Archive pour avril 2010

L’indiscipline des Ladies – suite et fin

Mercredi, 21 avril 2010

Se retournant, il vit dévaler des fruits et des légumes dans l’escalier. Voulant arrêter leur course, il posa son sac par terre. Malheureusement, ce dernier se renversa et ses achats se mêlèrent aux fruits et légumes qui tombaient dans l’escalier. A son tour, il jura et entreprit de ramasser ceux qu’il pensait lui appartenir.

Il leva la tête en entendant des pas dans l’escalier. C’était la jeune femme qu’il avait vue chez le maraîcher, celle qui était si bizarrement habillée. Il n’avait pas souvenir de l’avoir déjà rencontrée dans l’immeuble. Pourtant, Aline et lui y habitaient depuis près de 3 ans maintenant. Elle devait avoir dans les 25 ans et une lumineuse cascade de cheveux roux et bouclés ruisselait sur ses épaules. Ses yeux noisette avaient une lueur malicieuse et elle pouffa comme une gamine en le voyant accroupi.

Toujours souriante, elle s’accroupit près de lui et ramassa des courgettes et des aubergines, tentant, sans succès, de les caler sous son bras droit.

- Désolée, mon sac en papier s’est déchiré et mes courses en ont profité pour se faire la malle.

- Euh… oui. J’ai essayé de les arrêter mais dans le mouvement, j’ai bêtement renversé mon sac à provisions.

- Vous aviez des pommes, vous aussi ?

- Oui, des Pink Lady

- Sans doute ont-elles voulu rejoindre leurs copines. Les pommes sont très indisciplinées, vous savez ? Surtout les Ladies. Question d’égo sans doute. Ca fait un moment que je l’ai remarqué.

Sylvain sourit et sa gêne s’évanouit. Elle était rigolote. Et en plus, elle avait un accent charmant. Il coula un regard vers elle et vit qu’elle lui tendait la main.

- Emily Akminster. Enchantée.

- Sylvain Jorinion, de même. Vous avez emménagé récemment ? Je ne vous avais jamais vue ici.

Emily rit et lui dit qu’elle s’apprêtait justement à lui poser la même question. Ça faisait un an et demi qu’elle habitait là, au 4ème et dernier étage de l’immeuble.

Ils ramassèrent leurs fruits et légumes et Sylvain proposa qu’ils aillent chez lui pour les départager. Emily accepta et, entrant à sa suite dans la cuisine, elle lui demanda s’il pourrait lui prêter un sac. Ils parvinrent à tout répartir, sauf les pommes. Sylvain ne se souvenait plus combien il en avait pris et Emily non plus. Elle proposa de partager à parts égales mais Sylvain répliqua qu’il n’en avait besoin que d’une, pour son dessert. Elle lui demanda alors s’il mangeait seul et lorsqu’il acquiesça, lui proposa de partager la ratatouille qu’elle comptait faire pour le déjeuner. « J’en fais toujours dix fois trop et après je suis bonne pour en manger pendant plus d’une semaine ».

Sylvain sourit largement, amusé, et lui dit qu’il avait justement prévu de se faire une ratatouille, lui aussi. Il hésita, puis accepta sa proposition à la condition qu’il puisse l’aider. Il s’y connaissait, il était originaire de Provence, d’une petite ville près d’Aubagne. Elle ne connaîtrait sûrement pas, ça s’appelait Carnoux-en-Provence et c’était un peu paumé.

Elle s’écria, ravie, que si, si, si ! Elle connaissait Carnoux-en-Provence ! Elle y avait passé deux jours l’été précédent, lors d’un séjour d’inspiration dans le sud de la France.

Sylvain était curieux. Qu’était-ce donc qu’un séjour d’inspiration ? Emily lui expliqua alors qu’elle était peintre et lui promit de lui montrer quelques-unes de ses toiles après le déjeuner.

