Ma cathédrale à moi…

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Coucou coupinette!
Kof kof kof! Mon Dieu, mais quelle poussière ici!
Il faut bien dire que ça fait un bail que je ne suis pas venue.

Que veux-tu, j’ai été plombée, ces derniers mois. L’affaire Aime Comme Marie et les mises en demeure que j’ai reçues ont été un coup de tonnerre dans le ciel bleu de Tasticottie. Au début, j’ai cru que ça ne me faisait rien. Et puis, j’ai réalisé que ça avait eu un très gros impact sur moi. Plus d’énergie, plus d’émerveillement, plus vraiment d’envie, plus d’enthousiasme, plus rien. Cette histoire a pris toute la place. Je passais des heures à lire les discussions sur T&N ou à répondre aux encouragements et propositions d’aide des unes et des autres. D’ailleurs, je profite de cet aparté pour présenter mes plus plates excuses à celles à qui je n’ai pas encore répondu.
J’ai frôlé l’asphyxie, coupine. J’ai hésité à republier un billet sur cette histoire, au vu des dernières découvertes de Biquette. Et puis j’ai décidé que non. Ca suffit, j’ai eu ma dose, là. Je maintiendrai le post que j’ai écrit sur cette affaire tant que je pourrai mais je ne partirai pas en croisade contre l’entreprise Marie Gauthier. Mon opinion est faite et ne va plus changer, c’est clair et net.

Mais là, j’ai envie de reprendre ma petite vie de blogueuse là où je l’avais laissée. On retourne donc à la couture!

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Aujourd’hui, je suis venue te causer de philosophie.
Je viens te soumettre une phrase: « La valeur d’un ouvrage est proportionnelle au temps qu’on a passé à le concevoir ».

C’est moi ou elle sonne super juste cette phrase? Non mais pense aux cathédrales, par exemple. Tu vois? Elle sonne vraie, cette phrase, non?

Bon, je reconnais qu’elle m’arrange, cette phrase*, vu qu’en Tasticottie elle se révèle totalement vraie.

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Démonstration:
Pour ma Poupette number ouane, j’avais du temps à ne savoir qu’en faire et j’ai donc cousu et tricoté plein de choses. Dont une couverture qui m’avait pris un siècle (à la louche). Tu te souviens? C’était celle-là.

A mon grand plaisir, Poupinette 1ère s’est prise de ce qui semble être une réelle affection pour sa couverture. Elle s’en sert encore aujourd’hui: à la maison en remplacement de sa couette ou pour siester sur le canapé, en voiture ou chez des amis, elle l’emporte souvent avec elle. Ca me fait drôlement chaud au coeur de constater qu’elle lui est précieuse (elle est tout à fait capable d’indifférence totale face à mes cousettes, comme tu le sais). C’est bien la seule chose que je lui aie conçue qu’elle aime VRAIMENT, tu vois? Et c’est bien la chose que je lui ai faite qui m’a pris le plus de temps.

A plus B étant égal à C, cqfd, tout est dit et la démonstration est faite.

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Du coup, dès que j’ai su que j’étais enceinte d’un second enfant, j’ai décidé de lui tricoter une couverture. Un truc qui allait me prendre du temps, beaucoup de temps. Plein de temps qui la rendrait bien précieuse.

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Je voulais faire le même genre de couverture que celle de ma Poupette, garder le principe d’une partie tricotée et d’une partie cousue. Je voulais aussi de la texture dans la partie tricotée. J’ai pensé utiliser le même motif que pour la couverture de la Poupinette mais j’avais envie d’innover. J’avais envie de chevrons en relief, j’ai longuement cherché mais j’ai fait chou blanc.
Et puis un soir, j’ai trouvé un filon sur Pinterest: les motifs de torchons tricotés par des américaines (oui, c’est totalement bizarre, mais elles tricotent des torchons en coton, les américaines). Et quand j’ai vu ces triangles, je me suis laissée séduire. Tu en penses quoi, coupine?

