Archive pour la catégorie ‘Couture à poussins’

Les poissons de Naïm – fin

Lundi, 6 septembre 2010

Sept jours passèrent ainsi. Fayçal se levait à l’aube, changeait le bébé, lui donnait à manger puis l’emmenait avec lui à la pêche. Il avait de la chance, il prenait très vite plusieurs poissons, à chaque fois des poissons volants, et ainsi, il pouvait rentrer avant que le soleil ne soit trop haut dans le ciel. Il passait chez Zeïnab, qui devenait, au fil des jours, sa première et seule amie, échangeait avec elle du poisson contre du lait ou de la bouillie puis rentrait chez lui. Il passait ses après-midi à jouer avec l’enfant, lui chantant des chansonnettes qu’il avait apprises de Zeïnab, le berçant ou lui racontant des histoires. Il passait une partie de ses nuits à l’éventer pour qu’il n’ait pas trop chaud et pour éloigner les moustiques de sa peau si tendre. Il se sentait léger, plein d’énergie et son regard perdit le voile de tristesse qui le couvrait depuis si longtemps.

A l’aube du huitième jour, il réalisa qu’il était heureux depuis qu’il s’occupait du petit garçon et il en eut les larmes aux yeux. Se saisissant du panier, il alla sur la plage. S’installant à l’endroit même où il avait trouvé le petit garçon, il le prit sous les bras, le souleva jusqu’à ce que leurs yeux se rencontrent puis le remercia à haute voix. Il remercia aussi le ciel et la vie de lui avoir fait un si beau cadeau puis se concentrant à nouveau sur l’enfant, il lui dit :

-Naïm, tu t’appelleras Naïm, mon fils.

L’enfant, qui le regardait attentivement, sourit puis se mit à gigoter joyeusement dans ses mains.

Le prodige eut alors à nouveau lieu : la mer se couvrit de poissons volants qui virevoltaient à sa surface en un immense et magnifique ballet. Aussi loin qu’il pouvait voir à l’est comme à l’ouest et vers l’horizon, des millions de poissons sautaient avec grâce au dessus de la surface de l’eau. Et comme la première fois, le soleil qui se levait souligna ce magnifique tableau vivant d’un liseré orange à pois argentés.

Fayçal retourna l’enfant afin qu’il puisse profiter lui aussi du spectacle. Le garçonnet s’agita en poussant des cris perçant, souriant et bavant avec enthousiasme. Comme en réponse à sa joie, les poissons sautèrent plus vite et plus haut hors de l’eau. Stupéfait, Fayçal observait l’étrange communion entre son petit garçon et les poissons volants. Quand l’enfant criait, ils amplifiaient leur danse, quand il se taisait, ils reprenaient leur rythme précédent, diminuant la fréquence et l’amplitude de leurs sauts.

Lorsqu’au bout de quelques minutes, ce fut fini, Fayçal observa longuement le petit garçon. Puis il déposa un profond baiser plein de tendresse sur son front avant de se relever. Il cala le bébé sur sa hanche et se dirigea à grands pas sereins vers sa barque.


Naïm au si beau prénom a vu le jour au début de l’été. C’est le fils de la cousine de CharmingPrince. Pour une fois, sachant que c’était un garçon, je m’y suis prise en avance pour lui confectionner un cadeau de naissance. Et j’ai presque réussi à finir avant sa naissance (me restaient les chaussons que j’ai bien évidemment mis des plombes à faire. Pour le résultat qu’on verra ci-dessous).

Matériaux utilisés:
Coton bleu à motif « poissons volants » -en tout cas, c’est que j’y vois, moi- (Marché de Sarcelles), coton orange à pois blancs (Petit Pan), biais assorti (Petit Pan), boutons pression en plastique orange (Ar Brinic), pompons orange (La Droguerie).

Les challenges du jour:
- Coudre pour un bébé garçon.
- Faire mes premiers chaussons (atteindre le niveau microscopique de la couture, quoi).
- Modifier un patron.

Le tuto derrière tout ça:
Citronille pour la barboteuse. Elle est issue du livre « Intemporels pour Bébés » dont, pour peu que tu sois assidue, tu as déjà entendu parler par ici.

Pour les chaussons, j’ai utilisé un tuto trouvé dans cette mine d’or qu’est le site Petit Citron.

