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Les roses de Vendée

Vendredi, 20 août 2010

C’est la rentrée! Et comme tu le sais, rentrée = nouveautés, c’est ce qui la rend sympathique. Donc j’ai décidé d’inaugurer de nouvelles catégories sur ce blog. Et ça commence aujourd’hui.

Coupine, je te présente le premier billet de la catégorie « Aiguille déplumée » (c’est CharmingPrince qui a trouvé ce nom parfaitement adéquat à l’esprit de ces billets). Bref, trêve de blabla, place à l’aiguille!


Ma belle-soeur, maman de deux poulettes à croquer, aime beaucoup la marque Papa pique et Maman coud. Elle a flashé sur un coupon de coton rappelant le style madras et m’a demandé de faire des petites choses pour ses petites blondes.

J’ai fait un ensemble tiré des « Intemporels pour Bébés » pour sa cadette de 13 mois et une robe smockée pour son aînée de 3 ans et demi. Il me reste encore du tissu alors peut-être bien que la petite dernière aura à son tour une robe l’an prochain…

Matériaux utilisés:
- coton rose (Papa pique et Maman coud), coton violet (Marché Saint-Pierre), boutons (de mon stock perso), biais rouge (marché de Vendée)

Les challenges du jour:
- Coudre un tout petit modèle (mon premier).
- Coudre ailleurs que dans mon confortable environnement habituel
- Faire une robe qui plaise à Margot, en pleine période « princesse » (m’enfin vu que le tissu était rose, j’avais de bonnes chances d’y arriver).

Le tuto derrière tout ça:
Alors, le tablier de la choupette est tiré des Intemporels pour Bébés, taille 12 mois. Le sarouel assorti est également tiré du même livre.

En revanche, j’ai fait un patron maison pour la robe de Margot.

Changements de plan en cours de route:
Aucun.

Ce qui m’a franchement plu:
- Les deux pans froncés au bas de la robe de Margot. Je déteste toujours autant les fronces mais là, les largeurs de tissu que j’avais prévues étaient nickel et au final, ça donnait une jolie robe qui tourne.

- Je voulais que le haut de la robe soit plus près du corps sans pour autant serrer à mort à cause d’un trop grand nombre de smocks. J’ai donc fait des smocks plus espacés. Résultat: une robe plus confortable et qui fait petite fille et non bébé.

-  La joie de Margot et ma promotion au rang de « copine de moi ».

- Ca va super vite de coudre pour un bébé. Le tablier et le sarouel étaient pliés en une soirée (le truc qui ne m’arrive JAMAIS d’habitude, je suis plus tortue que lièvre en couture, je trouve)

Ce qui m’a franchement barbée:
- Faire des fronces à la main (rien de neuf sous le soleil).

- Faire des boutonnières sur le haut du tablier. C’est tout piti et en plus les rentrés de couture font des bosses sur les côtés. Bref, j’ai galéré et l’une des boutonnières est un désastre complet. Du coup, j’ai pris une décision: terminé de mettre des boutonnières sur des vêtements d’enfants de moins de 3 ans. Je mettrai des pressions à la place.

- Faire un ourlet à la robe de Margot. D’autant que j’avais peur qu’elle soit trop courte si je faisais un ourlet classique. J’ai donc opté pour du biais comme sur ma robe, ce qui ne m’a fait « perdre » qu’un demi-centimètre en bas de la robe.

Ce qu’on peut retenir de tout ça / Si je devais recommencer:
- Je regarderais mieux les tailles avant de décalquer le patron dans les « Intemporels pour bébé ». J’ai fait un sarouel en taille 18 mois pour la choupette de 13 mois et c’était carrément trop grand. J’en ai refait un en taille 12 mois plutôt que de bidouiller le premier (ça finit souvent mal les bidouilles, chez moi). Finalement, ça taille plutôt bien, je trouve.

- Si je devais recommencer la robe de Margot, je mettrais du croquet au niveau de l’ourlet. Autrement, je ne changerais rien du tout.

La p’tite idée qui fait du bien:
Si tu procèdes comme moi quand tu fais des smocks, tu te sers sans doute, chère coupine, de la largeur de ton pied comme guide pour que tes lignes de smocks soient bien parallèles? Ce qui est pratique mais qui impose aussi la largeur de l’espace entre les smocks (pour moi, c’est 0,5 cm). Et bien, figure-toi qu’il te suffit, si tu veux faire des smocks plus espacés, d’en faire comme d’habitude, puis de retirer une ligne sur deux ou une sur trois, selon ton bon désir.

