Jacob est lent.

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Pantalon Jacob – version poches plaquées, taille élastiquée et pas de braguette – taille 104

A la base, coupine, je voulais t’écrire une historiette. L’histoire d’un moment, celui où une femme accepte (enfin) que son fils n’est pas aussi rapide qu’elle l’aurait voulu et que l’essentiel, au fond, n’est pas là. Le titre de cette histoire et son contenu me sont venus tout seuls comme des grands, pendant que je cousais un pantalon, justement nommé Jacob, pour ma Doudouce.
Et comme dernièrement, je trouve qu’il n’y a pas grand chose qui me vient, niveau imagination, c’était un véritable événement, tu penses!
Sauf que je n’ai réellement pas le temps de l’écrire, en ce moment, mon historiette. Ou alors c’est au niveau du courage que ça se joue (bien possible, ça). En tout cas, j’ai fini par renoncer.

Et donc aujourd’hui, je vais te parler de lenteur, sans te raconter d’histoire. Je vais même, plus spécifiquement, te parler de ma lenteur en couture.
Depuis le début, en couture comme en tricot, je me trouve lente. Entre l’émergence d’une idée et la fin de sa réalisation, il s’écoule systématiquement une plombe ou deux, durant lesquelles je me sens frustrée (rapport au fait que d’autres projets se bousculent dans ma tête) mais que je suis totalement incapable de réduire. Et c’est très intriguant, tu vois, parce que par ailleurs, dans d’autres secteurs de ma vie, je suis plutôt rapide, limite trop même, parfois…

Il m’a fallu un moment pour réaliser qu’au fond, ce n’est pas que je suis lente dans mes gestes. C’est plutôt que j’ai un curieux et horripilant processus en couture: A chaque fois (ou presque) que je couds quelque chose, je commence le truc, pleine d’élan, je perds cet élan assez rapidement et je laisse le truc moisir dormir sur ma table une bonne semaine (plus souvent deux) avant d’en être agacée et de le terminer en deux soirées. C’est totalement fou, cette histoire, c’est la même musique à chaque fois que je couds (et même quand je tricote, quand je pense à mon projet-boulet-que-je-ne-finirai-que-dans-un-siècle).
Je ne comprends pas à quoi rime la plage de temps mort au milieu de chacune de mes aventures de couture.

Et donc, ce fichu cycle, je l’ai connu également avec mon pantalon Jacob.
Que j’ai mis une plombe à finir alors qu’il était très simple à faire.
D’où le titre.

Je te resitue le truc: L’hiver n’est pas fini, il caille sérieusement le matin et je ne peux pas habiller la Poupinette autrement qu’en pantalon. Sauf qu’elle n’en a pas beaucoup qui lui vont encore, des pantalons. Et donc, en mère formidable que tu sais que je suis, je me réveille un matin en ayant la ferme intention de coudre plusieurs pantalons à ma fille chérie.

Bon, maintenant que j’y repense, le « plusieurs » était déjà un poil ambitieux, m’enfin ce n’est pas notre propos aujourd’hui.

Jacob, c’est un patron de Zonen 09 qu’une cliente de la boutique m’avait fait découvrir il y a deux ans de cela. Le patron et surtout les explications étant en néerlandais, elle avait eu la gentillesse de m’envoyer la traduction qu’elle avait faite en français. Depuis, sur Pinterest, j’avais trouvé la formidable et précieuse traduction d’Anne du blog « Ca perd les popettes ». Autant dire que j’avais tout ce qu’il fallait pour coudre ce joli pantalon au style rétro.


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Le soir même, flip flap, j’imprime les quarante douze pages de la planche, je les scotche et (bon je te l’avoue, je ne suis pas fière mais je ne veux pas te mentir) je coupe direct la planche (oui, oui, je sais, ça s’fait trop pas, comme dirait ma cousine, ça a même un petit côté sacrilège m’enfin je peux le réimprimer à foison alors je me suis laissée aller…). Le lendemain, je coupe mon tissu, je surfile toutes mes pièces (chose rare en Tasticottie, je surfile après avoir cousu, d’habitude), je bâtis les pinces (première fois que je couds un pantalon enfant avec des pinces, d’ailleurs) et j’épingle tout ce que je peux.

