Au bout du mot: wax
La première, cet été
Coucou coupinette, ça va?
Ca fait un moment que je n’étais pas venue tailler une bavette avec toi, prise que j’étais par l’Enterpraïze. Là, j’ai un peu de temps pour souffler (et blogguer) alors j’en profite (tu penses!).
Néanmoins, ce que j’ai compris ces dernières semaines, c’est qu’il est illusoire de penser que je vais pouvoir continuer à gérer la Tasticottie comme avant. C’est-à-dire que je ne peux plus soutenir la multiproduction « historiette + cousette + photos + post » à un rythme digne d’un blog. Je n’ai plus le temps, chère coupinette, plus du tout. Je cavale trop pour avoir le temps et la sérénité nécessaire à l’élaboration d’une historiette assortie à chacune de mes couturettes.
Mais non, ne te mets pas à trembler voyons! Je ne suis pas en train de t’annoncer que j’arrête de blogguer! Pas du tout, ma chère, tranquillise-toi! Non, ce que je suis en train de te dire, c’est qu’à partir de dorénavant, je vais décorréler mes posts « historiettes » de mes posts « couture ». Quand j’aurai un bout de feuilleton à poster, je n’hésiterai pas (il y en a un en gestation en ce moment, m’enfin d’ici que j’en accouche, on a le temps de prendre un paquet de rides, crois-moi!). Et quand j’aurai cousu quelque chose, je ne m’empêcherai plus de me précipiter pour te faire admirer mon oeuvre. Autrement dit, je lâche prise (j’adore utiliser des expressions fourre-tout, le week-end) et je poste ce que j’ai au moment où j’ai l’impulsion de poster. Tu vois le topo?
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Bon, ceci étant établi, parlons couture. Parce que tu vois, je cours, je cours mais je couds beaucoup aussi. Et donc, j’ai pleiiiiin de choses à te montrer. Pas du tout de saison, les choses, hein, m’enfin bon…
Donc, cet été, j’ai été prise d’une « robite-de-pépounette » aiguë. Et de ma chère Marguerite (je t’ai dit qu’entre Jane et moi, c’était fini et que maintenant, j’étais avec Marguerite? Non? Bon, je t’en reparle en fin de post), je disais donc que de ma chère Marguerite sont sorties plusieurs petites robounettes pour ma pépette. Celle-ci, je l’ai cousue en… Juin, je crois (ben voui, je te l’ai dit, j’ai plusieurs wagons de trucs à te montrer, prépare-toi à un « revival de l’été 2012″, coupine).
Les paris:
- Modifier un patron de robe en profondeur.
- Ajouter des poches rigolotes.
Recette:
- Robe trapèze des Intemporels pour Bébés.
- J’ai utilisé le formidable tuto d’Elilou pour les poches passepoilées.
Ingrédients:
Wax (acheté à Dakar cet hiver- que n’en ai-je pris plus!!! Je l’adore! J’aurais dû écouter ma mère), cotonnade à pois (Marché Saint-Pierre), fermeture éclair invisible (mercerie de Charonne), ruban satin (de mon stock)
Grains de sel:
- J’ai remplacé le système de fermeture sur les bretelles par une fermeture éclair invisible dans le dos.
- J’ai modifié les emmanchures et l’encolure.
- J’ai ajouté des poches.
Le franchement plaisant:
- Je suis plus que fière de ma pose de fermeture invisible, coupine. Elle est prise en sandwich entre le tissu et la paremeture, nickel propre comme tout.
- Je roucoule aussi d’aise d’avoir réussi à coudre directement ma parementure au niveau du col ET des emmanchures. un jour, si tu veux, je t’expliquerai comment j’ai fait.
- La robe va bien à ma poupinette. Elle a voulu la mettre avant même que j’aie fini l’ourlet (ce que tu peux voir sur les photos « portées »).
Le franchement barbant:
J’ai beau chercher, il n’y a rien qui me revient, là, tout de suite à l’heure où je t’écris. J’en déduis donc qu’il n’y a eu aucun traumatisme ou agacement durable lors de la couture de cette robette.
Do it again:
-Si je devais la refaire, je ferai des poches plus profondes, ma digne fille adorant ça.
-Je me tâte pour une version à manches longues et aux mêmes poches passepoilées pour l’hiver.