La couleur du paradis

Samedi, 19 décembre 2009

LunaStar4Ils étaient partis!
Ils étaient tous partis et ils l’avaient laissé là!
Purple avait mis du temps à comprendre que ses compagnons crocodiles avaient levé le camp sans lui.Il avait cherché partout: dans la mangrove, dans le fleuve, sur les rives. Mais il n’y avait plus personne. Ils étaient partis sans lui.

Il avait envie de pleurer. Il se sentait seul et il avait peur. Il ne comprenait pas.
L’avaient-ils oublié ? L’avaient-ils sciemment abandonné ?
Mais qu’avait-il fait pour qu’ils le punissent ainsi ? Il avait toujours été le marginal de la troupe mais il pensait en faire partie quand même.
Que s’était-il donc passé ? En avaient-ils eu marre de ce qu’ils appelaient « ses excentricités » ?

Purple était un crocodile particulier. Il aimait les couleurs de l’aube et du crépuscule, il humait les fleurs et regardait voler les papillons colorés. Il n’avait pas la froideur et le cynisme des autres crocodiles de la troupe. Il n’aimait pas chasser mais quand il était obligé de le faire pour se nourrir, il ne s’attaquait qu’à des animaux adultes, jamais à des petits, sa conscience le lui interdisait. Son comportement irritait les autres, qui le trouvaient précieux et trop enclin à la sensiblerie.

Il n’y avait pas que son comportement qui marginalisait Purple. Il était né violet, entièrement violet. Personne ne savait ni pourquoi ni comment c’était possible. De mémoire de crocodile, ça n’était jamais arrivé.
Purple avait subi les quolibets et les brimades de ses congénères toute sa jeunesse à cause de cela. Il avait prié pour que sa peau prenne la même teinte indéfinissable que celle des autres crocodiles mais il n’avait pas changé de couleur en grandissant, il était resté d’un violet franc et il avait fini par accepter son sort.

Parfois, il lui arrivait de se trouver beau comme l’aube avec sa carnation mauve. Mais le plus souvent, il vivait sa couleur comme un fardeau. Elle le rendait facilement repérable. Et les chasseurs étant nombreux dans la région du sud de la Floride où il vivait, sa communauté et lui étaient particulièrement vulnérables du fait de son violet éclatant. A cause de lui, beaucoup de ses congénères avaient été capturés et tués. A cause de lui, si visible dans le camaïeu de verts sombres du fleuve et de ses abords, les autres vivaient dans la peur permanente d’une attaque de chasseurs…
Etait-ce à cause de cela qu’ils étaient partis dans la nuit ? Etait-ce à cause de sa peau ?

Purple sentit les larmes lui baigner les yeux.
Où étaient-ils tous partis ?
Qu’allait-il faire, maintenant ? Où devait-il aller ?
Il était tout seul. Tout seul.
Qu’allait-il devenir ??

Soudain, à travers ses larmes, il vit quelque chose de coloré tomber sur la surface du fleuve à quelques mètres de lui. Il s’approcha et reconnut une plume. Une plume rose, une plume superbe. Elle dansait là à la surface de l’eau verdâtre, éclatante dans cet écrin sombre.
Purple n’osait pas trop s’approcher, il avait peur que la plume s’enfonce dans les remous qu’il pourrait créer. Il ne la quittait pas des yeux, il était comme hypnotisé. La plume lui fit oublier son chagrin et sa peur. Elle était si belle ! Il n’avait jamais rien vu de plus beau, aucune fleur, aucun lever ou coucher de soleil ne pouvait rivaliser avec cette plume.

Malheureusement, malgré ses précautions, au bout de quelques minutes la plume coula. Purple en fut désespéré. Il essaya en vain de la retrouver sous l’eau et se sentit misérable en remontant à la surface.
C’est alors qu’il aperçut l’oiseau à qui appartenait la plume. Un oiseau éblouissant, entièrement rose fushia, qui le fixait d’un oeil admiratif depuis une branche surplombant le fleuve. Purple n’en crut pas ses yeux, émerveillé par l’intensité de ce rose. Quand l’oiseau se mit à chanter, Purple fut enchanté par la voix cristalline de cet oiseau de paradis. Il eut l’impression que l’oiseau chantait pour lui et cette pensée lui fit plaisir. Peut-être que l’oiseau le trouvait beau ? Peut-être que l’oiseau aimait sa couleur violette?

Soudain l’oiseau s’envola et se posa dans un arbre un peu plus loin. Purple, qui avait retenu son souffle lorsque l’oiseau avait quitté sa branche, fut ravi de le voir se poser et tout heureux de constater que l’oiseau le fixait. Il s’approcha de l’arbre, tout doucement, et l’oiseau se mit à chanter. Puis il s’envola vers l’arbre voisin.
Après quelques minutes de ce manège, Purple comprit que l’oiseau fushia voulait qu’il vienne avec lui. Cela lui causa un plaisir immense.

