Biches bizarres

IMG_2489Tissu Oh Deer bleu clair de Soft Cactus (Brin de Cousette)
popeline bleu foncé (mon stock)

Hello Coupine!
Comment ça va toi?

Un mois a passé depuis mon dernier article, dis donc! Tout un mois et pourtant, j’ai eu mille fois envie de venir ici te faire un coucou. D’autant que je n’arrête pas de coudre ces temps-ci.

Mais alors, me demanderas-tu, qu’est-ce qui s’est passé? Pourquoi t’es pas venue?

Ben il s’est passé que j’ai pédalé dans la semoule de la création littéraire, coupine! Il s’est passé qu’en Tasticottie, écrire une historiette pour agrémenter un cousette, c’est vraiment un processus long et ingrat. Le temps que l’histoire atterisse sur mon clavier, que je la remanie puis que je la réécrive moult fois, une décennie (à peu près) est passée. Et après, j’ai besoin d’un temps de latence, pour que ma tête se vide, avant de pouvoir repenser à une autre histoire.

Avec tout ça, un siècle passe en silence sur ce blog. Et dans mon coin, je culpabilise.

IMG_2468Jupe Chardon – Deer&Doe – Taille 38
Modifications: taille abaissée de 3 cm

Ca me prend d’autant plus la tête que je voudrais blogguer avec légèreté, simplicité, rapidité et en investissant peu d’énergie.

J’avais commencé depuis plusieurs semaines à modeler une histoire dans ma tête pour accompagner ces jupettes. Une histoire de vacances, de parents qui divorcent, de petite fille qui veut que rien ne change dans sa vie. Je crois que j’étais tout près d’aboutir à quelque chose qui tenait debout.

Et puis j’en ai eu marre de me coller la pression. C’est inconfortable d’écrire contre la montre et les jours qui passent. Alors j’ai tout laissé tomber.

Ca fait des années que j’oscille entre poster une histoire bien ficelée avec chacune de mes cousettes et ne poster qu’un mini paragraphe qui résume techniquement et brièvement toute l’aventure de la conception de cet objet ou vêtement.

J’ai essayé les deux et aucune ne me convient en fait. J’aime écrire des histoires mais ça me prend trop d’énergie et de temps. Et les posts juste techniques, je les trouve trop secs et rigides.

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Je vais attendre mes vacances (dans 3 semaines, 8 heures et 7 minutes) pour poursuivre tranquillement l’écriture de mon feuilleton. Tu te souviens, coupinette, de mes personnages récurrents? C’est plutôt dans cette histoire chorale que dans des histoires ponctuelles que je veux investir l’énergie que je peux consacrer à écrire.

Je suis d’ailleurs en train de soupeser l’idée de créer un blog spécialement dédié à mes écrits, pour dissocier mon goût pour l’écriture de mon envie d’alimenter ce blog. Parce qu’en fait, mes cycles de couture sont bien plus courts que mes cycles d’écriture. Et tenter de les mettre au diapason se fait toujours au détriment de l’une de mes deux activités favorites.

Pour autant, je ne veux pas abandonner mon cher blog de couture. Et nous savons bien, toi et moi, que je suis incapable de n’écrire qu’un petit paragraphe de rien du tout à chacun de mes posts.

Je crois que c’est Pénélope Bagieu qui a dit lors d’une interview, qu’elle ne se voyait pas consacrer plus de quelques minutes aux dessins qu’elle postait quotidiennement sur son blog. Et ce positionnement me parle en ce moment. Moins de préparation, plus de spontanéïté et de légèreté.

Je vais donc faire l’expérience du post direct. Je vais essayer de relater tout simplement ce qui me passera par la tête en pensant à la cousette que je te présenterai.

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Les jupes que tu vois dans ce post, je les ai cousues en Avril, pour des vacances en pays d’Avignon.

L’idée m’en est venue quand cet incroyable tissu à bibiches est arrivé à la boutique.

Je l’avais pourtant déjà vu avant, quand on a fait notre sélection, Momo et moi. Mais là, dans toute sa laize et avec ses bibiches et ses lapins bleus, il m’a tout de suite emballée. Je le voyais en jupe, en chemise, en sac, en plein de choses toutes plus enthousiasmantes les unes que les autres.