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Pour la couleur, je n’ai pas hésité longtemps: j’avais déjà chez moi plusieurs écheveaux de Cascade Yarns 220 Heathers coloris 2433, achetée au stand des Petits Points Parisiens sur un salon (sais plus lequel, à vrai dire). J’avais l’ambition de me faire un gilet. Sauf que finalement, j’ai trouvé que la couleur ne m’allait pas si bien que ça et j’avais mis mes écheveaux de côté.

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Comme j’étais SURE que j’allais avoir un garçon (hyper-intuition de femme enceinte… oui, bon…ahem…), j’ai vite repensé à mes écheveaux et j’ai trouvé que la couleur était nickel pour un petit gars.
J’étais en quête du liberty parfait pour aller avec quand j’ai appris, stupéfaite, que j’attendais en fait une fille (« Mais vous en êtes sûr à combien de pour cent, docteur? », « Eh bien Madame, à 150%, j’ai envie de dire »).
J’ai donc réorienté mes recherches et me suis mise à traquer le liberty Ellie Ruth rouge.
Liberty Ellie Ruth
Qui est épuisé partout et pas près d’être réédité (m’ont dit Mr Shaukat et Mr Stragier que j’ai quand même appelés à tout hasard, des fois qu’ils auraient un coupon perdu dans un coin de leur bureau).
Frustration, énervement, ruminations pendant plusieurs semaines.
Et puis finalement, j’ai opté pour le liberty Betsy.

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J’ai mis 1000 ans (bon ok, 6 mois) à tricoter la partie laine. Je suis tombée en rade à 15 rangs de la fin (sur un tricot qui en comprend plus de 260, c’est rageant quand même, tu ne trouves pas? En même temps, j’aurais presqu’été déçue de ne pas galérer…). J’ai donc mandaté Charming, qui a gentiment accepté de traverser la ville pour m’acheter un écheveau aux Petits Points Parisiens. Et ô divine surprise: cet écheveau s’est trouvé être du même bain que ceux que j’avais déjà!

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La partie laine terminée et bloquée, il s’est encore écoulé un laps de temps certain avant que j’arrive à faire converger suffisamment d’énergie et d’envie pour préparer la partie liberty (molletonnée), avant de tout assembler.
Bref, j’ai mis un temps fou à concevoir cette couverture mais je n’ai aucun regret, je l’aime beaucoup.
Et j’espère que ma libellule l’adorera autant que sa sœur aime la sienne.

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*Et c’est bien pour ça que je l’ai inventée :D

Le problème avec le silence de Marie

EDIT du 16 Avril 2015: Suite à une deuxième mise en demeure de Maître OLLIVIER, avocat-conseil de Madame Marie Gauthier, que j’ai reçue hier (décidément, c’est Noël!) et qui m’a elle aussi été transmise par mon hébergeur, je suis, une fois encore, contrainte de modifier mon article, sous peine, encoooore, de voir mon blog purement et simplement supprimé (et tous mes chouettes posts de super couturière-écriveuse avec). Bref…

EDIT du 25 Mars 2015: Suite à une mise en demeure que j’ai reçue ce matin (oh le joli cadeau!) et qui m’a été transmise par mon hébergeur, je suis contrainte de modifier 3 phrases qualifiées de diffamatoires de cet article et de ses commentaires  (malgré tous les éléments concrets qui m’ont menée à être aussi affirmative dans mon article) sous peine de voir mon blog purement et simplement fermé (Youpi!).

Coucou coupine!

Je passe te voir aujourd’hui pour te parler d’une affaire qui agite la couturo-blogosphère en ce moment et qui me fait beaucoup cogiter.

