Sur-mesure

Coucou Coupine!
Mercredi, je te parlais d’un mariage Atlantique l’an dernier et je t’ai promis de te montrer, à l’occasion, la robe que je me suis cousue pour cet événement.
Sauf que je me connais: déjà, plus je vieillis, plus j’ai la promesse légère. En plus, mes pauvres neurones de poisson rouge femme très enceinte pourraient bien me lâcher. Bref, j’ai peur d’oublier de te montrer ma robe.
Comme j’ai retrouvé des photos prises à l’époque, je m’empresse de te présenter aujourd’hui mon chef d’oeuvre 2013 (n’ayons pas peur des mots)!

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Cette robe, je l’ai entièrement conçue moi-même, de A à Z et sur-mesure.
Ah si si, c’est vrai, je t’assure! J’en suis tellement fière que si je ne me retenais pas (et si je n’étais pas enceinte, accessoirement), je ferai la roue.
La top classe à Dallas, tu en conviendras, j’espère?

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Quand je fais le bilan, coupine, je suis bien obligée de constater que je ne porte pas beaucoup des vêtements que je me confectionne. La faute aux petits détails agaçants, une encolure qui gondole un peu, une taille un poil trop étroite, deux centimètres manquants au bas d’une jupe, des pinces pas très bien placées ou trop longues, ce genre de choses. Pendant la couture et même après avoir fini, ça ne me parait jamais vraiment grave, limite je ne remarque pas ces petits ratés. Mais à l’usage, les 2 ou trois fois où je porte le vêtement, ils me crèvent les yeux et m’ôtent l’envie de m’habiller à nouveau comme ça.
Au fond, c’est une histoire de confort, tout ça. Je ne sais pas toi, coupinette, mais j’aime me sentir bien dans mes vêtements et j’accorde une attention toute particulière au confort.
Du coup, je lutte avec les patrons du commerce que je retouche encore et encore, pour qu’ils épousent ma morphologie le mieux possible. Et ça, ça me prend des plombes.

Il y a quelques années, j’ai pris des cours de modélisme. J’ai appris à construire, à mes mesures, des patrons de base de jupe, de corsage et de pantalon. Ces cours m’ont drôlement emballée, coupinette. Enfin, enfin, enfin, j’allais pouvoir me faire des vêtements qui m’aillent parfaitement et du premier coup en plus! Sans bidouille, sans lutte, sans sueur et sans larmes (bon ok, j’exagère un poil là). La scientifique en moi en fut comblée! De la précision, de la logique, de la rigueur et au bout un vêtement nickel.
N’eût été la création de l’Enterpraïze, j’aurais volontiers continuer à prendre ces cours.

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Désolée pour la photo floue, c’est la seule que j’ai du dos de ma robe…

Sauf que quand même, ça prend beaucoup de temps d’élaborer un patron. Trop de temps même, pour créer systématiquement tous mes patrons. D’autant que c’est quand même un métier, ça ne s’improvise pas comme ça. Bref, j’ai sagement repris mes patrons du commerce, que je modifie quand même mieux depuis le cours.
Et puis de temps en temps, j’ai des envies de perfection. Et je sors mes notes et mes patrons.

C’est ce qui s’est passé pour cette robe. C’était la première fois que j’avais l’occasion de me coudre une robe de fête et je ne voulais pas me manquer. D’autant qu’à l’époque, en bleu « classe », je n’avais en stock que ce bazin que ma mère m’avait rapporté de Dakar et que je ne voulais pas gâcher.

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Donc je ressors mon patron de base de corsage et je pars de là. Je voulais me coudre une robe rétro, aussi j’attrape le livre « Gertie’s New Book for Better Sewing » (cadeau de ma soeurette chérie) sur mon étagère et je m’en inspire pour créer ma robe.

J’ai été sérieuse, tu sais? J’ai fait deux toiles! Enfin, en vérité, je n’ai fait que des demi-toiles, du haut de la robe. Et je m’en mords les doigts parce que je pense que le bémol à mon enthousiasme concernant cette robe vient de là. Je trouve que la ligne de jonction entre le haut et le bas de ma robe est trop basse, au final. Sauf que je n’ai pas eu le courage temps de reprendre ce point là avant de mettre la robe.