Changements de plan en cours de route:
- J’ai raboté la barboteuse sur les côtés après avoir lu qu’elle était très large et que ça ne seyait pas à un petit garçon. J’ai enlevé 1,5 cm de chaque côté.

- J’ai ajouté une poche, que la maman de Naïm a trouvée pratique pour y ranger un petit mouchoir. Et j’ai remplacé les ourlets des bas des jambes par du biais, histoire d’égayer le tissu bleu sombre.

- Enfin, j’ai remplacé les boutons par des pressions assorties.

- Je n’ai rien changé sur le patron des chaussons, enfin pas volontairement, et je leur ai ajouté des petits pompons pour les colorer un peu plus.

Ce qui m’a franchement plu:
- Ce fut un vrai délice de coudre la barboteuse. Je l’ai trouvée facile à faire, sans couture périlleuse et, ô joie, sans fronces. :D

- L’association de tissus, c’est ma copine Morgann qui me l’a suggérée. en posant un de ses coupons sur mon coupon bleu. Et j’ai immédiatement été séduite. Bien que totalement versée dans les coloris flash, j’associe très peu souvent deux tissus à motifs. Je suis du genre à « adoucir » un tissu à motifs avec un tissu uni. Ma copine Morgann, au contraire, associe très souvent des tissus à motifs différents entre eux. Le rendu me plaît beaucoup en général et j’ai décidé de suivre son avis, à propos de la barboteuse de Naïm. J’ai bien fait, je trouve. Au point que je me suis promis de refaire la même barboteuse, dans les mêmes tissus, l’été prochain pour ma coquelicote.

- Les pressions Ar Brinic. j’en ai entendu parler sur plusieurs blogs, j’ai vu des réalisations qui m’ont séduite et j’ai profité des soldes pour me commander un kit. Rien que d’y penser, j’en roucoule d’aise tellement ça a été une bonne idée. La pince est d’une simplicité d’utilisation confondante, les couleurs des pressions sont pimpantes. Bref, les pressions Ar Brinic sont bien parties pour être mes chouchous mercerie de 2010.

- Surfiler avec Pélagie, ma surjeteuse. Notre belle histoire d’amour bat son plein, la passion est toujours au rendez-vous et je la sors pour un oui ou pour un non. J’ai aussi commencé une collection de cônes pour surjeteuse qui va finir par me causer des soucis de rangement, à la longue mais qu’importe, l’amour n’a que faire de ces questions bassement matérielles.

Ce qui m’a franchement barbée:
- Faire les chaussons. Pendant tout le processus, je me disais que le patron était faux, que les marges conseillées étaient farfelues et que franchement, on ne pouvait plus se fier à personne en ce triste monde imprécis. Quand j’ai enfin fini, les chaussons obtenus étaient tout rikiki trop petits. Naïm n’avait qu’un mois mais ils ne lui allaient pas. J’ai encore râlé, écoeurée, avant de relire les instructions. Et de découvrir qu’il fallait ajouter des marges de couture au patron présenté. C’était écrit noir sur blanc, je ne sais pas comment j’ai fait pour le louper.

- A propos des chaussons, toujours, je n’ai découvert qu’à la toute fin que je m’étais trompée dans le sens du tissu pour l’un des chaussons. Flûte de mince à la fin! Ces chaussons maudits ont failli me pourrir les vacances.

Ce qu’on peut retenir de tout ça / Si je devais recommencer:
- Malgré mon rabotage des côtés, j’ai trouvé la barboteuse un peu large au niveau des cuisses du petit Naïm. Alors quand j’en referai une (parce que c’est sûr que j’en recoudrai une), j’affinerai encore plus les côtés de la barboteuse. Ou alors je ferai comme une bonne partie des Citro-copines, je mettrai un élastique au bas des jambes.

- Quand je referai les chaussons (parce que c’est sûr que j’en referai, je ne peux pas rester sur un échec pareil), je ferai une taille 6 mois direct.

- En prenant bien garde d’ajouter les marges de couture.