Comme tu le sais peut-être, mon nouveau passe-temps chronophage, après Pinterest, est Instagram. J’aime bien cette façon de communiquer flip flap en photo et j’y passe de plus en plus de temps.
Bref, hier soir, alors que je baguenaudais tranquillement sur Instagram, je suis tombée sur une drôle de photo de Tassadit (qui a un bien chouette compte Instagram, ma foi) qui montrait, à l’écran de son ordi, un post de Saki (tu la connais? Elle dessine et coud super bien mais elle a aussi une sacré plume engagée qui vaut vraiment le détour, coupine) et qui était accompagnée d’une phrase exhortant Marie (d’Aime Comme Marie, la marque de patrons) à répondre.

Répondre à quoi, me dis-je intriguée?

Je cherche un peu sur le net et là, j’apprends, stupéfaite, qu’une blogueuse nommée Vicomte de Boisjoly (son blog  Essais & Erreurs vaut lui aussi vraiment son pesant de cacahuètes, tu sais coupinette?) a superposé un des patrons d’Aime Comme Marie, la chemise Mister, avec un patron issu d’un livre japonais consacré aux chemises pour hommes (chemise n°1 D du livre Les Chemises, Ryuichiro Shimazaki) et a relevé de troublantes similitudes entre les deux.

Quoi? Comment ça? On parle de plagiat, là? Sérieusement?

Des rumeurs sur Aime Comme Marie, il y en a eu par le passé. Mais à l’époque, même si j’ai pu constater des ressemblances plus que troublantes entre un de ses patrons et un patron Burda, il n’y avait aucune preuve de quoi que ce soit et n’ayant pas le patron Burda entre les mains pour faire une comparaison plus poussée, j’avais accordé le bénéfice du doute à Aime Comme Marie. Après tout, tout a déjà été inventé, la mode n’est qu’un éternel recommencement et les uns s’inspirant des autres, il est tout à fait crédible que deux créateurs de patrons produisent des modèles très très ressemblants.

L’énergie et l’engagement de Saki m’ont poussée à approfondir et je suis allée lire l’article en question sur le blog de Vicomte de Boisjoly. Je t’invite à faire de même, coupinette, il est édifiant.
Je peux te dire qu’elle a bossé, la miss Vicomte. Etayant son étude de photos qu’elle livre sur son blog, elle a comparé, avec une méthodologie carrée et scrupuleuse, le patron incriminé à celui dont il se disait qu’il a été plagié. Et ils correspondent. Je te laisse en juger par toi-même, coupinette. T’en penses quoi? Ah, toi aussi tu es troublée?

Enorme! Incroyable! Impossible!

Enfin quoi! Comment une marque ayant pignon sur rue, plébiscitée par beaucoup, faisant partie intégrante du paysage couturesque français pourrait faire ça? C’est pas possible, il doit y avoir une explication, c’est trop gros quoi!
Non non non, il doit y avoir une explication simple et Marie doit la donner quelque part…

C’est ce que j’ai pensé au début, toute tourneboulée par les preuves que j’avais sous les yeux. Je suis donc allée voir du côté de Marie, de son blog, de son Instagram, ce qu’elle répondait au Vicomte. Parce que bon, c’est grave quand même une accusation de plagiat. C’est clairement un truc qu’on ne peut pas laisser passer comme ça. Doit y avoir une réponse, une réaction…

Et j’ai trouvé… Néant, nada, rien, pas une phrase, pas un mot, pas une réaction. Silence total.

Pourtant Marie est au courant, le Vicomte de Boisjoly indique sur son blog qu’elle a pris soin de la prévenir et de lui laisser un délai suffisant pour répondre. Mais elle ne réfute pas, elle ne reconnaît pas, elle n’attaque pas, elle ne retire pas ses patrons incriminés de la vente. Elle ne fait rien du tout.

Et c’est là que j’ai commencé à avoir un problème avec cette histoire et à me sentir en colère.
Parce que, vois-tu coupine, j’ai du mal avec ce silence et cette absence de réaction.

Le problème avec le silence de Marie, c’est qu’on peut mettre plein de choses derrière. Et qu’on ne veut pas se fourvoyer.
Alors on attend qu’elle s’exprime. Comme ça, on aura les deux sons de cloches, on pourra se positionner et dire tout haut ce qu’on en pense.