La p’tite idée qui fait du bien:
Ce n’est pas une idée, c’est une nouvelle: Jane et moi, c’est donc fini… Oui, c’est moi qui ai rompu… Ben elle a eu du mal au début mais je lui ai promis qu’on resterait amies alors bon… Non non, j’ai gardé l’appart. Mais j’ai été très sympa, tu sais, coupinette? Je l’ai nettoyée de fond en comble, j’ai rassemblé tous ses accessoires et je l’ai rangée dans sa boîte avant de la descendre à la cave.
Comment? Tu plaisantes? Bien sûr que non, je ne lui ai pas parlé de Marguerite! A quoi bon? C’aurait été cruel, Marguerite est tellement plus… classe, confortable, silencieuse, pleine de ressources ( et de points).
Marguerite, je l’ai eue pour mon anniversaire. J’avais très subtilement laissé entendre qu’il n’y aurait que ça pour me faire plaisir et tu sais quoi? Les membres de ma famille et de ma belle-famille m’ont tous donné des sous pour me l’offrir. Marguerite est une Brother Innovis 30, une machine à coudre dite électronique, et je vais te dire, coupinette, l’adage « on prend vite goût au luxe » est totalement et profondément fondé. Je ne retournerais pour rien au monde vers une machine à coudre mécanique.
Jane? Ben je lui ai dit que je la donnerais à ma poussinnette sitôt qu’elle serait en âge de s’en servir (parce que OUI, si j’ai mon mot à dire, coupine, Poussinnette fera de la couture!). Sauf que j’ai trouvé récemment chez Emmaüs une petite soeur à Marguerite (petite soeur sur laquelle j’espère que Poussinnette fera ses premiers points de couturière). Jane va attendre longtemps dans son carton, je crois…
TEC n°5
Bon, je reprends mes bonnes habitudes, coupinette. Et donc, pour ce premier jour de Juin, j’ai fait un TEC.
En l’occurence, dans les chutes d’une couturette que je te montrerai bientôt, j’ai fait deux culottes pour ma pépétounette. Elle ne marche plus à quatre pattes, donc pas de raison qu’on voit sa couche, mais je trouve ça mignon, une culotte cache-couche-moche.
Recette:
J’ai trouvé le patron dans le Burda de Juin 2010.
Le franchement plaisant:
- Ces culottes étaient hyper simples à coudre (patron en une seule pièce) et ça, coupinette, ça fait du bien, parfois.
- J’aime beaucoup le rendu de ces culottes. La prochaine fois, je mettrais peut-être des petits volants, histoire qu’elle ait un maillot de bain cache-couche-pour-bain-moche.
Le franchement barbant:
- Faire les coulisses pour les élastiques aux jambes. Bien évidemment, je n’ai pas lu les instructions du Burda (tout le monde sait qu’ils parlent une autre langue, dans ce magazine, au niveau des explications). Et donc bien évidemment, je n’ai pas utilisé de biais ou de bandes de tissu supplémentaire pour faire ces satanées coulisses. Et bien évidemment, j’ai galéré pour faire mes ourlets (note pour plus tard: arrêter de flemmasser, lire les explications et suivre les recommandations). La prochaine fois, j’utilise du biais pour les coulisses, c’est clair.
- Flemme toujours, je n’ai pas mesuré le tour de taille de ma pépette. Et donc j’ai coupé l’élastique de la taille au jugé. Il était bien trop grand et comme j’avais refermé les coulisses des deux culottes, j’ai dû me faire violence pour découdre, réduire la taille de l’élastique et refermer.
Ce que je vais en faire:
Les mettre à ma poulette avec la couturette assortie. Peut-être les utiliser en maillot de bain cet été.
D’autres TEC ?
Pour ça, il suffit d’aller voir là. Merci encore Séverine!
Prochain TEC:
Bon, autant ne pas se voiler la face, j’ai peu de temps en ce moment (doux euphémisme), donc je pense que mon prochain TEC ne verra le jour que le 1er Juillet.
La France rêvée (#2)
Sa belle-mère ne lui pardonnerait jamais, elle le savait. Elle ne lui pardonnerait jamais d’avoir épousé son fils. Elle ne lui pardonnerait jamais leur rencontre à Dakar, alors que Lucas était en stage d’été à la Sonatel et qu’elle fêtait l’obtention de son bac. Elle ne lui pardonnerait jamais leur mariage, six mois à peine après leur rencontre. Elle ne lui pardonnerait jamais de l’avoir rejoint en France, un an plus tard. Elle ne lui pardonnerait jamais de faire partie de sa vie.
Elle ne lui pardonnerait jamais. Jamais.
Amina se mordit les lèvres et essuya la larme qui roula sur sa joue d’un geste rageur. Il avait commencé à pleuvoir et elle accéléra encore le pas.
