Le problème avec le silence de Marie

EDIT du 16 Avril 2015: Suite à une deuxième mise en demeure de Maître OLLIVIER, avocat-conseil de Madame Marie Gauthier, que j’ai reçue hier (décidément, c’est Noël!) et qui m’a elle aussi été transmise par mon hébergeur, je suis, une fois encore, contrainte de modifier mon article, sous peine, encoooore, de voir mon blog purement et simplement supprimé (et tous mes chouettes posts de super couturière-écriveuse avec). Bref…

EDIT du 25 Mars 2015: Suite à une mise en demeure que j’ai reçue ce matin (oh le joli cadeau!) et qui m’a été transmise par mon hébergeur, je suis contrainte de modifier 3 phrases qualifiées de diffamatoires de cet article et de ses commentaires  (malgré tous les éléments concrets qui m’ont menée à être aussi affirmative dans mon article) sous peine de voir mon blog purement et simplement fermé (Youpi!).

Coucou coupine!

Je passe te voir aujourd’hui pour te parler d’une affaire qui agite la couturo-blogosphère en ce moment et qui me fait beaucoup cogiter.

Comme tu le sais peut-être, mon nouveau passe-temps chronophage, après Pinterest, est Instagram. J’aime bien cette façon de communiquer flip flap en photo et j’y passe de plus en plus de temps.
Bref, hier soir, alors que je baguenaudais tranquillement sur Instagram, je suis tombée sur une drôle de photo de Tassadit (qui a un bien chouette compte Instagram, ma foi) qui montrait, à l’écran de son ordi, un post de Saki (tu la connais? Elle dessine et coud super bien mais elle a aussi une sacré plume engagée qui vaut vraiment le détour, coupine) et qui était accompagnée d’une phrase exhortant Marie (d’Aime Comme Marie, la marque de patrons) à répondre.

Répondre à quoi, me dis-je intriguée?

Je cherche un peu sur le net et là, j’apprends, stupéfaite, qu’une blogueuse nommée Vicomte de Boisjoly (son blog  Essais & Erreurs vaut lui aussi vraiment son pesant de cacahuètes, tu sais coupinette?) a superposé un des patrons d’Aime Comme Marie, la chemise Mister, avec un patron issu d’un livre japonais consacré aux chemises pour hommes (chemise n°1 D du livre Les Chemises, Ryuichiro Shimazaki) et a relevé de troublantes similitudes entre les deux.

Quoi? Comment ça? On parle de plagiat, là? Sérieusement?

Des rumeurs sur Aime Comme Marie, il y en a eu par le passé. Mais à l’époque, même si j’ai pu constater des ressemblances plus que troublantes entre un de ses patrons et un patron Burda, il n’y avait aucune preuve de quoi que ce soit et n’ayant pas le patron Burda entre les mains pour faire une comparaison plus poussée, j’avais accordé le bénéfice du doute à Aime Comme Marie. Après tout, tout a déjà été inventé, la mode n’est qu’un éternel recommencement et les uns s’inspirant des autres, il est tout à fait crédible que deux créateurs de patrons produisent des modèles très très ressemblants.

L’énergie et l’engagement de Saki m’ont poussée à approfondir et je suis allée lire l’article en question sur le blog de Vicomte de Boisjoly. Je t’invite à faire de même, coupinette, il est édifiant.
Je peux te dire qu’elle a bossé, la miss Vicomte. Etayant son étude de photos qu’elle livre sur son blog, elle a comparé, avec une méthodologie carrée et scrupuleuse, le patron incriminé à celui dont il se disait qu’il a été plagié. Et ils correspondent. Je te laisse en juger par toi-même, coupinette. T’en penses quoi? Ah, toi aussi tu es troublée?

Enorme! Incroyable! Impossible!

Enfin quoi! Comment une marque ayant pignon sur rue, plébiscitée par beaucoup, faisant partie intégrante du paysage couturesque français pourrait faire ça? C’est pas possible, il doit y avoir une explication, c’est trop gros quoi!
Non non non, il doit y avoir une explication simple et Marie doit la donner quelque part…

C’est ce que j’ai pensé au début, toute tourneboulée par les preuves que j’avais sous les yeux. Je suis donc allée voir du côté de Marie, de son blog, de son Instagram, ce qu’elle répondait au Vicomte. Parce que bon, c’est grave quand même une accusation de plagiat. C’est clairement un truc qu’on ne peut pas laisser passer comme ça. Doit y avoir une réponse, une réaction…

Et j’ai trouvé… Néant, nada, rien, pas une phrase, pas un mot, pas une réaction. Silence total.