Son appartement sous les toits lui ressemblait. Il était grand, très clair, chaleureux, plein de guirlandes et de meubles aux couleurs vives. Elle avait une caille comme animal de compagnie et était décidément très drôle. Sylvain passa un très bon moment avec elle, à l’écouter parler de ses stupéfiantes découvertes en France. Elle racontait si bien. Ils rirent beaucoup, puis parlèrent un peu d’eux-mêmes, autour d’un second café.  Il ne vit pas le temps passer et lorsqu’il quitta l’appartement, il était 16h20.

Cinq heures ! Il avait passé plus de cinq heures avec Emily ! Il avait une étrange sensation, comme s’il s’était assoupi et se réveillait soudain, incertain de la limite entre le rêve et la réalité. Sur la table de sa cuisine, il retrouva sa pomme et sourit en repensant au commentaire d’Emily sur les pommes Pink Lady.

Secouant la tête, il se dirigea vers son salon, à court d’idées. S’affalant dans son canapé sur lequel il avait laissé son manteau, il sentit quelque chose le gêner. Il se redressa, saisit son manteau, pensant à ses clés dont le trousseau était décidément trop volumineux… et extirpa de la poche le petit écrin gris qu’il était allé chercher le matin même.


Mes bras ont passé l’hiver confortablement cette année. Ma belle-sœur m’ayant fait cadeau d’une de ses chaudes paires de guêtres, j’ai un jour eu l’idée de m’en couvrir les bras plutôt que les mollets (pour lesquels j’ai des chaussettes en laine hyper efficaces). Et je n’étais pas peu fière: du style, de l’originalité et mes bras au chaud, le top de la bonne idée. Les guêtres étaient noires et j’avais envie d’en avoir des marrons pour aller avec mon tablier d’hiver. J’ai ai donc tricotées, en côtes 2/2.

Laine Partner 6 de Phildar, tricotée avec des aiguilles n° 5

Rassurez-vous, je les ai finies il y a un moment déjà et j’ai eu l’occasion de les mettre quelques fois avant que ce satané printemps vienne nous coller son soleil en pleine figure.

L’indiscipline des Ladies

Mardi, 20 avril 2010

Ce jour-là, Sylvain s’était levé d’excellente humeur.

Il s’était enfin décidé, la semaine précédente, et ce jour-là, il allait demander à Aline de l’épouser.

Il bondit hors du lit, léger, soulagé. Il ne comprenait pas pourquoi il avait tergiversé aussi longtemps mais là, c’était bon, il savait enfin ce qu’il devait faire.

Aline avait raison. Ils n’étaient plus des gamins hésitants, ça faisait 6 ans et demi qu’ils étaient ensemble, ils s’étaient endettés sur vingt ans pour s’acheter leur appartement, ils s’aimaient et avaient des projets d’avenir communs. Un bébé ou deux, un appartement plus grand, peut-être une voiture… Le mariage était une étape logique dans leur vie de couple. Il avait bien réfléchi et Aline  avait raison. Et puis elle en avait très envie, il le savait bien. Il voulait lui faire plaisir et ça lui ferait certainement très plaisir qu’il la demande en mariage.

Elle revenait de Rome vers 19h. Il comptait aller la chercher à l’aéroport, l’emmener directement dîner dans un restaurant chic et lui demander sa main au dessert. Exactement comme dans la demande de mariage idéale qu’elle lui avait si souvent décrite. Elle serait ravie et sourirait largement lorsqu’elle dirait oui.

Après s’être habillé et avoir réservé une table dans un restaurant gastronomique près des Champs-Elysées, il sortit pour aller chercher la bague.

