Paulette se tenait debout au milieu de sa cuisine, les mains sur les hanches.
Mais ce n’était pas possible, ça ! Qu’avait-elle donc fait de ces fichues bouteilles de lait ? Ca faisait au moins dix minutes qu’elle les cherchait et elle n’arrivait pas à mettre la main dessus.
Elle ouvrit une fois de plus les placards de sa cuisine, sachant pertinemment qu’elle ne les y trouverait pas. Agacée, elle pinça les lèvres et réfléchit à ce qu’elle avait fait la veille en rentrant des courses.
Ah mais bien sûr ! Ca lui revenait maintenant.
Elle s’agenouilla lentement puis, se penchant en avant, elle regarda sous le meuble qui jouxtait la cuisinière.
Eh ben voilà ! Elles étaient là, les voyoutes !
S’appuyant d’une main sur le carrelage froid, Paulette tira de l’autre l’une des bouteilles de lait de croissance alignées sous le meuble.
Elle se releva avec difficulté, grimaçante. Elle ne faisait peut-être pas son âge, avec ses cheveux soigneusement teints en auburn et son maquillage toujours impeccable, mais ses os, eux, ne la laissaient jamais oublier qu’elle avait quand même 67 ans.
Il faudrait qu’elle trouve un endroit plus commode pour ranger le lait, à l’avenir. Sous le meuble, ce n’était tout simplement plus de son âge.
Posant la bouteille sur la table recouverte d’une toile cirée, elle s’assit pour souffler. Elle tendit l’oreille mais elle n’entendit rien.
Lucile dormait encore. Elle faisait de très longues siestes ces derniers temps. Sans doute la rhino-pharyngite qui la fatiguait beaucoup, la pauvre. C’était la troisième en un mois tout de même ! Il fallait dire qu’elle n’était pas assez couverte, la pauvre bichette, pas étonnant qu’elle tombe malade sans arrêt !
Paulette soupira et se souvint alors des guêtres que lui avait apportées la nouvelle voisine du cinquième, en début d’après-midi.
Elle les avait posées sur l’une des étagères de la bibliothèque, dans le salon, mais elle se connaissait, elle était fichue de les oublier là et de passer ensuite un bon moment à les chercher. Elle se leva pour aller les ranger.
Elle était franchement sympathique, la nouvelle voisine. Plus que l’autre, l’ancienne fiancée du jeune homme du cinquième. Agréable comme une quinte de toux, celle-là. Pas un bonjour, pas un bonsoir, pas un sourire, pas un mot quand Paulette la croisait. Tandis que la petite Alix était venue se présenter. Ca ne se faisait plus tellement maintenant et Paulette avait apprécié le geste.
Elle lui avait offert un café et elles avaient papoté un petit moment avant qu’Alix ne doive retourner au bureau.
Elle avait meilleure mine que la veille dans le hall, quand même, hein. Quand Paulette était rentrée du square avec Lucile, Alix était à quatre pattes près des boîtes aux lettres. Elle était si pâle que Paulette s’était inquiétée. Manifestement, elle avait reçu de mauvaises nouvelles. Mais elle n’avait pas l’air triste quand elle était passée. Au contraire, elle était toute gaie.
Paulette prit les guêtres sur l’étagère et se dirigea vers le canapé près duquel elle pensait avoir vu le sac de Lucile.
Non, vraiment, elle était très bien, cette petite Alix. Et puis ce cadeau qu’elle avait apporté pour Lucile, c’était adorable ! Quelle bonne idée, ces guêtres. Et en laine véritable, en plus.
Paulette n’avait pas bien compris comment Alix avait pu acheter des guêtres par erreur mais ça n’avait pas vraiment d’importance. Avec ça, Lucile tomberait peut-être moins souvent malade.
Le sac contenant les affaires de Lucile était effectivement au pied du canapé. Finalement, il était très pratique, ce sac, avec ses grandes poches latérales. Paulette n’aimait pas spécialement les sacs « ethniques » mais elle trouvait celui-ci plutôt pas mal et relativement discret malgré ses gros boutons jaunes et le tissu africain dont étaient faites les poches. Elle glissa les guêtres dans l’une des larges poches extérieures, puis se ravisa et alla les poser sur la poussette de Lucile dans l’entrée. Elle les lui mettrait pour aller au square, tout à l’heure.
En retournant à la cuisine, elle repensa à la phrase d’Alix : « Alors voilà, j’ai pensé à les offrir à votre petite fille », et à sa réponse : « Ah mais vous vous trompez, mademoiselle, je n’ai pas de petite fille ! » et elle se retint d’éclater de rire.
La tête qu’Alix avait faite ! Les yeux ronds, la bouche ouverte, surprise totale !
Ah ça, Paulette savait ménager ses effets !
Alix avait bredouillé un début de phrase. Paulette avait été tentée mais elle n’avait pas fait durer le suspense longtemps, elle ne voulait pas qu’Alix pense qu’elle avait un rouage voilé et elle avait tout de suite expliqué.
Bon, c’était vrai qu’elle n’avait pas le profil d’une nounou, avec son air de bourgeoise soignée. En la voyant avec la petite, on la prenait souvent pour sa grand-mère, mais Lucile était en réalité la fille d’Amina, sa voisine du dessous. Et Paulette la gardait régulièrement depuis à peu près un mois et demi.
Ça avait d’ailleurs commencé d’une façon totalement invraisemblable, cette affaire.
A suivre…








Ah ben mince, mais je croyais qu’on allait (au moins !) voir un sac à langer avec des boutons jaunes et des poches en wax, histoire de nous faire patienter jusqu’au week-end prochain !! Si tu commences à nous tenir en haleine avec tes cousettes en plus de tes histoires, on va où ???
comme d’habitude : la suite, la suite!!
belle journée
C’est clair!!! Où vas-t-on!!!!
Encore une plaisir de te lire Tasticottine
Tout comme Caro ! Où sont les boutons jaunes, et les poches sur les côtés ?
Et comment donc c’est arrivé cette histoire avec la voisine du dessus ?
Hein ?
On veut tout savoir !
Bisettes de l’impatiente
Moi aussi je m’attendais au sac à langer à boutons jaunes.
La suite! La suite!
Bravo encore une fois c’est un vrai plaisir de te lire!
Pas d’inquiétude Caro! Il y aura un sac, c’est sûr! Demain.
Merci Adeline! La suite demain.
Merci Didou!
Coucou l’impatiente! Tu sauras tout demain. Et en prime, tu auras des boutons jaunes et des poches sur les côtés.
Ah mais Laurianne, je ne vais pas vous laisser comme ça, je poste la suite et le sac (qui n’est pas à langer d’ailleurs) demain!
Moi aussi je m’attendais à le voir ce superbe sac ethnique. Biz !
C’est demain la suite, c’est ça? J’ai hâte… En plus, je serai dans le train Paris-Bruxelles…
Je suis comme les coupinettes je reste sur ma faim, mais ou est donc ce sac aux couleurs prometteuse et qu’est-il arrivé à la maman de Lucille ? Avec le décalage horaire j’aurais peut être une chance de te lire en sirotant mon café demain matin avant d’aller travailler.