Pourtant Marie est au courant, le Vicomte de Boisjoly indique sur son blog qu’elle a pris soin de la prévenir et de lui laisser un délai suffisant pour répondre. Mais elle ne réfute pas, elle ne reconnaît pas, elle n’attaque pas, elle ne retire pas ses patrons incriminés de la vente. Elle ne fait rien du tout.

Et c’est là que j’ai commencé à avoir un problème avec cette histoire et à me sentir en colère.
Parce que, vois-tu coupine, j’ai du mal avec ce silence et cette absence de réaction.

Le problème avec le silence de Marie, c’est qu’on peut mettre plein de choses derrière. Et qu’on ne veut pas se fourvoyer.
Alors on attend qu’elle s’exprime. Comme ça, on aura les deux sons de cloches, on pourra se positionner et dire tout haut ce qu’on en pense.

Tant qu’elle ne s’exprime pas, et même si de nombreux points de ressenblance peuvent être relevés et semblent bien irréfutables, on pourrait faire une erreur en la condamnant. Elle a peut-être une explication?
Dans le monde civilisé qui est le nôtre, quelqu’un accuse, l’accusé répond, l’accusateur enfonce le clou, l’accusé se rebiffe, chacun s’exprime et on avance.

Mais alors qu’est-ce qu’on fait si les débatteurs ne respectent pas cette règle tacite? Qu’est-ce qu’on fait si l’une des parties ne dit rien?
Eh bien on attend. Un jour, une semaine, un mois.
On attend qu’elle dise quelque chose.
On attend encore et encore.
Et puis on se lasse d’attendre, on passe à autre chose et l’affaire est enterrée. Les Mister continuent à être vendus sereinement à 15€. Et y’a pas de souci. On s’accomode de la situation. Suffit de ne pas les acheter si on trouve que c’est abusé et basta. Pas besoin d’en parler.

Le problème avec le silence de Marie, c’est qu’il est diablement efficace.
Alors même qu’il ya cet article qu’on peut lire et relire, on lit encore ça et là des « on reste neutre parce qu’il y a présomption d’innocence » ou des « accordons lui le bénéfice du doute jusqu’à ce qu’elle s’explique ».

Le problème avec le silence de Marie, c’est qu’il inverse la donne.
Attendre des réponses de quelqu’un qui ne dit rien, s’énerver de ce silence et exiger de plus belle et en nombre, ça devient du harcèlement. Marie devient la victime qui n’a rien fait, rien dit. Et faudrait voir à ne pas s’acharner sur elle en lui demandant des comptes.

Le problème avec le silence de Marie, c’est qu’il nous maintient suspendu(e)s à la possibilité que tout ça ne soit qu’un gros malentendu.
C’est tellement énorme, cette affaire. Produire un patron très similaire à celui d’un livre connu dont toute couturière finira par entendre parler? Vendre des patrons au double du prix de ceux auxquels ils ressemblent tant? Personne ne ferait un truc pareil, si?

Le problème avec le silence de Marie, c’est qu’il entraîne celui de la blogosphère. L’affaire est grave. On ne veut pas commettre d’impair alors on attend que Marie parle la première.

Et le problème avec tout ce silence, c’est qu’il entretient le doute.
On attend et au bout du compte, on ne dit rien puisque Marie n’a pas réagi. Au bout du compte, personne ne dit rien.

C’est pour ça que je me fends de ce post, coupinette. Pour casser cette chape de silence qui menace de s’abattre sur la blogosphère.
Il ne s’agit pas de s’embringuer dans une chasse aux plagiaires. Il s’agit pour moi de ne pas me laisser happer par le pouvoir étrange de ce silence qui baillonne toute une partie de la blogosphère.

Tu me connais coupinette, je couds et je blogue pour le plaisir fou que cela me procure. Je préfère de loin la rigolade aux croisades. Mais là, je suis choquée par ce que j’ai appris et je veux le dire.
Ce post, c’est mon acte de résistance, mon positionnement, mon refus de silence, mon indignation.