Ceci étant, je me connais et je me méfie de mes emballements. J’attends toujours quelque jours avant de craquouiller, des fois que le soufflé retomberait.

Cette jolie cotonnade faisait partie des tissus qu’on utilise pour les cours de couture. Et donc j’avais des palpitations en constatant qu’elle rencontrait un succès certain. Au bout d’un moment, j’ai eu carrément peur. Que les participants aux cours la choisissent tous, qu’il n’en reste rapidement plus, que cette référence soit en rupture chez le fournisseur et que pour finir, il arrête d’en produire pour de bon. A tout jamais.

Pour finir, j’ai paniqué. Je m’en suis procuré 1,50 m pour faire un trio de jupes: une pour moi, une pour Poupinette 1ère et une pour ma Lilou. L’idée du siècle quoi, le trip « jupe familiale » rigolo et frais. Autant te dire, coupine, que j’étais à bloc.

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Et puis je suis rentrée avec mon coupon. Et puis je l’ai montré aux filles en leur expliquant ma merveilleuse idée. Et puis j’ai trébuché sur le « non merci » de Poupinette 1ère.

Médusée, stoppée net dans mon élan, je l’ai écoutée m’expliquer qu’elle n’aimait pas du tout ce « drôle de tissu ». J’ai argué que justement, c’était parce qu’il était « drôle » que je voulais lui coudre quelque chose dedans. Elle a répliqué qu’elle ne voulait pas dire « drôle-rigolo » mais « drôle-bizarre ».
« Elles ont un drôle d’air les bibiches. Elles sont bizarres, Maman. »

Et là, mon plan « trio de jupettes » a bu la tasse.
Je ne me suis pas laissée abattre (tu penses!) et j’ai immédiatement conçu un second plan « duo + une jupettes ».

IMG_2545Cotonnade à motifs (Mondial Tissus) – élastique bleu marine (mon stock) – dentelle blanche (Mercerie de Charonne)

Pour moi, j’ai longuement cherché et finalement, lors d’un looooong trajet en voiture, l’idée de me coudre une jupe Chardon s’est imposée. Mille ans après tout le monde, me voilà qui m’enflamme pour ce patron. Il est juste top top top, avec ses poches et sa ceinture.
C’est clair que je vais me la refaire, cette jupe. En wax et en viscose au minimum.

Bon, il a fallu que je me rende à l’évidence, j’ai vieilli: déjà, je n’ai plus ma taille de guêpe. Le 36 c’est fini, j’ai dû couper un 38 et je suis pile dedans. Ensuite, j’ai fait la version courte. Et je l’ai trouvée trop courte sur moi (c’est toujours un triste constat, ça, non?). D’où la bande unie que j’ai ajoutée après et dont je suis finalement drôlement contente.
J’ai remplacé la fermeture éclair par une invisible et j’ai soigné mon raccord au dos (tavussa coupine?).

Pour ma Luciole, j’ai coupé deux rectangles que j’ai assemblés, j’ai fait un ourlet, une coulisse et j’ai mis un élastique boutonnière. Zim, zam, zoum, flip flap.

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Et donc, il me restait ma petite rebelle de la mode à vêtir pour les vacances. Elle a choisi un tissu à l’opposé de mes bibiches, que j’avais acheté un jour que j’errais vers Mondial Tissus.

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J’ai coupé là aussi des rectangles, j’ai trouvé un élastique dans mon stock et j’ai suivi le tuto de la jupe Diabolo de « Et puis la neige elle est molle » pour concevoir cette jupe magique.

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Je dis magique parce que je ne comprends toujours pas comment ça se fait que les fronces du haut de la jupe suivent le mouvement quand on étire l’élastique. Et à la boutique, personne ne comprend non plus.

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En comparant avec l’une de ses jupes, je l’ai trouvée trop courte. J’ai donc, en catastrophe rajouté de la dentelle en bas. Et je la trouve bof, du coup. Trop Laura Ingalls à mon goût. M’enfin elle tourne, c’est tout ce que demandait Poupinette 1ere.

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Le plan « duo + une jupette » a parfaitement fonctionné (hé! Hé! Hé!). Elles furent toutes portées lors des rares journées ensoleillées et surtout sans vent de nos vacances.