Et là, la panne.
Le lambinage, le « Pfff, je n’ai pas envie de sortir ma machine ce soir, j’ai la flemme ».

Pendant au moins 15 jours. Essoufflement, point mort, immobilisme du Jacob.
Au bout de la quinzaine, que j’ai passée à me heurter à l’évidente pénurie de pantalons dans l’armoire de ma douce enfant, je me réveille et je décide qu’il lui faut IM-PE-RA-TI-VE-MENT ce pantalon tout de suite là, maintenant! Et je m’y remets. Et j’ai hyper hâte de finir, du coup limite je bâcle (d’où l’ourlet moche qui aurait gagné à être invisible).

Donc, je termine à l’arraché un soir et je le lui mets dès le lendemain.
Et là, évidemment: redoux dans les températures. Du coup, le tissu que j’ai choisi est finalement un peu trop épais (c’est un genre de velours ras hivernal, que j’ai acheté dans une vente de fins de rouleaux organisée par un atelier de créateurs du 11e arrondissement, il y a 2 ans) qui a le don de ramasser tous les poils du chat blanc de la maison (ça se voit sur les photos de dos).

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Stoïque (je préfère qu’elle transpire plutôt qu’elle grelotte), je ne m’attache qu’au fait qu’il lui va divinement bien.
Je raffole des pattes d’eph’ sur ses brindilles gambettes, je trouve les nervures top classes et j’adore la voir glisser ses petites mains dans les poches. Je la trouve enfin stylée pour aller à l’école, ma Poupinette (j’ai honte de l’avouer, mais parfois je l’habille vraiment n’importe comment et à l’école, elle détonne à côté de certains enfants toujours super bien habillés, avec chaussures assorties au manteau demi-saison et barrettes de l’exacte couleur des collants).


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Cerise sur le cupcake: on ne voit JA-MAIS la raie de ses fesses. Ne pouffe pas, coupine. Il se trouve qu’en Tasticottie, les pantalons « glissent » tous un peu sur la Poupette, malgré les élastiques réglables. Et on finit toujours par apercevoir le sillon inter-fessier de ma fille chérie. Ce qui n’est pas classe du tout, tu en conviendras.
Et bien pas celui-ci! J’en veux pour preuve la séance de galipettes suivante:

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Ce pantalon a mis bien trop longtemps à voir le jour. Et c’est là le seul point noir que je vois dans toute cette affaire. Espérons que j’arriverai à être plus régulière et à éviter le cycle maudit lorsque je coudrai le prochain (version printano-estivale en tissu plus léger, peut-être sans nervures et à l’ampleur du bas des jambes réduite, je pense)…

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Et toi alors coupinette, dis-moi, tu couds comment? As-tu un cycle plus régulier que le mien? Vois-t’on parfois la raie des fesses de tes enfants quand ils font la galipette? Leurs chaussures sont-elles assorties à leur manteau de printemps?

 

 

 

 

Changer un peu…

Quand j’étais adolescente, coupine, je réagençais régulièrement les meubles de ma chambre.
Ça me prenait d’un coup, tous les 6 mois à peu près. Soudain inspirée, je poussais mon lit contre le mur d’en face, je plaçais mon bureau sous la fenêtre et je trouvais une nouvelle place pour mon armoire. Ensuite, j’enlevais toutes les affiches des murs, je les triais puis je les recollais à d’autres endroits.
Et j’étais comme « enjoyeusée ». Ma « nouvelle » chambre me paraissait super! Elle me donnait littéralement des ailes. Et cet enthousiasme me portait pendant des semaines, me donnant envie de tenter de nouvelles expériences, de changer mes itinéraires, de lire des auteurs différents de mes chouchous, de faire des choses insolites (genre inventer une nouvelle recette) ou de regarder les fleurs…