Alors je l’écris noir sur blanc, histoire que les choses soient clairement dites, qu’il y en ait une trace quelque part:
Hier soir, Vicomte de Boisjoly m’a convaincue que l’un des patrons d’Aime Comme Marie, Mister, a été copié purement et simplement sur un patron déjà existant.

Je ne veux pas perdre cela de vue et je ne veux SURTOUT pas que ce soit enterré.

EDIT DU 28 Janvier 2015:
Mon blog a été dans les choux toute la journée et entre-temps, il s’est passé plein de trucs. Marie est sortie de son silence. D’abord par un post dont je n’ai pas vu le rapport avec la choucroute. Puis, il y a quelques instants, avec une réponse directe aux accusations dont elle fait l’objet. Voilà, à chacun de se faire son opinion et d’agir en conséquence.

Super Bambi dans ton salon

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Chère coupinette,
Tout d’abord, je te souhaite une bonne année 2015 !
Qu’elle soit douce, inventive, plaisante, pleine de quiétude et surtout très riche en jolies réalisations!

Aujourd’hui coupine, je voudrais te parler de quelque chose dont je viens de prendre conscience et que je vais traîner vraisemblablement toute ma vie. Je t’en parle parce que ça risque bien de t’arriver aussi, si ce n’est déjà fait. Et il vaut mieux que tu sois prévenue.

Alors voilà: Au début, tu couds. Ce que tu veux, quand tu veux, pendant aussi longtemps que tu veux. En toute liberté.

Et puis un jour, tu décides d’avoir un bébé. Tu te doutes bien que rien ne sera plus jamais pareil pour toi, mais en vérité, tu es plutôt loin du compte. L’arrivée de ton enfant provoque un raz-de-marée sans précédent dans ta vie.

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Patron Maison, inspiré d’un modèle vu sur Burdastyle

Cotonnades Petit Pan et de mon stock – pression forme étoile (Brin de Cousette)

Tu réorganises ton intérieur et ta vie autour de ta merveille. Tu ne penses plus à coudre et c’est totalement normal puisque tout ce que tu veux, à part dormir, c’est être avec ton bébé.

Petit à petit, tu t’habitues à ta nouvelle vie. Et l’envie revient. Tu penses de nouveau à coudre. Pour ton bébé ou pour toi. Les idées pullulent dans ta tête pendant que tu berces ton enfant chérie.

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Le problème, c’est que tu n’as pas le temps. Ton temps ne t’appartient plus désormais, il appartient à ton bébé. Alors tu arraches laborieusement à ton quotidien des minutes d’autonomie pour coudre quelque chose. Tu mets un mois et demi à venir à bout de quelque chose qui, avant, ne t’aurait pas pris plus d’une après-midi. Tu désespères mais tu ne lâches pas l’affaire.
Et c’est ainsi que petit bout par petit bout, tu t’y remets.

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Puis ton bébé adopte un « vrai » rythme. Enfin. Il fait la sieste, dort la nuit, tient assis et joue tout seul. Tu as de nouveau du temps et tes deux bras libres. Alors tu couds de plus belle.

Un jour, tu t’aperçois que ton enfant chérie comprend ce que tu fais. Elle comprend que tu utilises des morceaux de tissus et que tu les transformes en autre chose. A chaque fois que tu utilises ta machine à coudre, tu vois ton reflet dans son regard ébloui et ma foi, tu es plutôt contente de toi.
Pour elle, tu es dotée de super pouvoirs, tu SAIS fabriquer des choses.

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Naturellement, dès qu’elle commence à parler, elle te demande « c’est pour moi? » à la vue de chaque bout de tissu qui passe entre tes mains. Elle te fait chavirer avec son regard plein d’espoir.
Et puis elle grandit, elle s’affirme, elle donne son avis et elle choisit.

Et c’est comme ça qu’on en arrive à la première fois qu’elle te demande de coudre quelque chose pour elle.
Ah la la, comme tu la trouves chouuuuu! Comme ça te remue, cette demande!
Tu en as les larmes aux yeux. « Mais bien sûûûûr ma chérie! »

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Tu t’exécutes toutes affaires cessantes et en deux temps trois mouvements, tu lui fabriques un tchitatamin* rose. Tu fais même du zèle et tu en fais un miniature pour Doudou.
Ravie par sa danse de joie lorsque tu lui remets ton ouvrage, tu mets un moment à réaliser qu’elle n’y a prêté attention que quelques jours, à son tchitatamin. Et le jour où tu le repêches plein de poussière sous son lit, tu réprimes un léger agacement.