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C’était la première fois que je cousais du bazin et ce coton est, une fois l’apprêt enlevé, d’une finesse et d’une douceur exquises. J’ai vraiment aimé travailler cette matière avec ses motifs subtils.
J’ai truffé ma robe de passepoil qui brille (bien entendu), galéré comme pas permis sur la couture de la pointe (je l’ai maudite mille fois celle-là, tu peux me croire) et tremblé à la pose de la fermeture invisible.

Après mûre réflexion, j’ai cousu un petit jupon assorti pour donner du « bouffant » à ma robe et estomper un peu l’effet malheureux de la ligne de démarcation trop basse.

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Au final, je n’ai pas pu assister au mariage Atlantique.
Mais fort heureusement, j’ai pu mettre ma robe à un autre mariage, en Juillet. Et je peux te dire que j’en conserve un merveilleux souvenir, de ce mariage. Il faisait beau à Aix-en-Provence, j’ai retrouvé des amis, il y avait de la gaité dans l’air et j’ai dansé jusqu’au bout de la nuit, dans ma robe bleue sur-mesure. Jusqu’au bout de la nuit!

Seconde chance

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Robe Roma Kid de C’est Dimanche – Taille 3 ans

Le mercredi, c’est raviolis!
Je vais être honnête, coupine: aujourd’hui, je vais te servir du réchauffé.
Je te présente une robe qui a plus d’un an aujourd’hui.
Alors bon, on peut se poser des questions, là, c’est tout à fait légitime. Tu ne dis rien, là, mais je le vois bien dans tes yeux! Je vois bien que tu es inquiète, coupine!
Tu t’interroges: après autant de temps, est-ce vraiment sérieux de montrer une cousette sur un blog?
Parce que bon, autant tu aimes l’odeur de la cousette tout juste sortie du four de sous le pied de biche, autant l’odeur de naphtaline ne t’enchante que moyennement. Alors tu te demandes si je n’ai tellement rien à te montrer que j’exhume mes vieux projets, histoire de maintenir ce blog en vie.

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Tissu Riley Blake (Brin de Cousette) – passepoil bleu (Tissus Reine) – Boutons (mon stock)

Un blog, normalement, c’est comme un journal, te dis-tu. Il y a quand même une certaine proximité temporelle à respecter entre la réalisation de quelque chose et sa diffusion, non? Question de déontologie bloguesque, quoi…

N’aie crainte, mon amie, tu ne seras pas asphyxiée par l’anti-mites. Il n’est pas question de pénurie, mais de seconde chance.
Cette robe, il fallait absolument que je te la montre parce que c’est une miraculée.

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Rassurée? Très bien, alors je t’explique.

L’an dernier, la Tasticottie a été invitée à un mariage dont le thème était « Atlantique ». Ce que j’ai traduit par « Bleu ».

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En mère formidable que je suis, j’ai tout naturellement décidé de coudre nos robes, à ma Poupette et à moi. En commençant par celle de ma Poupinette bien entendu (une mère formidable fait TOUJOURS passer ses enfants en premier). A l’occasion (et surtout après ma grossesse), je tâcherai de te montrer la robe que j’ai cousue pour moi.

Je vais te dire, coupine: la robe de ma Tchupette a sonné le glas de ma toute puissance stylistique maternelle, mais j’étais à mille lieues de m’en douter à l’époque. Naïvement confiante, j’ai tout choisi toute seule, sans demander l’avis de la destinataire, comme d’habitude.

J’ai choisi un tissu qui me plaisait bien et dont j’estimais qu’il allait bien au teint de la Tchupette. J’ai également choisi un patron qui me faisait de l’oeil depuis sa sortie, la robe Roma de C’est Dimanche, dont je trouvais l’empiècement éblouissant.