Il faisait beau dehors, malgré le froid mordant de ce début de mois de Mars et Sylvain y vit un signe. Convaincu d’avoir pris la bonne décision et d’enfin maîtriser son destin, il descendit la rue en sifflotant. Repassant son plan d’action en revue, il s’avisa que la seule question qu’il n’avait pas encore tranchée, c’était s’il attendrait qu’ils aient mangé leur dessert pour mettre un genou en terre ou s’il le ferait avant. Qu’est-ce qui serait le mieux ?…Bah, il verrait sur le moment, ce serait sans…

Un cri le fit sortir de sa rêverie. Il avait traversé le boulevard sans regarder et une voiture l’avait frôlé. Il repéra son sauveur sur la place, de l’autre côté du boulevard. C’était jour de marché et un homme en tablier l’observait, un chou-fleur à la main, depuis un étal de fruits et de légumes. Sylvain le remercia d’un signe de tête et d’un sourire et l’autre, après avoir brièvement touché sa casquette de la main, reporta son attention vers une cliente qui lui demandait comment étaient ses fraises.

Sylvain s’éloigna, et contourna la bouche de métro. Il avait décidé d’aller chez le bijoutier à pied, il faisait si beau. Le nez à nouveau en l’air, il profitait de Paris, de l’agitation ambiante et marchait d’un bon pas vers la place de la République.

Arrivé sur place, il lança un grand « Bonjour » en entrant, faisant tinter la petite clochette au dessus de la porte. Le vieux bijoutier délaissa la pierre qu’il était en train d’examiner au fond de la pièce et vint à sa rencontre avec un sourire. La bague était prête. Elle était discrète, en or blanc ornée d’une topaze, la pierre préférée d’Aline. Sylvain était content. Il était certain de ne pas se tromper, Aline lui avait montré cette bague, quelques temps auparavant, un jour qu’ils passaient devant la vitrine.

Il rentra chez lui d’un pas léger, les mains dans les poches, la gauche caressant le petit écrin gris dans lequel le bijoutier avait mis la bague. Décidément, tout se passait au mieux.

En repassant devant le marché, il chercha du regard le maraîcher qui lui avait crié de faire attention, quelques instants plus tôt et, sur un coup de tête, décida d’acheter de quoi déjeuner chez lui plutôt que de manger dehors. Il irait prendre un café en terrasse après.

Il se mit donc dans la queue et attendit son tour. Une jeune femme choisissait des fruits et des légumes tout en riant avec le maraîcher. Elle semblait le connaître, puisqu’elle l’appelait par son prénom. Elle était curieusement vêtue. Elle n’avait pas de manteau ni même de gros pull, mais un tee-shirt à manches courtes sur lequel elle avait passé un pull sans manches. Ses bras étaient couverts par d’étranges manchettes marron qui ressemblaient à d’épaisses guêtres. Peut-être lui tenaient-elles chaud mais sa tenue fit frissonner Sylvain qui reboutonna son manteau.

Quand vint son tour, Sylvain prit de quoi faire une ratatouille et quelques pommes Pink Lady, ses préférées.

Il rentra chez lui, ouvrit la porte de l’immeuble et s’engagea dans l’escalier. Il allait ouvrir la porte de son appartement quand il entendit un juron.

A suivre…
Ca faisait un bail que je n’avais pas posté. Je vous devais bien une histoire en deux parties… :)

De l’origine des nuages

Jeudi, 8 avril 2010

Cher Docteur Géo,

Je t’écris parce que mon copain Franck et moi, on n’est pas d’accord. C’est à propos des nuages.

Franck dit que les nuages sont des fantômes perdus qui cherchent leur chemin. Il dit qu’ils sont souvent tristes alors ils deviennent gris. Il dit que la pluie, ce sont des fantômes qui en ont marre d’être perdus alors ils pleurent parce qu’ils ont peur. Moi je lui ai dit qu’un fantôme, ça ne sait pas voler mais il dit que justement si, un fantôme, ça vole. Il dit que c’est même pour ça qu’ils ont un gros boulet avec des chaînes qui font du bruit, pour qu’ils restent près du sol, sans quoi ils s’envoleraient comme les ballons, à la foire. Quand on ne tient pas bien le ruban, hop ! Le ballon s’envole et après c’est trop tard.