- Et je ferai aussi gaffe au sens du tissu :)

La p’tite idée qui fait du bien:
Quand tu as affaire à de toutes petits patrons (du genre des chaussons), coupine, j’imagine que tu fais comme d’habitude: tu décalques avec application ce patron sur du papier de soie tout fin, tout pas pratique qui, tu le constates ensuite, se plisse dans tous les sens quand tu veux le reporter sur le tissu. Pas moyen de le maintenir facilement, même quand tu mets des épingles, ça ne va pas, ça fait gondoler le tissu et tu passes un mauvais moment.
Sache que je comprends ta mauvaise humeur. Et que j’ai un modeste truc qui pourrait t’éviter de te tricoter des rides au front.
Il te suffit de coller ton patron sur une feuille cartonnée, de découper bien soigneusement autour et de t’en servir ensuite sur le tissu. La rigidité du carton fait que tu peux tenir le patron du doigt tout en suivant son contour avec ton crayon, ta craie ou ton feutre. J’ai essayé, crois-moi, ça ne plisse pas ni rien. Tu verras, ça fait du bien aux nerfs.

Les roses de Vendée

Vendredi, 20 août 2010

C’est la rentrée! Et comme tu le sais, rentrée = nouveautés, c’est ce qui la rend sympathique. Donc j’ai décidé d’inaugurer de nouvelles catégories sur ce blog. Et ça commence aujourd’hui.

Coupine, je te présente le premier billet de la catégorie « Aiguille déplumée » (c’est CharmingPrince qui a trouvé ce nom parfaitement adéquat à l’esprit de ces billets). Bref, trêve de blabla, place à l’aiguille!


Ma belle-soeur, maman de deux poulettes à croquer, aime beaucoup la marque Papa pique et Maman coud. Elle a flashé sur un coupon de coton rappelant le style madras et m’a demandé de faire des petites choses pour ses petites blondes.

J’ai fait un ensemble tiré des « Intemporels pour Bébés » pour sa cadette de 13 mois et une robe smockée pour son aînée de 3 ans et demi. Il me reste encore du tissu alors peut-être bien que la petite dernière aura à son tour une robe l’an prochain…

Matériaux utilisés:
- coton rose (Papa pique et Maman coud), coton violet (Marché Saint-Pierre), boutons (de mon stock perso), biais rouge (marché de Vendée)

Les challenges du jour:
- Coudre un tout petit modèle (mon premier).
- Coudre ailleurs que dans mon confortable environnement habituel
- Faire une robe qui plaise à Margot, en pleine période « princesse » (m’enfin vu que le tissu était rose, j’avais de bonnes chances d’y arriver).

Le tuto derrière tout ça:
Alors, le tablier de la choupette est tiré des Intemporels pour Bébés, taille 12 mois. Le sarouel assorti est également tiré du même livre.

En revanche, j’ai fait un patron maison pour la robe de Margot.

Changements de plan en cours de route:
Aucun.

Ce qui m’a franchement plu:
- Les deux pans froncés au bas de la robe de Margot. Je déteste toujours autant les fronces mais là, les largeurs de tissu que j’avais prévues étaient nickel et au final, ça donnait une jolie robe qui tourne.

- Je voulais que le haut de la robe soit plus près du corps sans pour autant serrer à mort à cause d’un trop grand nombre de smocks. J’ai donc fait des smocks plus espacés. Résultat: une robe plus confortable et qui fait petite fille et non bébé.

-  La joie de Margot et ma promotion au rang de « copine de moi ».

- Ca va super vite de coudre pour un bébé. Le tablier et le sarouel étaient pliés en une soirée (le truc qui ne m’arrive JAMAIS d’habitude, je suis plus tortue que lièvre en couture, je trouve)

Ce qui m’a franchement barbée:
- Faire des fronces à la main (rien de neuf sous le soleil).

- Faire des boutonnières sur le haut du tablier. C’est tout piti et en plus les rentrés de couture font des bosses sur les côtés. Bref, j’ai galéré et l’une des boutonnières est un désastre complet. Du coup, j’ai pris une décision: terminé de mettre des boutonnières sur des vêtements d’enfants de moins de 3 ans. Je mettrai des pressions à la place.

- Faire un ourlet à la robe de Margot. D’autant que j’avais peur qu’elle soit trop courte si je faisais un ourlet classique. J’ai donc opté pour du biais comme sur ma robe, ce qui ne m’a fait « perdre » qu’un demi-centimètre en bas de la robe.

Ce qu’on peut retenir de tout ça / Si je devais recommencer:
- Je regarderais mieux les tailles avant de décalquer le patron dans les « Intemporels pour bébé ». J’ai fait un sarouel en taille 18 mois pour la choupette de 13 mois et c’était carrément trop grand. J’en ai refait un en taille 12 mois plutôt que de bidouiller le premier (ça finit souvent mal les bidouilles, chez moi). Finalement, ça taille plutôt bien, je trouve.