Tu ne vas quand même pas t’énerver, c’est une enfant de 2 ans et demi, voyons! Normal qu’elle ait l’affection fluctuante et qu’elle ait oublié le tchitatamin. Tu n’oublies jamais aucun de tes accessoires au fond d’un tiroir toi, peut-être? Tu as limite honte de ton mouvement d’humeur.

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Sauf que les jupes de poupées, les couvertures pour le lit miniature et toutes les autres choses que tu lui as cousues connaissent le même désintérêt très rapide. Tu es bien obligée de t’avouer, au bout d’un moment, que ça te saoule (disons franchement les choses) de laisser en plan tous tes projets pour ses commandes si c’est pour qu’elle ne s’en soucie plus au bout de quelques jours.

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Comment ça se fait que cette petite ingrate ne vénère pas ce que tu couds pour elle?
Tu es bien obligée de t’avouer que tu es vexée.

Et assez soulagée quand elle se désintéresse de tes super pouvoirs pour s’affairer à autre chose.
La vie reprend son cours. Tu couds ce que tu veux et elle ne te demande rien. Tout va pour le mieux.

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Jusqu’à un samedi où elle joue au super héros avec Charming, pendant que tu t’affaires tranquillement derrière ta machine.
Plus précisément, tu as la paix jusqu’à ce que Charming, rattachant pour la énième fois le torchon qui fait office de cape suggère à ta progéniture « Et si on demandait à Maman de te coudre une vraie cape de super héros? C’est une bonne idée non? »

Là, tu arrêtes de respirer.

Nooooooon!! Oubliez-moi! J’ai des tas de projets sur le feu!

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Sauf qu’elle vient te voir, ta princesse. Elle lève ses grands yeux brillants vers toi. Et elle te ferre. A cet instant là, tu SAIS que tu es perdue. Prisonnière.
Le super pouvoir, c’est elle qui l’a et c’est seulement maintenant que tu le comprends. D’un regard admiratif et timide de Bambi, elle peut te faire coudre ce qu’elle veut.

Tu réalises dans l’instant que tu vas laisser tomber ce que tu faisais, pour coudre sa cape. Dans le beau tissu Petit Pan que tu réservais à autre chose mais qu’elle a choisi.

Et effectivement, tu laisses tout tomber pour coudre sa cape.

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Qu’elle ne met pas.
Punaise de GRRRRrrrrrrrr!!!!!
Non mais elle se fout de toi ou quoi???
Tu lui poses directement la question. Elle hausse les épaules et te répond du tac au tac que tu n’as pas fabriqué le masque qui va avec alors elle ne met pas la cape. Simple.
Et là, elle te refait le coup du super pouvoir: « Tu peux me faire un masque sitoplé Maman? » avec le regard brillant adéquat.

Et tu replonges. Tu lui fabriques un masque.

Tu ne peux t’empêcher de jubiler quand tu la vois mettre son costume de super héros et jouer régulièrement à Super Shampoing, Super Fille ou Super Rouge qui sauve Doudou du danger.
Cette fois, tu es récompensée, elle AIME ce que tu as cousu pour elle!

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C’est au moment même où tu lèves un poing victorieux que tu comprends ta véritable situation.
Parce qu’aujourd’hui c’est une cape de super héros. Mais demain, elle te demandera autre chose. Que tu lui coudras, toutes affaires cessantes.
Pareil dans un mois, un an ou dix ans. A chaque fois qu’elle te demandera quelque chose, tu le fabriqueras pour elle. Même si c’est dans ton plus beau tissu. Même si tu avais plein de trucs hyper urgentissimes à coudre. Même si tu n’as pas le temps.
Tu le feras.

Parce que c’est ta fille chérie aux yeux de Bambi adorable qui te le demandera.

Bref, coupinette, si tu couds et que tu as des enfants, apprends qu’à jamais leur esclave tu seras.

Et encore bonne année, très chère ! :)

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*= un petit sac à main en français de 2 ans et demi

Rareté masculine

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Oh! Un homme!
Mais qu’est-ce que tu fais là, mon ami? Tu t’es perdu?
Comment? Tu dis?
Ooooups!
Salut Charming, ça va? Je suis navrée, je ne t’avais pas reconnu. Faut dire qu’on ne te voit pas souvent par ici…
Quoi? Oui oui, la faute à moi, tu as raison.