Il ne savait pas où cet oiseau, sans doute descendu du paradis, voulait l’emmener mais cela n’avait pas d’importance. Il oublia sa peine, il oublia sa peur et sans un regard derrière lui, il se mit à suivre l’oiseau rose fushia.

Ma copine LunaStar est une excellente maquilleuse auprès de qui j’ai appris une bonne partie de ce que je sais dans le domaine du maquillage. Elle participe en ce moment à un show autour de la beauté, alliant maquillage, coiffure, cosmétiques et créations, le JuneBeautyShop spécial Noël, et elle m’a demandé de lui coudre une tenue et une ceinture de maquilleuse.
Elle a choisi ses couleurs (violet et fushia) puis m’a laissé carte blanche. Merci beaucoup de ta confiance Luna !
Voici donc la ceinture de maquilleuse :

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Skaï violet (Stop Tissus), popeline fushia (Marché Saint-Pierre), attache en plastique noir (trouvé dans la maison)

Le skaï, c’est assez compliqué à coudre. J’ai dû utiliser du papier de soie pour qu’il glisse sous le pied de Jane. Malgré ça, Jane s’est rebiffée lors de l’assemblage final et a refusé catégoriquement de coudre le bas de la ceinture. Elle piquait (sans doute par acquis de conscience) mais il n’y avait pas de fil, je pense qu’elle n’arrivait pas à traverser toutes les épaisseurs en fait. J’ai donc dû faire la couture à la main et je frissonne encore d’effroi au souvenir du moment où j’ai compris que c’était la seule solution (je déteeeeeste les coutures à la main).

La tenue comprend un pantalon et une veste style kimono :

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Popeline violette (Tissus Myrtille – L’Entrepôt de Nantes), popeline fushia (Marché Saint-Pierre), galon fushia (Fil 2000).

Pour le pantalon, j’ai réutilisé le patron du magazine « Fait Main » avec lequel j’avais fait le pantalon de ma tante et j’ai rajouté deux bandes roses sur les côtés.

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Pour le haut, j’ai fait deux prototypes avant d’entamer mon coupon. La veste s’attache comme un cache-cœur, j’ai laissé une ouverture des deux côtés pour qu’elle puisse choisir dans quel sens elle préférait l’attacher. Les arrondis me tueront, je pense, parce que je n’ai pas pu m’empêcher d’arrondir le décolleté et les pans de la veste. Donc j’ai galéré : impossible d’ourler un arrondi sans que ce soit moche (ou alors il y a un truc que je ne connais pas encore). Donc j’ai cherché une autre solution et finalement, j’ai doublé les bords de la veste avec du fushia, ce qui a éliminé mon problème d’ourlets arrondis.
J’avais envie de broder le haut et j’ai utilisé les maigres ressources de Jane pour ce faire (vraiment maigrelettes, ses ressources, ça m’a donné envie de changer de machine).
Touche finale : j’ai mis son logo sur le dos de la veste.

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Le roi du bitume

Vendredi, 6 novembre 2009

Faut que tu fasses gaffe à tes miches Guido. Faut que tu te tiennes à carreau.
Ce type plaisante pas, tu piges? C’est un tueur, Guido, rien de moins!
Alors si t’as pas envie de te faire rectifier le portrait, faudrait voir à te garer sur le bas-côté et à laisser passer le bolide, si tu vois ce que je veux dire…

Tu vois pas?

Non mais t’es très myope ou très con, Guido?

T’as pas remarqué que le quartier a changé depuis qu’il s’est installé, ce Vittorio Patron? T’as pas noté que tous les petits caïds du dimanche se sont rangés et ne mouftent plus depuis que ce type parade dans le coin?
C’est la fin de la bringue, Guido, la fin de l’âge d’or. Tiens, même les toiles cirées la jouent docile devant Vittorio Patron. Et pourtant, tu les connais: y’a pas plus récalcitrantes que ces vieilles filles rigides par ici.

Guido, un type qui s’appelle « Patron » et qui débarque avec ses cousins de Burda pour nous « simplifier la vie » comme il dit, moi ça me fait clignoter l’œil droit.

Et tu sais ce que ça veut dire quand mon oeil droit clignote Guido? Ca veut dire: « Alerte, c’est la merde! ». Ça veut dire qu’on a les pieds dans le béton, Guido et qu’il va falloir en sortir avant qu’il durcisse et qu’on se retrouve au fond de l’eau.