- Si je devais recommencer la robe de Margot, je mettrais du croquet au niveau de l’ourlet. Autrement, je ne changerais rien du tout.

La p’tite idée qui fait du bien:
Si tu procèdes comme moi quand tu fais des smocks, tu te sers sans doute, chère coupine, de la largeur de ton pied comme guide pour que tes lignes de smocks soient bien parallèles? Ce qui est pratique mais qui impose aussi la largeur de l’espace entre les smocks (pour moi, c’est 0,5 cm). Et bien, figure-toi qu’il te suffit, si tu veux faire des smocks plus espacés, d’en faire comme d’habitude, puis de retirer une ligne sur deux ou une sur trois, selon ton bon désir.

Empoisonnement au doute

Lundi, 19 juillet 2010

Tu vois coupine, en couture tout part du tissu. C’est le tissu qui stimule l’imaginaire, c’est lui qui donne l’élan et l’énergie de coudre. On est comme porté par lui. Le tissu, c’est la clef de voute de l’édifice couturesque, à mon avis. On flashe sur un coupon, on l’achète, on laisse son esprit entrer en ébullition, on cueille l’idée la plus enthousiasmante, on la concrétise dans son coupon chéri et puis, fièrement, on porte ou on offre son œuvre. Toutes ces étapes ne s’enchaînent pas forcément. Parfois il peut s’écouler un certain temps avant qu’on se décide pour une idée au détriment des autres, ou alors on n’a pas le cœur à couper son précieux tissu, ou encore on met du temps à coudre ce qu’on a décidé. Mais tu vois, quel que soit le temps que ça prend, c’est un cycle qui se déroule généralement dans une fluidité et une confiance d’une sérénité confondantes.

Sauf que. Et oui coupine, il y a les exceptions, les empoisonnantes exceptions.

Aujourd’hui, je ne vais en évoquer qu’une (gardons les autres pour une prochaine fois, d’accord ?). Aujourd’hui coupine, je vais te parler du cycle gangrené par le doute, vicié par les hésitations, pollué par l’inquiétude. Une vraie vérole, le doute en couture. Un poison même. Je peux t’en parler, j’ai eu la joie de faire sa connaissance, il y a peu.

A priori, le coupon était prometteur. Un jersey orange et vert, très bonne tenue, très pimpant, de bonne famille, un bon parti quoi. Quand je l’ai vu, j’ai eu ce mouvement instinctif familier, auquel je me fie d’habitude pour acheter du tissu. J’ai pensé que je pourrais en faire le haut d’une robe sarouel à la Parfum du Ciel (mon obsession de l’époque). Bref, je ne me suis posé aucune question, j’en ai pris direct trois mètres (et oui, l’enthousiasme de la débutante en couture qui n’a pas le compas dans l’œil et a peur de manquer…).

Ce coupon, que je trouve très beau, il m’a fallu un an avant d’en faire quelque chose. C’est allé de traviole pratiquement dès le départ et ma tension n’a fait qu’augmenter au cours des mois qui ont suivi son achat. Parce qu’à chaque fois que je passais mes tissus en revue et que je tombais sur ce coupon, et bien, tu me crois si tu veux mais il ne se passait rien. Nada, pas l’ombre d’une idée alléchante, le vide. Je n’étais pas habituée à ça moi, alors je forçais un peu mon imagination. Mais va savoir ce qu’il avait ce tissu, je ne trouvais que des idées tiédasses-bof qui, à peine formulées, ne m’emballaient plus. Elles vacillaient trop les pauvres, minées qu’elles étaient par le doute qui m’assaillait à chaque fois que je regardais ce jersey finalement hostile.

Faire une robe sarouel ? Ok mais pas en plein mois de Novembre, là, à réserver pour les beaux jours. Et le reste, j’en ferai quoi ? Un haut simple ? Un bas ? Hum… Trop flashouille pour un adulte. Un truc pour enfant alors ? Oui, pourquoi pas, mais quoi ? Heu… Un accessoire ? Ou encore une doublure ? Une doublure ??? En Jersey flash ? Ouuuuh, idée boiteuse là…