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Quant à mes chutes, j’en ai immédiatement fait ceci (TEC* power!):

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Et cela (TEC* super power!), inspiré de l’adorable sac de l’Usine à Bulles :

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J’ai mis au point un plan « trio de tops » qui, pour l’instant, se déroule sans accroc. Reste dans le coin que je t’en touche un mot, prochainement.

* TEC = Truc En Chutes

 

 

La Jupe

IMG_1747Jupe Robyn – Magazine La Maison Victor Nov / Dec 2015
Velours bleu-vert canard (au choix) de mon stock – Boutons étoiles de chez Brin de Cousette

- Mathilde, dans le grenier, j’ai retrouvé une jupe que j’aimerais garder.

- On ne pourrait pas voir ça demain ?
Je suis complètement vannée là. J’allais me coucher.

- Oui, bien sûr. Parlons-en demain.
Bonne nuit Mathilde.

- Attends, dans le grenier ? Tu es montée au grenier ?
Mais on avait dit qu’on inventoriait la maison en commençant
par le rez-de-chaussée et on n’a même pas fini la cuisine !

- Je suis juste allée jeter un coup d’œil
pendant la pause de l’après-midi

- Pourquoi le grenier ? Qu’est-ce que tu es allée faire dans le grenier ?
Tu as pris des trucs ? Charlotte, tu essaies de me doubler ?

- Non mais arrête un peu avec ta parano !
J’avais oublié à quel point tu pouvais être pénible !

- N’essaie pas de noyer le poisson !
Qu’est-ce que tu es allée faire dans le grenier ?

- Ecoute, ça fait au moins quinze ans
que je ne suis pas revenue dans la maison.
Ca m’a remuée d’y remettre les pieds.
Alors j’ai visité. C’est normal, non ?

- Ca fait un bail que je ne suis pas revenue non plus.
Je n’ai pas fureté partout pour autant.
On a dit qu’on commençait par le bas,
j’ai commencé par le bas et j’y suis restée !

- T’as toujours été psychorigide, Mathilde.

- C’est ça, insulte-moi !
En attendant, tu n’as toujours pas répondu à ma question.
QU’EST-CE QUE TU FOUTAIS AU GRENIER ????

- Je voulais retrouver mes souvenirs d’enfance.
Je savais que Maman avait rangé nos affaires dans des malles au grenier,
j’y suis allée, voilà tout !

- Et donc tu as fouillé les malles ?

- Je n’ai pas fouillé.
J’en ai ouvert une ou deux, pour voir ce qu’elles contenaient.
Et j’ai retrouvé ma jupe !

- Quelle jupe ?

- Ma jupe verte en velours. J’ai pris une photo pour te montrer.
Regarde !

IMG_1888J’ai totalement flashé sur cette jupe quand j’ai croisé le magazine. Je l’ai acheté juste pour cette jupe, à vrai dire. Et je n’ai pas eu trop à faire pour convaincre ma Tchupinette, très vite séduite, elle aussi (rapport aux poches, je pense).

- Tu te fous de moi là ?

- Quoi ?

- Elle est bleu canard et pas verte, cette jupe.
Je le sais bien puisque c’est MA jupe !
Celle que j’ai faite avec Maman quand j’avais 5 ans !

- Mathilde, tu délires !
Cette jupe est verte!
Et JE l’ai confectionnée avec Maman quand J’avais 5 ans et demi.
Je me rappelle très bien qu’on l’a faite ensemble.
J’ai décalqué le patron, j’ai choisi le tissu et les boutons !
Je l’ai même aidée à coudre à la machine !

- Tu mens Charlotte.

- Quoi ??

- Cette jupe, on l’a faite à l’automne 2015, Maman et moi.
Tu n’étais pas là, tu étais chez Mamie et c’était justement pour me consoler
de ne pas y être allée que Maman m’a proposé
qu’on couse quelque chose pour moi toutes les deux.
C’est ma jupe, Charlotte.

- Alors là Mathilde, je m’inquiète sérieusement pour ta santé mentale.
Maman n’est malheureusement plus là pour me donner raison mais cette jupe,
je la reconnaîtrais entre mille. C’est ma jupe, je suis sûre de ce que je dis !
Faut te faire soigner ma pauvre.

- Attention à ce que tu écris, Charlotte !