Non elle n’avait pas gâché la vie de Lucas. On peut se marier à 23 ans et être heureux, on peut épouser une femme de 18 ans rencontrée en boîte de nuit à l’autre bout de la terre et être heureux. Lucas était heureux avec elle, elle en était sûre.
Elle n’avait pas perturbé sa vie. Il terminait sa seconde année d’école d’ingénieur quand ils s’étaient rencontrés. Il avait obtenu son diplôme l’année suivante puis avait été embauché dans une grande entreprise de télécommunications anglaise. En quelques mois, il avait obtenu une promotion et voyageait de plus en plus souvent.
Non, Amina n’avait rien fait de mal. Elle n’avait rien à se faire pardonner. Au contraire. C’était elle qui avait été traitée comme une moins que rien, c’était elle qui avait été niée et elle avait fini par ne plus le supporter.
Elle n’acceptait plus qu’on l’ignore. Elle voulait qu’on reconnaisse son existence, elle voulait qu’on la respecte.
L’averse s’intensifiait. Amina s’arrêta sous un porche, chercha son parapluie dans son sac à main, l’ouvrit, serra son paquet sous son bras et reprit sa marche. Elle avait atteint la rue Palatine et n’était plus très loin maintenant.
Lucile avait dix mois quand elle avait décidé de trouver du travail. Elle savait tresser, elle tressait toutes les femmes de son lotissement à Pikine. Elle était donc allée à Château-Rouge et avait été, à sa grande surprise, embauchée dans le troisième salon dans lequel elle était entrée pour proposer ses services.
Lucile avait dormi tout le long de l’expédition, abandonnée dans sa poussette. Mais Amina savait qu’elle ne pourrait pas l’emmener à chaque fois avec elle. Il lui fallait une nounou.
Lucas était en Biélorussie à ce moment-là. Le soir au téléphone, il ne s’était pas réjoui comme elle s’y attendait. Il ne comprenait pas pourquoi elle voulait travailler et surtout, pourquoi elle ne lui en avait pas parlé avant.
Ils s’étaient disputés. Elle avait pleuré, tenté d’expliquer ce besoin vital qu’elle avait de faire quelque chose toute seule, en dehors de lui. Il n’avait manifestement pas compris et avait adopté un ton froid avant d’écourter la conversation.
Cette nuit-là, Lucile avait refusé de dormir, pleurant sans discontinuer pendant des heures. Amina était à bout de forces.
Et Paulette était entrée dans leur vie.
A trois heures du matin et en colère.
Elle avait réussi à calmer Lucile et quelque chose s’était produit, une sorte de lien qui s’était tissé au fil des jours suivants. Amina s’était sentie de plus en plus proche de sa voisine. Et Paulette était devenue son amie. Sa première amie en France.
Elle lui avait confié ce qu’elle avait de plus précieux, sa Lucile. Paulette lui gardait sa fille depuis plus de trois mois maintenant. Et c’était la personne en qui elle avait le plus confiance, à part ses parents et Lucas.
Amina aimait les mimiques de Paulette, sa façon de l’appeler « ma bichette », son air concerné quand elle parlait du régime alimentaire de Lucile. Paulette lui était précieuse et Amina l’écoutait avec attention, se surprenant même parfois à la considérer comme une seconde mère.
C’était Paulette qui lui avait suggéré de faire des études. Elle lui avait parlé de son jeune âge, de liberté, d’indépendance, de la chance qu’elle avait de pouvoir choisir son avenir. Elle lui avait prédit que la coiffure ne lui suffirait pas. Et elle avait raison. Amina voulait plus. L’idée avait fait son chemin dans sa tête. Elle avait son bac, après tout. Et Paulette lui avait assuré qu’il n’était pas trop tard.
Elle craignait la réaction de Lucas. Il n’avait accepté qu’à contrecœur qu’elle garde son emploi de « coiffeuse afro » comme il disait, d’un air qui le faisait ressembler à sa mère, et elle ne savait pas ce qu’il penserait de son projet d’études.
Mais elle avait pris sa décision. Et elle allait lui en parler. Il rentrait le lendemain soir de Séville et elle avait hâte et peur à la fois.
Amina était arrivée devant son immeuble. Elle composait le code lorsque la porte s’ouvrit sur le voisin du 5ème étage, qu’elle voyait tous les matins depuis qu’elle travaillait. Il semblait particulièrement pressé ce soir. Il la bouscula, s’excusa à peine, se précipita au milieu de la rue et gesticula pour arrêter un taxi qui s’approchait. Il s’engouffra dans la voiture et cria quelque chose au chauffeur qui démarra immédiatement.
