Couture à basse cour | Tasticottine est sur le fil | Page 2

Dans le rayon: Couture à basse cour

Tuto – Trousse de toilette

J’inaugure aujourd’hui une autre nouvelle catégorie de rentrée intitulée: « Couture de tes ergots – Tutos ».


Parlons peu mais parlons bien: niveau trousse de toilette, tu te situes où en ce moment?

Tu as toujours celle que ta mère t’avait achetée quand tu es partie en colonie de vacances pour la première fois? Ou alors tu en as une moche en plastique transparent que tu as achetée vite fait au supermarché il y a cinq ans quand tu t’es aperçu, à deux heures du départ pour l’aéroport, que tu ne savais plus où étais la tienne (que tu n’as d’ailleurs jamais retrouvée)? Peut-être que tu en as plusieurs parce que la première est trop petite pour emporter tout ton barda? Peut-être même (horreur et indignité) as-tu une trousse très jolie accompagnée de moult sachets en plastique pas beaux ni écolos qui contiennent en fait l’essentiel de tes effets de toilette?

Si tu t’es reconnue dans l’un des cas cités dans le paragraphe ci-dessus, ce post est fait pour toi. Je vais t’aider à recouvrer ta dignité salledebainique, ma grande. Parce que tu vois, souvent, trop souvent, quand on ne part pas pour le boulot (l’un des rares cas où on a une salle de bain privative), on fait salle de bains commune avec sa moitié, sa fratrie, ses enfants ou ses copains. Et on a vite fait de se prendre la honte avec une trousse de toilette pourrie ou inadaptée.

Si tu ne t’es pas reconnue dans les cas cités ci-dessus (un sachet en plastique? toi? JAMAIS!) mais que tu en as marre de ta trousse de toilette ou que tu as envie d’en coudre une pour le fun, ce post est aussi fait pour toi.

Bon, je te sens prête à te lancer alors allons-y!

Voici donc la trousse de toilette que je te propose de réaliser aujourd’hui:

Elle est grande (histoire de pouvoir trimballer ton barda) et a des poches intérieures mais rien ne t’empêche de la modifierà ta guise, on est là pour ouvrir nos chakras créatifs alors n’hésite surtout pas.

Temps de réalisation:
Bon je ne peux pas te dire combien de temps ça va te prendre à la minute près mais mettons qu’en une après-midi normalement, l’affaire est réglée.

Matériel:




- coton enduit ou toile cirée

- tissu pour doublure (coton de préférence mais c’est comme tu veux)

- fermeture éclair de 30 cm

- biais (facultatif): 2 morceaux de 34 cm chacun

- chute du même tissu que la doublure


Instructions:

1- Coupe 2 rectangles de 34 cm x 28 cm dans le coton enduit.

2- Coupe 4 rectangles de 34cm x 28 cm dans le tissu de doublure.

3- Plie 2 des rectangles en doublure en 2, envers contre envers dans le sens de la longueur. On les appellera les A:

4- Sur chacun des 2 autres rectangles de doublure, qu’on appellera les B, trace une ligne à 7 cm du bas sur l’endroit dans le sens de la longueur.

5- Alors là, soit tu la joues flemmarde et tu sautes cette étape du biais, soit tu as la frite et tu couds du biais sur la pliure de chacun des A.


6- Surfile ou zigzague le bas (là où il n’y a pas de biais donc) de chacun des A.

7- Place un A le long de la ligne tracée sur un B, envers contre endroit comme sur la photo ci-dessous. Epingle.

8- Pique à la largeur du pied du bord du A:

9- Rabats le A vers le haut et passe un petit coup de fer, histoire que ça reste bien plat.

10- Répète les étapes 7, 8 et 9 avec les deux autres A et B.

11- Là encore, c’est comme tu veux: soit tu veux 2 poches au lieu d’une grande et tu piques au milieu des A en t’arrêtant juste au niveau du biais, soit tu ne veux qu’une seule poche et tu oublies cette étape. Moi j’ai mis une grande poche d’un côté et 2 poches de l’autre.

12- Coupe 4 rectangles de 5cm x 6cm dans la chute de doublure.

13- Place le bout de la fermeture éclair sur l’endroit d’un des rectangles que tu as coupés à l’étape 12, tout au bord. Attention, centre bien hein. Puis recouvre en posant l’endroit d’un second rectangle sur la fermeture éclair.