Tant qu’elle ne s’exprime pas, et même si de nombreux points de ressenblance peuvent être relevés et semblent bien irréfutables, on pourrait faire une erreur en la condamnant. Elle a peut-être une explication?
Dans le monde civilisé qui est le nôtre, quelqu’un accuse, l’accusé répond, l’accusateur enfonce le clou, l’accusé se rebiffe, chacun s’exprime et on avance.

Mais alors qu’est-ce qu’on fait si les débatteurs ne respectent pas cette règle tacite? Qu’est-ce qu’on fait si l’une des parties ne dit rien?
Eh bien on attend. Un jour, une semaine, un mois.
On attend qu’elle dise quelque chose.
On attend encore et encore.
Et puis on se lasse d’attendre, on passe à autre chose et l’affaire est enterrée. Les Mister continuent à être vendus sereinement à 15€. Et y’a pas de souci. On s’accomode de la situation. Suffit de ne pas les acheter si on trouve que c’est abusé et basta. Pas besoin d’en parler.

Le problème avec le silence de Marie, c’est qu’il est diablement efficace.
Alors même qu’il ya cet article qu’on peut lire et relire, on lit encore ça et là des « on reste neutre parce qu’il y a présomption d’innocence » ou des « accordons lui le bénéfice du doute jusqu’à ce qu’elle s’explique ».

Le problème avec le silence de Marie, c’est qu’il inverse la donne.
Attendre des réponses de quelqu’un qui ne dit rien, s’énerver de ce silence et exiger de plus belle et en nombre, ça devient du harcèlement. Marie devient la victime qui n’a rien fait, rien dit. Et faudrait voir à ne pas s’acharner sur elle en lui demandant des comptes.

Le problème avec le silence de Marie, c’est qu’il nous maintient suspendu(e)s à la possibilité que tout ça ne soit qu’un gros malentendu.
C’est tellement énorme, cette affaire. Produire un patron très similaire à celui d’un livre connu dont toute couturière finira par entendre parler? Vendre des patrons au double du prix de ceux auxquels ils ressemblent tant? Personne ne ferait un truc pareil, si?

Le problème avec le silence de Marie, c’est qu’il entraîne celui de la blogosphère. L’affaire est grave. On ne veut pas commettre d’impair alors on attend que Marie parle la première.

Et le problème avec tout ce silence, c’est qu’il entretient le doute.
On attend et au bout du compte, on ne dit rien puisque Marie n’a pas réagi. Au bout du compte, personne ne dit rien.

C’est pour ça que je me fends de ce post, coupinette. Pour casser cette chape de silence qui menace de s’abattre sur la blogosphère.
Il ne s’agit pas de s’embringuer dans une chasse aux plagiaires. Il s’agit pour moi de ne pas me laisser happer par le pouvoir étrange de ce silence qui baillonne toute une partie de la blogosphère.

Tu me connais coupinette, je couds et je blogue pour le plaisir fou que cela me procure. Je préfère de loin la rigolade aux croisades. Mais là, je suis choquée par ce que j’ai appris et je veux le dire.
Ce post, c’est mon acte de résistance, mon positionnement, mon refus de silence, mon indignation.

Alors je l’écris noir sur blanc, histoire que les choses soient clairement dites, qu’il y en ait une trace quelque part:
Hier soir, Vicomte de Boisjoly m’a convaincue que l’un des patrons d’Aime Comme Marie, Mister, a été copié purement et simplement sur un patron déjà existant.

Je ne veux pas perdre cela de vue et je ne veux SURTOUT pas que ce soit enterré.

EDIT DU 28 Janvier 2015:
Mon blog a été dans les choux toute la journée et entre-temps, il s’est passé plein de trucs. Marie est sortie de son silence. D’abord par un post dont je n’ai pas vu le rapport avec la choucroute. Puis, il y a quelques instants, avec une réponse directe aux accusations dont elle fait l’objet. Voilà, à chacun de se faire son opinion et d’agir en conséquence.