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Je me suis lancée, j’ai extrapolé une taille 3 ans pour ma Poupinette de 2 ans et demi à l’époque et, pleine d’enthousiasme, j’ai attaqué la confection de ma Roma atlantique.
Je pense que mon goût pour le passepoil s’est transformé en passion absolue avec ce modèle, tu sais, coupine. Il souligne si bien les découpes du haut! J’en gazouillais de contentement. Techniquement, j’ai été bluffée par le montage de la partie haute. Mais alors blu-ffée. Trop bien conçu ce patron. De coup, j’étais bien contente d’avoir aussi acheté la version ado/adulte pour moi.

Même si l’assemblage de la doublure du corsage (dont une bonne partie se fait à la main) m’a paru long comme un jour sans pain, j’ai aimé coudre cette robe. Et c’est sur mon petit nuage rose que je montre la merveille à la Tchupinette.

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Qui m’a fait dégringoler de ma béatitude en m’opposant un refus farouche et catégorique de mettre sa robe, avant de s’enfuir dans sa chambre.
Camouflet.
Stupéfaite, j’ai commencé par négocier. je suis vite passé à des promesses de récompense, des menaces de représailles (haricots verts SANS ketchup à tous les repas jusqu’à ce qu’elle cède), avant d’en arriver au chantage affectif. Sans résultat. C’était non, un point c’était tout.

Alors là, je ne comprenais pas. Mais alors pas du tout. C’est alors que j’ai réalisé qu’elle était totalement sérieuse dans ses protestations. Elle n’aimait pas le tissu, elle n’aimait pas la ceinture et elle n’aimait pas le volant au bas de la robe (rajouté tout à la fin parce que j’avais l’impression que la robe allait être trop courte et j’ai finalement un petit regret, ça fait très Laura Ingalls, quand même).
Ah.

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Du coup, elle n’a accepté de mettre cette robe qu’une seule fois, au mariage. Et encore, il a fallu discuter longuement, accepter de se passer de la ceinture et promettre qu’on ne l’obligerait plus à la remettre après (carrément!).

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J’avais espéré que ce ne serait qu’un caprice qui passerait avec le temps, j’ai eu bien tort. Impossible de l’approcher avec cette robe, elle partait en courant et en hurlant que « Naaaaaaaaaaaaaaaaaaan, ze veux pas la mettre, ze veux pas la mettre!!! ».
Je l’avoue, j’étais vexée. D’autant que sa cousine, pour qui j’avais réalisé le même modèle, mais dans un tissu fleuri, avait adoré et porté sa robe tout l’été…

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086 - Mariage Yann et Mady - Lisa et Karine-002

Bref, je finis par laisser tomber et je remise la robette tout au fond de l’armoire de ma petite ingrate fille chérie.

J’avais bien appris ma leçon aussi: j’ai commencé, après cela, à lui demander son avis sur mes choix quand mes projets couture la concernaient.
Les semaines puis les mois sont passés sans autre drame du genre.
Au début de cet été, j’ai ressorti la robette, à tout hasard. Bon, peut-être pas tout à fait à tout hasard, m’enfin les gens changent…

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Et là, bingo, miracle, elle veut bien la mettre. Elle claironne même qu’elle l’adore (va comprendre…). Sauf la ceinture, quand même. Elle l’a mise tout au long de l’été et, consécration ultime, l’a choisie pour la rentrée (incroyable, non?).
Heureusement que même en 3 ans, elle était un peu grande, cette robe. Ca lui aura permis de connaître la gloire après une longue traversée du désert des mal-aimés.

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Roma et moi, ce n’est pas fini. Déjà, j’ai pour projet de me coudre la version adulte l’an prochain. J’ai aussi bien envie de coudre un duo de Roma rouge pour ma Poupinette et une petite Alice dont la mère aime beaucoup le modèle.
J’espère que ça ne prendra pas un an pour que la Tchupette mette la nouvelle version… Tiens, je vais lui demander ce qu’elle en pense avant de me lancer.