Parce que tout ça, ça sent le bandit italien si tu vois ce que je veux dire…

Quoi? Tu sens rien? D’accord, j’ai ma réponse: t’es juste très con en fait, Guido. Y’a vraiment des jours où je comprends pas comment c’est possible qu’on soit cousins, toi et moi… C’est une image, Guido! Je te parle de la M.A.F.I.A., tu piges???

Bon, à ce qu’on dit dans le quartier, le Vittorio a surtout la bande des Jerseys dans le collimateur. Il paraît qu’à partir de maintenant, ils vont tous devoir passer par lui pour le business. Apparemment, Vittorio trouve qu’ils font trop n’importe quoi, ces mecs. Bon c’est vrai qu’ils sont totalement fripés les Jerseys. Et vas-y que je refuse la craie. Et vas-y que je m’étire. Et vas-y que je roulotte… M’enfin ils n’ont jamais écrasé les orteils de personne. Ils sont inoffensifs ces pauvres gars.

Tu le manges pas, ton sandwich? Je peux…?

Merchi…chomp chomp… Me prends pas pour un satin, Guido! Je sais bien qu’on n’a rien à voir avec les Jerseys, nous les Lins. Faut voir plus loin que le nid-de-poule sous ta roue, Guido! Faut regarder l’horizon! C’est de notre avenir que je te cause, là, Guido. Vittorio et sa bande ont l’air décidés à tout régenter par ici. Et nous, on va faire comment si on veut continuer à faire les choses à notre façon, en direct sur tissu? Hein on fait comment pour pas passer par ces mafieux? Tu peux me le dire Guido? On fait clairement pas le poids.

Mais non, je ne te parle pas de TON poids, Guido, te chiffonne pas comme ça, ho!

Tiens, passe-moi ta bière steuplé… schluuuurp schluuuurp

Ce Vittorio Patron, c’est un vrai dur, il va nous casser tous nos plans sauvages. Si on fait pas gaffe, on va finir par y passer aussi, Guido. Ils vont nous faire la peau si on se planque pas. Et moi j’ai pas envie qu’on finisse en biais.

Alors, je te le dis: tu ne bouges pas jusqu’au printemps. Tu te trouves un coin et tu te planques. Tu hibernes. Tu fais le fil invisible, quoi. Au printemps, ça va se réchauffer et on aura à nouveau la cote. On sera à la fête et là, on pourra poser nos conditions. Là, on pourra refuser l’accès au quartier à Patron et à sa bande. On peut reconquérir le quartier, Guido. Mais faut attendre le printemps.

Nan, Guido, y’a pas de dernier gros coup d’automne qui tienne! Tu stoppes tout, tout de suite, tu m’entends?! TOUT DE SUITE!

T’es pas au courant de ce qu’ils ont fait au petit nouveau, tu sais le lainage chiné là, le type de Sarcelles?

Ils l’ont dézingué, Guido! Patron et sa bande. Pas plus tard que Mardi.

Eh ouais. Ca rigole pas.

En même temps, je te l’avais dit qu’il ne ferait pas long feu celui-là: trop fuyant, trop lourd, trop fourbe. Et en plus il s’effilochait pour un oui ou pour un non.

Tu me crois pas? Voilà des photos. Les cotonnades et moi, on les a faites en douce avant que l’alerte soit donnée.

C’est pas un temps à jouer les divas, Guido. Faut se planquer. Et moi je suis venu te prévenir.

Ta tartelette, là, elle est à la framboise? Je peux…?





Lainage légèrement élastique (Marché de Sarcelles), élastique (trouvé dans ma boîte à élastiques et biais).

Ceci est le premier vêtement pour adulte que je fais au moyen d’un patron du commerce.

J’ai trouvé le patron de ce pantalon élastiqué à la taille et aux jambes légèrement évasés dans un vieux magazine « Fait Main » d’Avril 99 acheté lors d’une brocante.

J’appréhendais un peu mais en fait, ce fut une vraie promenade, la confection de ce pantalon. Ce n’est pas trop difficile de suivre les courbes d’un patron au milieu du fouillis d’une planche à patrons. Et le tissu dont je pensais qu’il me ferait des misères (il était légèrement extensible) ne m’en a pas fait tant que ça.

Bref mes amis, ceci est l’avènement d’une ère nouvelle: celle des patrons du commerce.

Ce pantalon est pour ma Tantie A. Je n’ai pas fait l’ourlet, je voulais qu’elle l’essaye afin de l’ajuster. Il lui va comme un gant (va falloir me croire sur parole, je n’ai pas de photo) et elle va faire l’ourlet toute seule. Oui, parce qu’elle aussi s’est mise à la couture, il y a peu. :)