Au bout d’un an, enfin, une idée s’est accrochée tant bien que mal dans ma tête et a résisté à mes doutes. Une occasion s’est présentée et j’ai décidé de me lancer. Et c’est là, vraiment, que je me suis rendu compte qu’un tissu, ça peut ébranler profondément sa couturière. Parce que déjà j’étais dubitative à propos du modèle, j’ai hésité sur la taille à choisir et puis une fois décidée, je me suis demandé si je n’avais pas eu tort de prendre cette taille là au lieu de l’autre. Processus plus que laborieux. Chaque étape fut poussive à un point ! Et toujours, collés à mes baskets, un chapelet d’incertitudes et la sensation alarmante de faire une grosse bêtise. D’autant que c’était pour offrir. J’ai fini de coudre et je n’ai rien ressenti de particulier. Pas de fierté, pas de joie enfantine. Sérieusement, ce tissu c’est le coupon des non-idées et des non-émotions. J’étais contente d’avoir fini mais je n’arrivais toujours pas à décider si c’était réussi ou pas. J’ai cousu les boutons et, bon ok, j’ai trouvé le résultat pas trop mal. Mais je suis restée vraiment réservée. Mister Charming m’a dit qu’il aimait bien. Bon soit, c’est peut-être chouette, on verra ce qu’en dit la destinataire.

C’était terrible, c’était la première fois que ça m’arrivait de ne pas avoir d’opinion tranchée sur quelque chose que j’ai cousu. C’était comme si j’étais stylistiquement temporairement aveugle. Et je peux te dire, coupine, que ça ébranle, ce genre de chose. On la ramène moins, on apprend l’humilité, le respect du tissu et surtout, on mûrit. C’est le côté positif de l’expérience, on arrête de se lâcher comme une midinette sur tous les tissus qui paraissent prometteurs. Désormais, soit je me vois immédiatement un avenir avec un tissu, soit je ne l’achète pas*. Tu vois, je deviens adulte et raisonnable.

Le doute, au final, c’est l’école de l’exigence, coupine.

*La vérité, c’est que je croule littéralement sous les coupons et que je suis à la diète de tissus en ce moment, donc j’avoue que la question ne se pose pas vraiment…

Donc voilà le tissu ensorcelé. J’ai fait d’une partie de mon coupon une turbulette pour un petit Titouan né en Mai. Le reste du coupon? On verra dans un an, d’accord?



Matériaux utilisés:
Jersey rayé (Mondial Tissus), coton vert pour la doublure (Tissus Reine), polaire (Toto), boutons pressions (Je ne sais plus d’où il viennent, je les ai trouvés dans ma boîte à boutons), boutons fantaisie (Mercerie du marché Saint-Pierre)

Le tuto derrière tout ça:
C’est la turbulette des Intemporels pour bébé:


Changements de plan en cours de route:
Juste un petit: j’ai rallongé le patron choisi (3/6 mois) de 10 cm, le choupinet à qui elle est destiné étant un bébé potelé, je ne voulais pas qu’elle soit trop petite pour lui. A part ça, j’ai suivi le modèle à la lettre. Déjà que je doutais, je n’allais pas tenter de mettre le moindre orteil hors du sentier balisé du modèle.

Ce qui m’a franchement plu:
Heu… La finir.
Bon, ok, soyons constructifs: le patron qui est très simple (2 morceaux) et adaptable à l’envi, couper la polaire sans souci.

Ce qui m’a franchement barbée:
De douter tout du long, ça tu l’as compris, je pense.
Dans le patron, il y a deux petites ailettes sur lesquelles sont les boutonnières. Et bien ces petites ailettes ont été empoisonnantes au moment d’assembler la doublure et le jersey. La prochaine fois, je les supprime, c’est clair.

Ce qu’on peut retenir de tout ça:
J’ai découvert que la polaire remplaçait plutôt avantageusement le molleton. Pour des petites pièces aux contours précis, c’est nickel. Et en plus, ça n’accroche pas le pied de biche.

La p’tite idée qui fait du bien:
Mettre des boutons pressions avec des boutons décoratifs et faire l’impasse sur les boutonnières. Ça va vite, c’est efficace et c’est tout ce que demande le peuple.

De l’origine des nuages

Jeudi, 8 avril 2010

Cher Docteur Géo,

Je t’écris parce que mon copain Franck et moi, on n’est pas d’accord. C’est à propos des nuages.