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La jupe flip flap

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Lazy Day Skirt d’Oliver + S – Coton bulle bleue Petit Pan – Croquet large rouge (Brin de Cousette)

Il n’y a pas si longtemps, coupine, je te parlais du plaisir de prendre son temps, de la joie de fignoler les choses, des fleurs sur le bord du sentier préférées au bitume de l’autoroute… Tu te souviens?
Bon, je ne renie rien de tout cela mais aujourd’hui, on va parler de couture en flip flap.

D’habitude, les couturières rapides ont soit le compas dans l’œil et la main sure, soit un goût prononcé pour le free style, s’affranchissant ainsi des étapes les plus fastidieuses de la couture.

J’ai rencontré à une soirée une jeune maman de 3 enfants qui ne s’embarrasse pas de patron, coupe directement les robes de ses filles dans le tissu et ajuste sur elles, une fois le gros de la couture terminé.

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Pour ma part, je n’ai malheureusement pas le compas dans l’œil et clairement, j’ai la rigueur chevillée au corps. Impossible pour moi de faire quoi que ce soit sans, à minima, mesurer, vérifier que les angles sont bien droits et tracer sur mon tissu. J’ai vraiment du mal avec l’à peu près. Mais alors vraiment vraiment.

Ceci dit, parfois, tout de même, j’ai envie de couture rapide.

Un lundi, en fin d’après-midi, j’étais à la maison, ma Poupinette jouait dans le jardin avec ma soeurette chérie et un doux soleil nous réchauffait de sa lumière orangée.

Sur une impulsion, j’ai décidé de coudre une jupe à ma Doudouce qui n’en avait que deux dans son armoire (une honte, je sais bien). Ce qui lui manquait, c’était une jupe dans les tons bleus.

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Tirant de sous mon lit mes bacs de coupons, j’ai sorti toutes les cotonnades bleues en ma possession, je les ai étalées sur le lit et j’ai appelé ma Tchupette pour qu’elle en choisisse une (le temps où je me passais de son avis est totalement révolu). Il ne lui a fallu qu’une demi-seconde pour choisir ce petit bout de tissu Petit Pan.

Pour le coup, je ne voulais pas que ça traîne, je voulais du vite fait, bien fait. Et j’ai jeté mon dévolu sur le patron de la Lazy Days Skirt d’Oliver + S, qui a le bon goût d’être simplissime et gratuit par-dessus le marché. Un rectangle plié en deux, une coulisse élastiquée et hop! Une jupette. Ca allait être vite plié, cette histoire.

Seulement, pressée ou pas, je ne pouvais PAS ne pas rajouter un petit détail, ruban, biais ou autre. J’ai donc sorti mes boîtes à biais et à rubans après le dîner et j’ai demandé leur avis aux habitants de Tasticottie. La Tchupette n’a eu aucune hésitation, une fois encore: « Oh! Ze veux les grosses vagues rouze-là, Maman! »

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Chic, chic, chic! Enfin une occasion d’utiliser mon croquet large.
Avant tout, j’ai décidé de poser le croquet sur le rectangle qui constituerait la jupe, espérant pouvoir faire un joli raccord lors de la couture du dos.

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Peut mieux faire, m’enfin bon, c’est pas trop mal déjà, non?

Ca m’a pris des plombes de coudre le croquet, coupinette. Je ne pouvais décemment pas me contenter d’une couture droite centrée, j’ai donc suivi chaque bord sinueux du croquet. Et mes résolutions de prendre le temps, d’être minutieuse et toussa toussa, ont été fortement mises à mal, vu comme ça m’a saoûlée, quand même.

Heureusement, la suite des opérations fut bien plus simple et rapide. Et en deux temps trois mouvements, la jupe était terminée.
Étrennée le lundi suivant au parc, elle a immédiatement été adoptée. Il faut dire qu’elle est jolie (elle a bon goût, ma Poussinnette, n’est-ce pas? Je crois, en toute modestie, qu’elle a hérité ça de moi).

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Ca a été, sans conteste, LA jupe de l’été! Portée encore et encore. Franchement, je ne vais pas en rester là, je pense même à une version mi-saison dans un tissu plus lourd.
Comme quoi, parfois on peut faire vite et bien…

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