14- Pique à 1cm du bord puis coupe le surplus à 0,2cm de la couture.

15- Rabats les deux rectangles de tissu et repasse un coup.

16- Fais pareil de l’autre côté de la fermeture éclair.

17- Sur l’endroit d’un B, place la fermeture éclair à l’endroit, tout en haut. Centre bien encore une fois. Place ensuite par-dessus l’endroit d’un des morceaux de coton enduit. Epingle puis pique.

18- Rabats les tissus puis passe un léger coup de fer côté doublure pour bien aplatir (attention, ne fais pas fondre le coton enduit, hein!).

19- Surpique sur le coton enduit pour que ce soit joli (non non, pas d’option flemme là, zapper cette étape, c’est un coup à coincer la doublure dans la fermeture et donc à flinguer ta jolie trousse dès la première utilisation. Donc tu surpiques).

20- Fais de même avec l’autre bord de la fermeture éclair.

21- OUVRE LA FERMETURE ECLAIR A MOITIE. Je le mets en majuscule parce que sans ça, tu ne pourras pas retourner ta trousse, je te prie de me croire sur parole.

22- Rabats les morceaux de coton enduit l’un contre l’autre, endroit contre endroit. Fais pareil avec les doublures. Puis épingle en veillant à rabattre les ailettes de la fermeture éclair vers la doublure.

23- Coince une étiquette ou un bout de ruban entre les deux morceaux de coton enduit.

24- Pique à 1cm du bord en laissant un trou d’une dizaine de centimètres dans la doublure pour pouvoir retourner ta trousse.

25- Surfile ou zigzague les bords de la doublure en faisant attention à éviter le trou.

26- Bon, là, c’est le moment de te concentrer: pince les côtés d’un coin de la doublure et écarte-les en superposant les coutures. Tu obtiens un angle équilibré (isocèle).

27- Trace une ligne de façon à obtenir un triangle isocèle dont la base fait 10cm. Épingle puis pique sur cette ligne à la base du triangle isocèle.

27- Fais de même avec l’autre coin de doublure et les coins de coton enduit.

28- Coupe les 4 triangles à quelques millimètres de la couture aux ciseaux crantés.

29- Retourne ta trousse.

30- Couds le fond de la doublure à points invisibles ou (option la flemme) à la machine tout près du bord.  Rentre la doublure dans la trousse.

Tada! Ca y est, ta trousse est finie.

Alors? C’est qui qui a la classe maintenant? C’est qui qui peut relever le menton dans les salles de bains partagées et parader avec sa trousse sous le bras en traversant le camping pour aller se laver les dents? Hein? C’est qui?

Ben oui, c’est toi coupinette.

Rangé dans Couture à basse cour, Partage - Tutos | Etiquetté , , | 96 papotis

Charlie ne peut pas rester (suite et fin)

Ce fut moins dur qu’elle ne l’avait pensé. Enfin… une fois qu’elles réussirent à le faire sortir de la voiture. Armelle ne savait pas comment, mais Charlie semblait avoir deviné qu’elle allait le laisser là et il avait catégoriquement refusé de quitter la voiture. Il avait battu des ailes, furieusement, et lui avait même donné un coup de bec, ce qu’il n’avait jamais fait en trois ans. Armelle s’était alors énervée à son tour et lui avait empoigné les deux pattes d’une seule main avant de le tirer hors de la Clio et de le fourrer dans la cage préparée par Françoise.

Quand même… c’avait été nul comme séparation.

Charlie s’était allongé sur le sol de sa cage et avait fait le mort. Il n’avait pas répondu à son « I promise I’ll come to see you really soon, Charles ! » ni à son au-revoir. Il n’avait pas bougé. Il faut dire aussi qu’elle avait été brutale avec lui… Armelle avait le cœur gros en rentrant. Elle se répétait qu’elle avait bien fait mais elle n’y croyait qu’à moitié…

Pardon Charlie.

Nicolas s’était mis en quatre pour la consoler. Chaque jour de la semaine suivante, il lui avait fait une surprise : un mot d’amour sur le miroir de la salle de bain, un dîner maison avec des chandelles et tout le tralala, un petit cadeau rigolo, une soirée au théâtre, il lui avait même massé les pieds en regardant « Pretty Woman » à la télé. Et Armelle se remettait, doucement.