- T’as toujours été jalouse de moi parce que j’étais la préférée de Maman.
T’as toujours voulu tout me prendre.
Mes poupées, mes fringues, mes amis et même mes mecs.
Mais cette jupe-là, tu ne l’auras pas.
Tu ne va pas me prendre mes souvenirs en plus du reste !
Je ne te laisserai pas faire !

- La préférée de Maman. Tu es pathétique, Charlotte.
Tu n’as pas changé d’un iota, hein ? T’es toujours aussi conne en fait.

- C’est ça, balance donc ton venin, vipère va !
Balance tant que tu veux. Mais ce qui est à moi est à moi. Un point c’est tout !

- C’est moi qui ai les clés de la maison, Charlotte.

- Ouais. Et donc ?

- Et donc si je veux, dans 5 minutes, je suis de retour dans la maison.
Dans 6 minutes, je suis dans le grenier.
Et dans 7 minutes, la jupe, j’en fais ce que je veux.

- Tu n’oserais pas ! J’aurais dû la prendre sans t’en parler tiens !
J’aurais dû me douter que tu me ferais un de tes coups tordus !
J’ai voulu être réglo avec toi, j’ai eu bien tort !

- Je peux la brûler.

- Tu vois ? tu vois ? Si c’était ta jupe, tu ne songerais même pas à l’abîmer !

- Ou alors je peux la lacérer…

- Mais pourquoi tu fais ça, Mathilde ?
Qu’est-ce que je t’ai fait pour que tu me détestes comme ça, à la fin ?

- Au fait, tu te souviens s’il y avait de la javel, dans la cuisine ?

- Mathilde, tu es une grande malade, tu sais ?

- C’est moi la malade ?
Tu m’envoies des sms à une heure du matin
pour une jupe cousue il y a 25 ans et c’est moi la malade ?
Une jupe que J’AI cousue avec Maman, en plus ?
Vas-y redis-moi qui de nous deux est la plus atteinte au juste !

- Tu déformes tout là Mathilde. Ecoute, tu as raison.
Je n’aurais pas dû t’envoyer ces messages.
Il est tard, on est toutes les deux chamboulées par le décès de Maman,
on a besoin de repos. Parlons-en au calme demain, c’est mieux. Bonne nuit.

- Trop tard. Je vais chercher la jupe.

- Mathilde ! Arrête maintenant ! Je t’ai dit que j’étais désolée !

- Non, tu ne l’as pas dit.
Ce qui a de bien avec les sms, c’est qu’il y a une trace écrite.
Tu as dit que j’avais raison, que tu n’aurais pas dû m’envoyer ces messages
mais tu n’as pas dit que tu étais désolée.
Et nous savons toutes les deux que c’est parce que tu ne l’es pas.
Tu cherches juste à m’enfumer pour me piquer la jupe demain à la première heure.

- N’importe quoi ! Mais alors là, n’importe quoi !
Ecoute, on ne va pas recommencer.
Je te présente mes plus plates excuses.
Allons dormir. Réglons ça demain matin. Ca va mieux comme ça ?

- Non, ça ne va pas mieux.
Je vais chercher la jupe pour la mettre en lieu sûr.

- Ok, je m’habille et j’y vais.
J’y serai avant toi, mon hôtel est plus près.

- Et tu vas entrer comment au juste ?

- Tu crois vraiment qu’il n’y a qu’avec une clé
qu’on peut entrer dans une maison ?

- Au cas où tu songerais à entrer par effraction,
j’espère, chère Charlotte, que tu connais le code de l’alarme ?

- …

- Tu savais qu’il y avait une alarme, n’est-ce pas ?

- Tu bluffes.

- La préférée de Maman, hein ?
Elle l’a fait installer il y a huit ans, quand Papa est tombé malade.
Elle avait peur toute seule dans cette grande maison.
Elle ne te l’avait pas dit ? Waow. Vous étiez vraiment proches, hein ?

- Mathilde, cette jupe est réellement importante pour moi.
Elle représente mes jours heureux avec Maman,
quand tout était serein et simple.
Je te donnerai ce que tu veux en échange,
mais s’il te plaît, laisse-la moi. S’il te plaît.

- Je veux le vaisselier du séjour.

- D’accord

- Et l’argenterie complète

- Heu…

- Complète.

- Ok.

- Et la bague de fiançailles de Maman.

- Tu pousses un peu là, non ?