Franck dit que les nuages sont des fantômes perdus qui cherchent leur chemin. Il dit qu’ils sont souvent tristes alors ils deviennent gris. Il dit que la pluie, ce sont des fantômes qui en ont marre d’être perdus alors ils pleurent parce qu’ils ont peur. Moi je lui ai dit qu’un fantôme, ça ne sait pas voler mais il dit que justement si, un fantôme, ça vole. Il dit que c’est même pour ça qu’ils ont un gros boulet avec des chaînes qui font du bruit, pour qu’ils restent près du sol, sans quoi ils s’envoleraient comme les ballons, à la foire. Quand on ne tient pas bien le ruban, hop ! Le ballon s’envole et après c’est trop tard.

C’est vrai pour les ballons mais je ne suis pas sûr qu’il a raison pour les nuages. Moi je crois que les nuages poussent dans la terre. Je crois qu’il y a des graines spéciales à planter, qu’il faut beaucoup arroser et puis que, quelques jours plus tard, les nuages sortent de la terre. Quand ils sortent, ils sont soit verts (c’est normal, hein, ils se prennent pour des haricots, ils ne savent pas encore qu’ils sont des nuages, c’est des bébés et c’est difficile pour eux de comprendre ça), soit bleus (ça, c’est quand leur graine était trop profondément plantée et qu’ils ont du se dépêcher de pousser pour ne pas mourir asphyxiés).

Après, quand ils sont mûrs, ils montent lentement vers le ciel et ils deviennent blancs. Ils vont rejoindre leurs copains qui flottent là-haut (comme nous, quand on court rejoindre les autres à la récré, sauf qu’eux, ils n’ont pas de jambes). Et puis ils voyagent autour de la terre, tous ensemble, en se racontant des blagues.

Je crois que les champs de nuages existent surtout près des montagnes parce qu’on voit souvent plein de nuages autour du sommet des grandes montagnes. Il faut dire qu’ils ont besoin qu’il fasse un peu froid pour bien grandir, les nuages. Quand il fait trop chaud, il n’y en a pas. La preuve, ils évitent les îles du genre Tahiti ou l’Ile Maurice. A chaque fois que je vois une photo de ces coins-là, il n’y a pas un nuage, le ciel est tout bleu. Je crois que les nuages n’aiment pas ces endroits-là. Et puis une autre preuve, c’est qu’en hiver, il y a vachement plus de nuages dans le ciel qu’en été. Ils recherchent surement le froid.

Alors en fait, quand il y a trop de nuages, ça peut faire un embouteillage et ça, ce n’est pas terrible. Ce n’est pas gai pour nous, les humains, on ne peut plus voir le soleil, après. Par exemple, dans le nord de la France, il y a souvent beaucoup de nuages. Mon cousin Quentin habite à Lille et à chaque fois que je vais chez lui, il fait moche. Je crois que là-bas, il y a souvent des gros embouteillages. Comme au péage de Saint Arnoult, quand on part en vacances. On est bloqués parce qu’il y a plein de voitures qui veulent passer et Papa, ça le met de mauvaise humeur, surtout qu’il faut attendre super longtemps. C’est pareil pour les nuages, ils ne peuvent plus bouger, ils doivent attendre et des fois, ça dure des jours et des jours.

Moi je crois que pour résoudre le problème des embouteillages, il y a des nuages qui se sacrifient. Ce sont les plus noirs, ceux qui ont beaucoup voyagé et qui sont donc tout sales. Ils se transforment en eau, l’eau tombe par terre, c’est la pluie, et du coup, ça fait plus de place pour les autres nuages.

Alors Docteur Géo ? Qu’est-ce que tu en penses ? J’ai bon, non ?

Dis, est-ce que tu pourrais m’envoyer des graines de nuages ? Je les planterais, je ferais pousser quelques petits nuages et comme ça, je prouverai à Franck que c’est moi qui ai raison.

Merci d’avance,

Martin


Ma copine Christelle m’a demandé, pour en faire cadeau au fils de sa belle-sœur, une couverture de type Babynomade comme celle que j’avais confectionnée pour sa fille.

Polaire marron chocolat et polaire verte (Toto Tissus), biais bleu ciel (Toto Tissus), appliqués réalisés en feutrine bleue (Mercerie du marché Saint-Pierre) et en polaire verte

Christelle voulait une couverture épaisse, du coup, j’ai pris de la polaire brune double. Son neveu ne devrait pas avoir froid avec ça.

La bonne nouvelle, c’est que j’ai pu constater, en faisant cette couverture, que je couds plus vite. Au bout de ma troisième couverture de ce genre, c’est plutôt heureux.