Le samedi suivant, elle se réveilla vers 5 heures. Allongée dans le noir aux côtés de Nicolas qui ronflotait, elle se demandait s’il n’était pas trop tôt pour aller voir Charlie. Une semaine, ça suffisait pour qu’un coq fasse son deuil ? Et puis elle, était-elle prête ? Parce que si…

Soudain, elle tendit l’oreille. Elle entendait un bruit sur le palier.

On aurait dit un « cot cot », non ? Charlie ?! C’était peut-être Charlie ! Il était peut-être revenu !

Elle bondit hors du lit, réveillant Nicolas, et se précipita vers sa porte d’entrée.

Oh ! Cet oiseau était merveilleux ! Merveilleux ! Il  était revenu jusqu’à Paris, il avait retrouvé son appartement ! Mon Dieu qu’elle était cont…

Il n’y avait personne sur le palier. Il n’y avait pas de coq non plus.

Punaise, la déception !

Elle sentit ses yeux la brûler et ses larmes commencer à couler. Elle se mit à sangloter comme une gamine. Nicolas la trouva assise sur son paillasson, en culotte et débardeur, serrant ses genoux dans ses bras  et insultant entre deux hoquets, le crétin qui, à l’étage au-dessus, jouait du marteau.

Nicolas fit alors un truc… fantastique ! Carrément génial ! Il lui ordonna de s’habiller et puis il l’emmena à Saint-Rémy. Pour récupérer Charlie. Elle pleura quand, sur place, il lui dit que Charlie rentrait avec eux. Charlie bouda Armelle. Mais curieusement pas Nicolas. Il se laissa saisir puis installer sur la banquette arrière sans protester.

Sur le chemin du retour, après quelques minutes de silence, Armelle demanda sa main à Nicolas. Charlie appuya d’un « cot cot » chaleureux.

Et Nicolas ? Et bien Nicolas sourit…

Et puis il dit oui.


Voici Charlie ShoppingBag, mon sac à courses écolo-réutilisable-sympa-pour-la-planète. C’est une copie textile des sacs en plastique qui ont maintenant mauvaise presse dans les supermarchés. Je l’ai fait en utilisant un patron de Nani Iro.  Charlie me suit partout, se recroquevillant dans sa pochette quand je n’en ai pas besoin et transportant gentiment mes courses quand j’en fais.



Drap de laine (Marché de Sarcelles), biais (Fil 2000), boutons en nacre (Fil 2000)

Ça me démange de fabriquer un Charlie bis en wax ou en lin, pour la belle saison. C’est quasi certain que je vais le tenter. Peut-être aussi que je lui ferai un autre fond, plus large.

Et puis je voudrais modifier la pochette, la rendre plus compacte.

A votre avis? En wax? En lin? En liberty? En jersey? Je le fais en quoi le Charlie bis?

Rangé dans Couture à basse cour, Couture à poulettes | Etiquetté | 8 papotis

Charlie ne peut pas rester

C’est lui ou c’est moi !

Non mais il était d’un mélodramatique, quand il s’y mettait, Nicolas ! Lui demander de choisir entre Charlie et lui, franchement… C’était ridicule. Totalement ridicule.

Enfin bon, Armelle se disait ça après coup mais sur le moment, elle avait eu peur. Il avait l’air vraiment sérieux… Alors elle avait choisi.

Pardon Charlie.

Il faut dire que parfois, Charlie laissait ses tripes s’exprimer. Et forcément, un cocorico tonitruant à 5h du matin, ça agace. En général, au second cri matinal, elle se faisait larguer. Direct.

Elle ne voulait pas finir vieille fille. Et puis… cette fois, c’était sérieux, elle était vraiment accro à Nico alors bon, elle allait se débarrasser de Charlie, son coq noir.

Pouuuuh que c’était difficile !

Elle voulait qu’il puisse vivre à la campagne, tranquille et bichonné par quelqu’un d’affectueux. Elle avait mis deux semaines à se résoudre à passer une annonce sur le web. Et une semaine de plus à s’intéresser aux réponses et à les trier. Quand elle était tombée sur le message de Françoise, elle n’avait pas su si elle devait se réjouir ou pleurer. Elle avait trouvé une perle, elle qui avait pensé n’avoir de réponses que de tarés adeptes du vaudou prêts à saigner Charlie par une nuit sans lune. Ben non, il y avait au moins une candidate saine. Françoise. Youpi.