Super Bambi dans ton salon

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Chère coupinette,
Tout d’abord, je te souhaite une bonne année 2015 !
Qu’elle soit douce, inventive, plaisante, pleine de quiétude et surtout très riche en jolies réalisations!

Aujourd’hui coupine, je voudrais te parler de quelque chose dont je viens de prendre conscience et que je vais traîner vraisemblablement toute ma vie. Je t’en parle parce que ça risque bien de t’arriver aussi, si ce n’est déjà fait. Et il vaut mieux que tu sois prévenue.

Alors voilà: Au début, tu couds. Ce que tu veux, quand tu veux, pendant aussi longtemps que tu veux. En toute liberté.

Et puis un jour, tu décides d’avoir un bébé. Tu te doutes bien que rien ne sera plus jamais pareil pour toi, mais en vérité, tu es plutôt loin du compte. L’arrivée de ton enfant provoque un raz-de-marée sans précédent dans ta vie.

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Patron Maison, inspiré d’un modèle vu sur Burdastyle

Cotonnades Petit Pan et de mon stock – pression forme étoile (Brin de Cousette)

Tu réorganises ton intérieur et ta vie autour de ta merveille. Tu ne penses plus à coudre et c’est totalement normal puisque tout ce que tu veux, à part dormir, c’est être avec ton bébé.

Petit à petit, tu t’habitues à ta nouvelle vie. Et l’envie revient. Tu penses de nouveau à coudre. Pour ton bébé ou pour toi. Les idées pullulent dans ta tête pendant que tu berces ton enfant chérie.

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Le problème, c’est que tu n’as pas le temps. Ton temps ne t’appartient plus désormais, il appartient à ton bébé. Alors tu arraches laborieusement à ton quotidien des minutes d’autonomie pour coudre quelque chose. Tu mets un mois et demi à venir à bout de quelque chose qui, avant, ne t’aurait pas pris plus d’une après-midi. Tu désespères mais tu ne lâches pas l’affaire.
Et c’est ainsi que petit bout par petit bout, tu t’y remets.

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Puis ton bébé adopte un « vrai » rythme. Enfin. Il fait la sieste, dort la nuit, tient assis et joue tout seul. Tu as de nouveau du temps et tes deux bras libres. Alors tu couds de plus belle.

Un jour, tu t’aperçois que ton enfant chérie comprend ce que tu fais. Elle comprend que tu utilises des morceaux de tissus et que tu les transformes en autre chose. A chaque fois que tu utilises ta machine à coudre, tu vois ton reflet dans son regard ébloui et ma foi, tu es plutôt contente de toi.
Pour elle, tu es dotée de super pouvoirs, tu SAIS fabriquer des choses.

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Naturellement, dès qu’elle commence à parler, elle te demande « c’est pour moi? » à la vue de chaque bout de tissu qui passe entre tes mains. Elle te fait chavirer avec son regard plein d’espoir.
Et puis elle grandit, elle s’affirme, elle donne son avis et elle choisit.

Et c’est comme ça qu’on en arrive à la première fois qu’elle te demande de coudre quelque chose pour elle.
Ah la la, comme tu la trouves chouuuuu! Comme ça te remue, cette demande!
Tu en as les larmes aux yeux. « Mais bien sûûûûr ma chérie! »

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Tu t’exécutes toutes affaires cessantes et en deux temps trois mouvements, tu lui fabriques un tchitatamin* rose. Tu fais même du zèle et tu en fais un miniature pour Doudou.
Ravie par sa danse de joie lorsque tu lui remets ton ouvrage, tu mets un moment à réaliser qu’elle n’y a prêté attention que quelques jours, à son tchitatamin. Et le jour où tu le repêches plein de poussière sous son lit, tu réprimes un léger agacement.