- Et aussi ses perles. Et ses boucles d’oreille en cristal.
Sa coiffeuse, son peigne et sa brosse en argent.
Et puis le service en porcelaine qu’elle avait ramené de Tchécoslovaquie.
Pour commencer.

- Non mais ça va pas non ?

- Relis-toi.
Tu as dit, non tu as ECRIT que tu me donnerais ce que je veux en échange.
Estime-toi heureuse que je ne prenne pas TOUT le reste !

- Tu délires Mathilde ! Il n’est pas question que je te cède tout ça !

- Ok. Bonne nuit Charlotte.

- Qu’est-ce que tu vas faire ?

- Mathilde ? Réponds-moi ! Qu’estce que tu vas faire ?

- MATHILDE !!!

- Bon ça va, tu as gagné, tu peux prendre tout ce tu as listé plus haut.

- Tu t’engages à ne pas revenir dessus ?

- Oui.

- Ecris-le.

- Quoi ?

- Ecris-le noir sur blanc.
Ecris que tu es d’accord pour que je prenne le vaisselier,
l’argenterie complète, la bague de fiançailles de Maman,
ses perles, ses boucles d’oreille en cristal,
sa coiffeuse, son peigne en argent, sa brosse en argent
et le service en porcelaine qu’elle avait ramené de Tchécoslovaquie.
Ecris aussi qu’en dehors de ça, on partage tout dans la maison.

- T’es vraiment perchée Mathilde, tu le sais ?

- Ajoute qu’en échange, je te donne la jupe.

- Ok, ok, je l’écrirai demain.

- Non maintenant ! Et tu dates et tu signes.
Puis tu m’envoies une photo sur mon téléphone
pour que je voie que tu l’as bien fait.

- Alors ? Ca y est ?

- Oui, voilà la photo. T’es contente ?

- Maintenant, tu descends déposer la lettre à l’accueil.
Je veux que le réceptionniste signe lui aussi.
Tu m’envoies une photo de la lettre signée et tu la lui laisses.
Je viendrai la chercher demain.

- C’est quoi ces méthodes de mafieuse ? Tu te crois dans un film ou quoi ?
J’ai écrit la lettre, je suis crevée, je vais me coucher.
Je te la file demain et tu iras toi-même
la faire signer par qui tu veux, je m’en contrefous.

- Non, tu vas descendre à l’accueil.
Tu sais pourquoi ?
Regarde un peu ce que je suis allée chercher chez Maman
pendant qu’on papotait.

IMG_1883On l’a faite ensemble, Poupinette et moi. Elle a choisi son tissu, ses boutons. Et elle a bossé, tu sais coupine? Elle a décalqué la moitié du patron, m’a aidé à tracer à couper le tissu et même à coudre à la machine.

- Tu es ignoble Mathilde.

- Si la lettre n’est pas conforme à mes instructions, je brûle la jupe.
Ou je la taillade. Ou je balance de la javel dessus.
Je verrai en fonction de mon humeur.

- Putain Mathilde, t’es dégueulasse!
Je t’ai dit que cette jupe représentait beaucoup pour moi
et toi, tu en profites pour me dépouiller de ma part d’héritage !!
C’est dégueulasse !!! C’est indigne, même de toi !!!

- Bla, bla ,bla… Au fait, tu as raison.
Elle est verte cette jupe. Et puis les boutons sont rouges.
Rien à voir avec celle que j’ai cousue avec Maman, en fait !
Mes boutons étaient oranges je crois… Ou bleus…

IMG_1884Elle aime bien sa petite jupe, avec ses jolis boutons et ses revers de poches. Moi, je suis un peu mitigée parce que finalement, le velours est trop rigide. Et aussi, qu’il faut que je déplace le bouton de l’élastique boutonnière (les finitions sont top pro!). Sauf qu’évidemment, j’ai la flemme.

- Mathilde, je vais te tuer !! JE VAIS TE TUER !!

- Meuh non, tu ne vas rien me faire. Pense à ta jupe.
Bonne nuit Charlotte. Fais de beaux rêves et à demain !
Bises.

IMG_1749Bon après, niveau style, je n’ai quasiment plus mon mot à dire depuis un moment maintenant…

IMG_1754Depuis cette jupe, elle a décidé qu’elle voulait une machine à coudre pour son anniversaire.

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