Tu as drôlement changé dis donc! Comme tu es grand maintenant!
Ça va, ça va, je rigoleuuu!

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Je ne sais pas comment ça se passe pour toi, coupine mais pour ma part, c’est un fait: je ne couds pratiquement pas pour Charming. Je devrais dire « je ne couds jamais pour Charming », vu qu’à part un sac, je n’ai rien cousu pour lui.
Sais pas comment ça se fait. Avant, c’était parce qu’il n’y avait pas de patrons chouettes et accessibles pour hommes et que j’étais bien trop jeune pour en créer un.
Maintenant, c’est parce qu’il ne veut pas. C’est un père formidable, tu vois coupine, il préfère que je consacre le peu de temps que j’ai aux filles, à la maison et à moi-même. Il se sacrifie quoi. C’est beau, hein?

Comment? C’est plutôt que tu as retenu la leçon? Quelle leçon?
Ta chemise? Mais quelle chemise? Ah… cette chemise-la! Oui, bon effectivement, il y a eu l’affaire de la chemise… Mon premier projet abandonné en couture.

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Mon plan semblait parfait pourtant: étape 1: je prenais une vieille chemise de Charming, étape 2: je la… Quoi, Charming? Mais si elle était vieille, rappelle-toi, le col était tout élimé! Donc, je disais étape 1: je prenais une vieille chemise, étape 2: je la décousais, étape 3: je me servais des morceaux comme gabarits et étape 4: je recréais une chemise à l’identique.

Limpide de chez cristallin, le plan. Infaillible normalement. Sauf que si, il y avait une faille, coupinette.

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Dans mon enthousiasme de couturière qui ne doute de rien (j’étais jeune, coupine, si jeune…), je n’avais pas étudié la chemise. Elle était blindée de coutures rabattues (tu sais, ces doubles coutures ultra-solides comme sur les jeans?) qu’il fallait découdre point après point. J’ai besogné un bon mois dessus puis je me suis rendue à l’évidence: j’allais y passer un siècle. Et mon entrain s’est essoufflé. Et j’ai abandonné. Voilà toute l’histoire.
Où elle est? Ben je sais plus, Charming. Dans un coin de la maison j’imagine…
Oh mais ne fais pas cette tête-là! De toute façon, tu ne peux plus la mettre, elle est à moitié décousue, maintenant.

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J’ai l’air d’une horrible compagne inconséquente qui massacre les fringues de son mec sans même s’excuser là, coupinette, n’est-ce pas?
Eh bien c’est faux, je ne suis pas une scélérate.
La preuve, pour me faire pardonner cette histoire de chemise, je lui ai cousu ce pantalon d’intérieur l’an dernier.

Tu as l’air sceptique, coupinette. Tu ne vois pas ce que c’est, un pantalon d’intérieur? Ben c’est ce qui remplace le vieux jogging informe de tes 20 ans, quand tu n’as plus 20 ans et que tu ne veux pas paraître ridicule/négligé/immature, ni pour autant sacrifier ton confort.

Bref, c’est un Moustachu d’Aime Comme Marie dont j’ai modifié le bas pour qu’il soit plus évasé que le modèle d’origine (sur demande du destinataire). J’ai utilisé du lin gris que j’avais acheté dans un déstockage de tissus dans le 11e arrondissement de Paris, il y a 2 ans.

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Alors au début, j’étais un peu déçue: malgré mon application, il me paraissait trop large (pourtant, j’avais soigneusement mesuré l’homme et comparé avec le tableau des mensurations). Charming m’affirmait que non, il était très bien. Je pensais qu’il disait ça uniquement pour me consoler mais il le porte tout le temps depuis.

Gratifiant, satisfaisant, motivant.

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Maintenant qu’il y a des patrons pour hommes voire des marques de patrons exclusivement masculins, je vais peut-etre coudre plus pour lui…

Qu’est-ce que tu dirais d’un nouveau manteau, Charming? Oui, carrément un manteau! Ça claquerait ça, non?
Ben quoi? Pourquoi tu rigoles? J’ai dit quelque chose de drôle?
Mais oui, je suis sérieuse, pourquoi tu me demandes ça?
Mais arrête de rire enfin! Arrêteeeu!

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