Au début de l’an dernier, entre autres catastrophes, nouvelles sombres et profondes douleurs (Mon Dieu que je suis contente que 2013, cette année abominable, soit terminée, coupinette, si tu savais!), nous avons eu un dégât des eaux qui n’a trouvé son épilogue qu’au mois de Mars 2014, avec la réfection miraculeuse de tout le parquet de l’appart. Et ce nouveau parquet, qu’on a choisi avec soin, Charming et moi, m’a fait le même effet que mes réagencements de chambre d’adolescente. Enthousiasme et envie. Envie de changement, de beau, de sérénité, envie de faire les choses bien, lentement, avec plaisir et en respectant mon rythme.

J’ai commencé par ranger mes affaires de couture et de tricot, le week-end dernier. J’ai rangé mes rubans, mes fils, mes canettes, mes cônes de surjeteuse. J’ai trié mes livres, j’ai ordonné mes patrons par type (vêtements adultes, vêtements enfants, accessoires, etc…), je les ai mis dans des pochettes plastifiées puis dans des classeurs différents. J’ai réagencé les meubles et les tiroirs contenant tous mes trésors. Et cette semaine, j’ai repassé mes tissus en revue, histoire de m’inspirer et de respirer.

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Une (toute petite) partie de mes boutons

Le changement de mon blog résulte du même élan.
J’ai envie de plus de féminité, de couleurs douces, de charme. J’ai aussi envie de raconter autrement, de sortir du carcan de mes rubriques qui imposent une rigidité qui ne me plaît plus à mes écrits. « Le franchement plaisant », « l’impulsion » et tous les autres paragraphes font que je finis par ne plus faire que des « fiches de couture ». Et ça ne plaît pas ou plus, ce côté structuré. J’ai l’impression que mon blog perd son âme pour ne devenir qu’une collection de « voilà ce que j’ai cousu dernièrement ». Ça manque de chaleur, je trouve.

Je crois qu’au fond, c’est l’écriture, dans sa dimension libre, qui me manque. Au tout début de mon blog, j’écrivais des histoires, pour accompagner mes coutures. Elles me venaient tout doucement, quand je pensais à la période pendant laquelle j’avais cousu tel objet ou tel vêtement. Et ça me faisait beaucoup de bien de les écrire, ces historiettes. Ça me faisait du bien parce que j’aime profondément écrire et aussi parce que j’écrivais ce qui était là, en fonction de moi, de comment je me sentais et de ce qui me venait. En fonction de la vie, quoi. C’est ce qui manque à mon blog, à mon avis, coupine: les chroniques de la vie autour de ma pratique de la couture.

Mon emploi du temps ne me permet malheureusement pas de recommencer à écrire des histoires pour accompagner mes coutures, du moins, pas pour le moment (j’aime ça, mais ça prend un temps fou). Mais j’ai besoin d’écrire, d’écrire vraiment. Et donc, j’ai décidé de lâcher ici la structure pour la liberté, d’écrire ce qui me vient, d’écrire mieux et surtout d’écrire aussi la couturière que je suis, ce qu’elle vit, ce qui l’influence et ce qui fait qu’elle est ce qu’elle est.
Alors voilà, coupinette, attends-toi à du changement par ici.

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Teinture party au programme cet après-midi en Tasticottie (tu sais comme j’en raffole!), mon petit carnet d’idées à retenir et mon mètre-doudou-fétiche-que-j’ai-depuis-que-couds

En attendant, je te souhaite une jolie semaine avec plein de moments doux dedans.

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Les prochains tissus que je vais coudre (un peu de teasing, ça ne fait pas de mal, moi j’dis).

PS: Oh, j’oubliais! Hier, j’ai eu 38 ans et ça ne m’a finalement pas plombé le moral. Franchement, c’est bon signe ça, non?