Tu ne vas quand même pas t’énerver, c’est une enfant de 2 ans et demi, voyons! Normal qu’elle ait l’affection fluctuante et qu’elle ait oublié le tchitatamin. Tu n’oublies jamais aucun de tes accessoires au fond d’un tiroir toi, peut-être? Tu as limite honte de ton mouvement d’humeur.

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Sauf que les jupes de poupées, les couvertures pour le lit miniature et toutes les autres choses que tu lui as cousues connaissent le même désintérêt très rapide. Tu es bien obligée de t’avouer, au bout d’un moment, que ça te saoule (disons franchement les choses) de laisser en plan tous tes projets pour ses commandes si c’est pour qu’elle ne s’en soucie plus au bout de quelques jours.

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Comment ça se fait que cette petite ingrate ne vénère pas ce que tu couds pour elle?
Tu es bien obligée de t’avouer que tu es vexée.

Et assez soulagée quand elle se désintéresse de tes super pouvoirs pour s’affairer à autre chose.
La vie reprend son cours. Tu couds ce que tu veux et elle ne te demande rien. Tout va pour le mieux.

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Jusqu’à un samedi où elle joue au super héros avec Charming, pendant que tu t’affaires tranquillement derrière ta machine.
Plus précisément, tu as la paix jusqu’à ce que Charming, rattachant pour la énième fois le torchon qui fait office de cape suggère à ta progéniture « Et si on demandait à Maman de te coudre une vraie cape de super héros? C’est une bonne idée non? »

Là, tu arrêtes de respirer.

Nooooooon!! Oubliez-moi! J’ai des tas de projets sur le feu!

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Sauf qu’elle vient te voir, ta princesse. Elle lève ses grands yeux brillants vers toi. Et elle te ferre. A cet instant là, tu SAIS que tu es perdue. Prisonnière.
Le super pouvoir, c’est elle qui l’a et c’est seulement maintenant que tu le comprends. D’un regard admiratif et timide de Bambi, elle peut te faire coudre ce qu’elle veut.

Tu réalises dans l’instant que tu vas laisser tomber ce que tu faisais, pour coudre sa cape. Dans le beau tissu Petit Pan que tu réservais à autre chose mais qu’elle a choisi.

Et effectivement, tu laisses tout tomber pour coudre sa cape.

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Qu’elle ne met pas.
Punaise de GRRRRrrrrrrrr!!!!!
Non mais elle se fout de toi ou quoi???
Tu lui poses directement la question. Elle hausse les épaules et te répond du tac au tac que tu n’as pas fabriqué le masque qui va avec alors elle ne met pas la cape. Simple.
Et là, elle te refait le coup du super pouvoir: « Tu peux me faire un masque sitoplé Maman? » avec le regard brillant adéquat.

Et tu replonges. Tu lui fabriques un masque.

Tu ne peux t’empêcher de jubiler quand tu la vois mettre son costume de super héros et jouer régulièrement à Super Shampoing, Super Fille ou Super Rouge qui sauve Doudou du danger.
Cette fois, tu es récompensée, elle AIME ce que tu as cousu pour elle!

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C’est au moment même où tu lèves un poing victorieux que tu comprends ta véritable situation.
Parce qu’aujourd’hui c’est une cape de super héros. Mais demain, elle te demandera autre chose. Que tu lui coudras, toutes affaires cessantes.
Pareil dans un mois, un an ou dix ans. A chaque fois qu’elle te demandera quelque chose, tu le fabriqueras pour elle. Même si c’est dans ton plus beau tissu. Même si tu avais plein de trucs hyper urgentissimes à coudre. Même si tu n’as pas le temps.
Tu le feras.

Parce que c’est ta fille chérie aux yeux de Bambi adorable qui te le demandera.

Bref, coupinette, si tu couds et que tu as des enfants, apprends qu’à jamais leur esclave tu seras.

Et encore bonne année, très chère ! :)

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*= un petit sac à main en français de 2 ans et demi

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