Amina lui jeta un regard noir et se pencha pour ramasser son paquet qui était tombé par terre. Elle pesta en constatant qu’il était mouillé et vérifia que la couverture était restée sèche. Soulagée, elle entra dans l’immeuble et appela l’ascenseur. Elle appuya sur le bouton du 3e étage et sourit à la perspective de retrouver sa fille.
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Comme tu le sais, coupinette, je suis assez wax en ce moment. Alors quand on m’a demandé de faire une couverture en polaire et en wax, tu penses bien que je n’ai pas hésité une seconde:
Recette:
Je ne sais vraiment pas si on peut parler de recette, coupinette. Plus basique, tu meurs.
J’ai coupé deux rectangles de 60 cm sur 100 cm (pour mémoire, un matelas d’enfant standard fait 60cm sur 120 cm). Je les ai assemblés endroit contre endroit, j’ai retourné le tout puis fermé l’ouverture par laquelle je suis passée, puis j’ai surpiqué au point zigzag large.
Ingrédients:
Wax à fond orange (rapporté de Dakar), polaire écrue (fournie par la personne qui m’a demandé la couverture).
Grains de sel:
Aucun, vu la simplicité de la recette.
Les montagnes à gravir:
Rien à l’horizon ici non plus. J’avais déjà travaillé les deux matières et puis coudre un rectangle ne me faisait vraiment pas frémir.
Ce qui m’a franchement plu:
- Je trouve que la polaire et le wax se marient bien. J’avais peur que ça ne chante pas, cette association, et finalement, je trouve que si.
- Le point décoratif utilisé en surpiqûre. J’ai eu l’idée en voyant une couverture avec une finition dans ce style, il y a quelques temps, sur un blog (dès que je le retrouve, je te préviens, coupine). Et bien que je trouve ma chère Jane un peu pauvrette en points décoratifs, j’ai pour la première fois employé celui-là, qui m’a séduite. Il est clair que ce n’est pas la dernière fois que tu le vois, coupinette.
- Coudre quelque chose en peu de temps me ravit, coupinette. Il s’est écoulé moins d’une heure et demi entre le moment où j’ai sorti les tissus et le moment où j’ai plié ma couverture totalement terminée. Je crois que je quitte peu à peu les rives de cette lenteur pathologique qui me caractérise depuis mes débuts. Bon, je suis d’accord, il faut tester ma nouvelle vitesse sur des pièces un peu plus compliquées qu’une couverture. Mais c’est un début d’évolution prometteur, n’est-ce pas?
Ce qui m’a franchement barbée:
Tu te souviens que l’éponge était la matière que je détestais le plus? Et bien il faut maintenant compter avec la polaire à poils-longs-super-douce-trop-belle-mais-fourbe. Même galère niveau petits bouts qui volettent partout mais ceux-ci s’accrochent, en plus. Franchement l’enfer. Je me suis retrouvée avec mon salon plein de peluches blanches qui résistaient de toutes leurs forces à mon aspirateur sitôt qu’elles rencontraient une surface non lisse. Et comme si ça ne suffisait pas, alors que je piquais allègrement ma couverture, la polaire s’est comme « épanouie ». Je l’avais soigneusement coupée aux bonnes dimensions et voilà qu’au fur et à mesure qu’elle passait sous mon pied de biche, elle s’étalait, débordait du wax. J’ai été obligée de la recouper plusieurs fois et ça, c’était pénible, très pénible.
Do it again:
- Quand je recommencerai, je mettrai du molleton entre le wax et la polaire. Je pensais que la polaire serait suffisamment épaisse mais au final la couverture est franchement trop fine. Genre couverture d’été ou tapis pour bébé…
- J’ai bien envie de tester un autre mode de finitions où la polaire viendrait recouvrir le tissu, sur les bords de la couverture. Et pouf, un projet de plus sur ma liste.
Une petite idée pour la route:
Niveau couverture, coupinette, il y a un tuto top bien fait, célébrissime sur la blogosphère. Je ne sais pas si tu le connais mais si ce n’est pas le cas, je me dois de réparer cette lacune: cours donc voir le tuto de fredemickadeletc sur son blog « On va voir si je m’y tiens« . Il est parfait. Tout simplement. Et je pèse mes mots.






