Françoise aimait les bêtes (elle avait deux paons, un lama, un canari, une oie et deux chats), vivait vers Saint-Rémy, pas trop loin de Paris, et avait un jardin de la taille d’un parc. Parce qu’elle avait envoyé des photos, avec son message. Elle avait même ajouté, en post-scriptum, qu’Armelle pourrait venir voir Charlie quand elle voudrait. Youpi, youpi… Youpi. De merde. Elle avait l’air parfaite pour Charlie.

Ca faisait une semaine qu’Armelle avait reçu le mot de Françoise et le caillou qui s’était posé alors sur sa poitrine pesait plus lourd que jamais, maintenant qu’ils étaient en route pour la vallée de Chevreuse, Charlie et elle. Elle jeta un coup d’œil sur le siège passager. Charlie dormait paisiblement, la tête sous l’aile gauche, confiant. Alors qu’elle s’apprêtait à l’abandonner…

Oh pardon Charlie ! Pardon, pardon, pardon, pardon, pardon, pardon Charlie !

Il lui manquait déjà, son oiseau magique. Charlie le flamboyant. Avec son plumage noir, sa crête rouge vif et son regard acéré, Charlie était un coq exceptionnel. Elle l’avait eu tout petit, au marché aux oiseaux de l’ile de la Cité et ils ne s’étaient pas quittés depuis.

Ah la la, Charlie…  Il avait été son meilleur compagnon, son meilleur ami, même. Elle lui parlait en anglais et il lui répondait toujours d’un « cot cot », enfin… uniquement quand elle l’appelait Charles. Il était assez snob, au fond. Et aussi très intelligent. Il savait se faire oublier quand il le fallait. Une fois, elle l’avait emmené au bureau et il avait passé la journée pelotonné dans un coin, sans moufter. Personne ne s’était douté de rien du tout. Sacré Charlie… Elle l’emmenait souvent avec elle, lorsqu’elle sortait. Et jamais elle ne lui avait mis une laisse ou un harnais. Il la suivait partout, trottinant à ses côtés la plupart du temps et se perchant sur son épaule quand son environnement l’inquiétait ou qu’il était fatigué. Ça amusait drôlement les gens lorsqu’ils les croisaient. Et Armelle était persuadée que Charlie appréciait autant qu’elle d’être ainsi remarqué.

Ceci dit, il n’était pas toujours docile. Il avait ses têtes. Le chien de la voisine, par exemple, il ne pouvait pas le voir. Il l’attaquait dès qu’il le croisait. En revanche, il aimait bien la postière, il cocoricotait toujours quand elle sonnait. Pas trop fort, juste pour elle. Et la postière l’aimait bien aussi, ce fier coq noir et rouge.

Bref, tout irait pour le mieux dans le plus sympa des mondes si Charlie n’avait pas cette agaçante possessivité envers Armelle. Il lui pourrissait toutes ses histoires, il persécutait ses amoureux, s’égosillait tous les matins quand ils restaient dormir là, saccageait l’appartement quand elle découchait, bref il leur rendait la vie impossible. Et après la rupture, qui survenait immanquablement, il redevenait le Charlie qu’elle connaissait, le Charlie qu’elle aimait.

Ça n’était plus possible, là. Clairement.

Armelle se redressa derrière son volant. Grâce à Nicolas, elle avait pris la bonne décision. Charlie serait très bien chez Françoise.

Elle était arrivée. Elle mit son clignotant à droite et entra dans la propriété de Françoise. Mazette, c’était grand ! Encore plus qu’elle ne l’avait imaginé en voyant les photos.

Françoise sortit de chez elle au moment où elle se garait devant la maison. La cinquantaine sympathique, souriante et dynamique, elle plut immédiatement à Armelle. Elle lui serra la main puis se pencha vers la voiture et s’écria quand elle vit Charlie. Elle le trouvait superbe.

Normal. C’était Charlie.

A suivre…

Rangé dans Couture à basse cour, Couture à poulettes, Ecriture | Etiquetté , | 2 papotis