C’est vrai pour les ballons mais je ne suis pas sûr qu’il a raison pour les nuages. Moi je crois que les nuages poussent dans la terre. Je crois qu’il y a des graines spéciales à planter, qu’il faut beaucoup arroser et puis que, quelques jours plus tard, les nuages sortent de la terre. Quand ils sortent, ils sont soit verts (c’est normal, hein, ils se prennent pour des haricots, ils ne savent pas encore qu’ils sont des nuages, c’est des bébés et c’est difficile pour eux de comprendre ça), soit bleus (ça, c’est quand leur graine était trop profondément plantée et qu’ils ont du se dépêcher de pousser pour ne pas mourir asphyxiés).

Après, quand ils sont mûrs, ils montent lentement vers le ciel et ils deviennent blancs. Ils vont rejoindre leurs copains qui flottent là-haut (comme nous, quand on court rejoindre les autres à la récré, sauf qu’eux, ils n’ont pas de jambes). Et puis ils voyagent autour de la terre, tous ensemble, en se racontant des blagues.

Je crois que les champs de nuages existent surtout près des montagnes parce qu’on voit souvent plein de nuages autour du sommet des grandes montagnes. Il faut dire qu’ils ont besoin qu’il fasse un peu froid pour bien grandir, les nuages. Quand il fait trop chaud, il n’y en a pas. La preuve, ils évitent les îles du genre Tahiti ou l’Ile Maurice. A chaque fois que je vois une photo de ces coins-là, il n’y a pas un nuage, le ciel est tout bleu. Je crois que les nuages n’aiment pas ces endroits-là. Et puis une autre preuve, c’est qu’en hiver, il y a vachement plus de nuages dans le ciel qu’en été. Ils recherchent surement le froid.

Alors en fait, quand il y a trop de nuages, ça peut faire un embouteillage et ça, ce n’est pas terrible. Ce n’est pas gai pour nous, les humains, on ne peut plus voir le soleil, après. Par exemple, dans le nord de la France, il y a souvent beaucoup de nuages. Mon cousin Quentin habite à Lille et à chaque fois que je vais chez lui, il fait moche. Je crois que là-bas, il y a souvent des gros embouteillages. Comme au péage de Saint Arnoult, quand on part en vacances. On est bloqués parce qu’il y a plein de voitures qui veulent passer et Papa, ça le met de mauvaise humeur, surtout qu’il faut attendre super longtemps. C’est pareil pour les nuages, ils ne peuvent plus bouger, ils doivent attendre et des fois, ça dure des jours et des jours.

Moi je crois que pour résoudre le problème des embouteillages, il y a des nuages qui se sacrifient. Ce sont les plus noirs, ceux qui ont beaucoup voyagé et qui sont donc tout sales. Ils se transforment en eau, l’eau tombe par terre, c’est la pluie, et du coup, ça fait plus de place pour les autres nuages.

Alors Docteur Géo ? Qu’est-ce que tu en penses ? J’ai bon, non ?

Dis, est-ce que tu pourrais m’envoyer des graines de nuages ? Je les planterais, je ferais pousser quelques petits nuages et comme ça, je prouverai à Franck que c’est moi qui ai raison.

Merci d’avance,

Martin


Ma copine Christelle m’a demandé, pour en faire cadeau au fils de sa belle-sœur, une couverture de type Babynomade comme celle que j’avais confectionnée pour sa fille.

Polaire marron chocolat et polaire verte (Toto Tissus), biais bleu ciel (Toto Tissus), appliqués réalisés en feutrine bleue (Mercerie du marché Saint-Pierre) et en polaire verte

Christelle voulait une couverture épaisse, du coup, j’ai pris de la polaire brune double. Son neveu ne devrait pas avoir froid avec ça.

La bonne nouvelle, c’est que j’ai pu constater, en faisant cette couverture, que je couds plus vite. Au bout de ma troisième couverture de ce genre, c’est plutôt heureux.