Comme tout le monde

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L’impulsion:
Il y a quelques temps, au gré d’une vadrouille pinterestique, je suis tombée sur une photo du tee-shirt Plantain de Deer&Doe.
Et j’ai été tout de suite emballée, coupinette. Comme une bonne partie des couturières ne vivant pas recluses (comprendre sans Internet).
Ni une ni deux, j’imprime les pages, je m’emballe à la vue des premiers tee-shirts qui fleurissent sur la toile, je me réjouis du défi proposé par Deer&Doe, je scotche, je découpe… et puis je ralentis, je traînouille, je baguenaude, j’hésite sur le jersey à utiliser, je couds d’autres choses. Comme d’hab, quoi.
Pendant ce temps, raz-de-marée de Plantain sur la blogosphère. Mais alors, coupine, totale épidémie de tee-shirts!
Parfois, voir le même patron, ou le même vêtement partout coupe l’envie de le réaliser ou de l’acheter. Et puis parfois, c’est l’inverse, on a encore plus hâte.
Avec Plantain, j’ai eu encore plus hâte de le coudre et je me suis remise à l’ouvrage. Et maintenant, moi aussi, j’ai un tee-shirt Plantain. Comme tout le monde. Et j’en suis bien contente.

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Recette:
L’incontournable tee-shirt Plantain de Deer&Doe (qui, cerise sur le cupcake, est gratuit), version manches 3/4 en 36.

Ingrédients:
- Jersey de coton flammé gris acheté il y a des lustres au marché de Sarcelles
- Jersey de coton flammé bleu nuit acheté au même endroit, à la même époque

Ce que je ne savais pas faire avant:
C’est fou, mais il me semble bien qu’en 6 ans de couture, je ne m’étais jamais cousu de tee-shirt.

Grains de sel:
J’ai rallongé quelques peu les manches (j’ai le bras plutôt long).

Le franchement plaisant:
- Cousu en 2 petites soirées, ce tee-shirt a le meilleur rapport temps passé / satisfaction finale que je connaisse.
- Depuis que je l’ai cousu, je gazouille de joie. J’aime tout dans ce tee-shirt: l’évasé du bas, les coudes, la forme du décolleté. Franchement coupine, si je n’avais pas trente douze autres projets sur le feu, je coudrais des tee-shirts par paquets de douze.
- J’ai eu une bonne surprise avec mon jersey. Pour tout te dire, coupinette, ce tee-shirt devait n’être qu’une toile, histoire de voir ce que le patron donnait. Et ce jersey tout fluide, limite transparent, je ne le sentais qu’à moitié. J’ai eu tort, il est hyper confortable!

Le franchement barbant:
- Bon, j’ai eu la flemme de sortir Pélagie-la-surjeteuse sur ce coup-là. En même temps, c’était totalement inenvisageable en soirée. Son ronronnement de marteau-piqueur aurait réveillé ma Poupinette.
- A la base, je voulais faire l’inverse: le tee-shirt aurait dû être en jersey bleu et les coudes en jersey gris. Sauf que le jersey bleu est vraiment vraiment trop transparent (et moi, les tee-shirts transparents ne me parlent pas trop…). Petite déception, donc, mais vite gommée par le résultat.
- Or donc mon jersey était tout fluide, doux euphémisme pour ne pas dire « mou et qui bouge tout le temps ». Et je me suis arraché les cheveux (tu sais comme je n’en ai pourtant pas beaucoup sur le caillou, coupine) au moment de reproduire le patron sur le tissu et de couper ce fourbe qui se tortillait tout le temps.

Do it again:
Alors là, the sky is the only limit, comme dirait l’autre. Autre jersey, version tunique, version robe, avec une encolure différente… Le Plantain est un basique déclinable de tant de façons différentes que tu n’as pas fini d’en entendre parler, mon amie, tu peux me croire.

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