des comptes.

Le problème avec le silence de Marie, c’est qu’il nous maintient suspendu(e)s à la possibilité que tout ça ne soit qu’un gros malentendu.
C’est tellement énorme, cette affaire. Produire un patron très similaire à celui d’un livre connu dont toute couturière finira par entendre parler? Vendre des patrons au double du prix de ceux auxquels ils ressemblent tant? Personne ne ferait un truc pareil, si?

Le problème avec le silence de Marie, c’est qu’il entraîne celui de la blogosphère. L’affaire est grave. On ne veut pas commettre d’impair alors on attend que Marie parle la première.

Et le problème avec tout ce silence, c’est qu’il entretient le doute.
On attend et au bout du compte, on ne dit rien puisque Marie n’a pas réagi. Au bout du compte, personne ne dit rien.

C’est pour ça que je me fends de ce post, coupinette. Pour casser cette chape de silence qui menace de s’abattre sur la blogosphère.
Il ne s’agit pas de s’embringuer dans une chasse aux plagiaires. Il s’agit pour moi de ne pas me laisser happer par le pouvoir étrange de ce silence qui baillonne toute une partie de la blogosphère.

Tu me connais coupinette, je couds et je blogue pour le plaisir fou que cela me procure. Je préfère de loin la rigolade aux croisades. Mais là, je suis choquée par ce que j’ai appris et je veux le dire.
Ce post, c’est mon acte de résistance, mon positionnement, mon refus de silence, mon indignation.

Alors je l’écris noir sur blanc, histoire que les choses soient clairement dites, qu’il y en ait une trace quelque part:
Hier soir, Vicomte de Boisjoly m’a convaincue que l’un des patrons d’Aime Comme Marie, Mister, a été copié purement et simplement sur un patron déjà existant.

Je ne veux pas perdre cela de vue et je ne veux SURTOUT pas que ce soit enterré.

EDIT DU 28 Janvier 2015:
Mon blog a été dans les choux toute la journée et entre-temps, il s’est passé plein de trucs. Marie est sortie de son silence. D’abord par un post dont je n’ai pas vu le rapport avec la choucroute. Puis, il y a quelques instants, avec une réponse directe aux accusations dont elle fait l’objet. Voilà, à chacun de se faire son opinion et d’agir en conséquence.

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