Espace naturel

Tasticottine, envoyée spéciale, en direct de Bruxelles

Bonjour Patrick. Je me tiens devant le siège de la Commission Européenne à Bruxelles, le Berlaymont, où c’est l’effervescence depuis ce matin.

En effet, vers 7h30, selon les personnes qui travaillent à l’accueil du bâtiment européen, une fissure est apparue dans le sol du hall d’entrée. Ils disent qu’il n’étaient pas très inquiets mais qu’ils ont quand même donné l’alerte immédiatement. La faille mesurait alors une trentaine de centimètres de long sur une dizaine de large.

La première hypothèse des autorités belges, appelées immédiatement, fut qu’il y avait eu un glissement de terrain sous le bâtiment. Toutefois, cette hypothèse a vite été abandonnée après examen de la zone, de même que celle d’une secousse sismique de faible amplitude.

Les enquêteurs se sont alors tournées vers la piste terroriste, le bâtiment abritant la commission européenne et constituant donc une cible potentielle. Des gens mal intentionnés auraient peut-être creusé un tunnel sous le bâtiment. Seulement, pourquoi le faire aboutir au milieu du hall et non plus loin et surtout, surtout au moyen de quel outil auraient-ils pu perforer la dalle de marbre du sol, qui a une épaisseur de plus d’un mètre, sans se faire remarquer ?

Ces questions n’ont pas encore trouvé de réponse à l’heure où je vous parle, Patrick. La faille continuant à s’élargir à un rythme régulier, le Berlaymont a été évacué et un détachement de l’armée, spécialisé dans les prises d’otages, a pris position autour d’elle, dans l’attente d’éventuels malfaiteurs.

Bien évidemment, il nous est strictement interdit d’approcher du bâ…

Ah Patrick ! Il me semble que la situation a évolué, je vois les soldats quitter leur position… Il y a comme un flottement dans l’organisation là… Attendez, attendez, les barrières derrière lesquelles les journalistes étaient retenus ne sont plus gardées, je vais peut-être pouvoir m’approcher…

Ca y est, Patrick, je peux voir le trou, ce n’est plus une faille, là, il fait bien deux mètres de diamètre et… Oh, Patrick ! C’est… c’est étonnant : il y a un élément cylindrique fin, d’une hauteur d’un mètre à peu près, au milieu du trou et je vois… je vois… on dirait des feuilles Patrick, des feuilles d’arbre. En fait, bien que ce soit impossible, on dirait qu’il y a un arbrisseau au milieu du trou.

Patrick ! Patrick ! C’est totalement effarant : l’arbrisseau grandit à vue d’œil ! Il mesure maintenant un mètre cinquante et son… son tronc a un diamètre de quinze centimètres au moins.

Un arbre pousse au milieu du hall de la Commission Européenne, Patrick ! Au beau milieu d’une dalle de marbre, à l’intérieur d’un bâtiment ! C’est totalement farfelu et pourtant, c’est ce qui se passe Patrick, vous pouvez le voir derrière moi… C’est… c’est… très étrange. Les policiers et les pompiers sur place sont aussi médusés que moi, Patrick, ils ne font rien, je crois que c’est une situation inédite, même pour eux…

Je ne sais pas de quelle espèce est cet arbre, Patrick, il semble que personne ici ne le sache, mais il grandit à une vitesse effrayante, Patrick ! Il mesure maintenant plus de deux mètres de haut et son tronc s’épaissit à une cadence tout aussi folle. On dirait un film en accéléré… Alors, comme vous pouvez le voir, il a très peu de feuilles. Si ce n’était pas aussi anormal que cet arbre pousse là, on pourrait trouver cela logique, on est en plein hiver quand même et…

J’ai peut-être parlé trop vite, Patrick… il y a des branches très fines, comme des lianes… des lianes feuillues qui enlacent le tronc de l’arbre. Mais d’où sortent-elles donc ?? Je ne vois rien et la police nous oblige maintenant à reculer, la situation semblant se précipiter. En effet, l’arbre va bientôt atteindre le plafond et on craint qu’il y ait des dégâts matériels potentiellement dange…

Patrick ! Patriiiiick ! Le plafond nous tombe dessus ! Le plafond nous tombe dessus alors que nous n’avons pas fini d’évacuer…

Laissez-moi passer ! Laissez-moi passer !!!Mais poussez-vous, voyons!!

C’est… c’est la cohue ici, Patrick, j’ai… du mal à… reprendre… mon souffle. Nous sommes maintenant… à l’abri… du moins pour l’instant. Et je vous disais donc que c’est la panique, Patrick, l’arbre continue à croître, il a crevé le plafond avec une facilité déconcertante, comme s’il traversait une motte de beurre. Des vitres explosent, vous pouvez les voir derrière moi, à mesure que ses branches s’étendent, la situation devient franchement très préoccupante.

Il y a des rumeurs d’arme biologique, de modifications génétiques apportées à un chêne et qui auraient conduit à ce résultat, mais je n’ai aucune confirmation officielle. En revanche, les autorités nous ont communiqué leur décision d’abattre l’arbre géant. Des bûcherons sont arrivés il y a quelques minutes sur les lieux et nous attendons maintenant la suite des évènements.

Oh mon Dieu ! Patrick, vous avez entendu ??????!!!!! Vous avez entendu ce… cet horrible gémissement ? Oh là là, j’en ai des frissons ! On aurait dit un cri de douleur, Patrick. Et ce cri vient de l’arbre ! De l’arbre, Patrick ! C’est totalement surréaliste! Les bûcherons ont immédiatement arrêté de scier, à ce que je vois. Patrick, on me dit qu’un liquide rouge coule de l’entaille faite au tronc d’arbre. Mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu Patrick, j’ai l’impression que cet arbre a … oui, a souffert et qu’il… qu’il saigne…

La confusion la plus totale règne ici, Patrick. L’arbre continue de pousser et de dévaster le bâtiment Berlaymont. Et face à cette catastrophe, les autorités ne font plus rien, je pense qu’ils sont plus que déboussolés par les derniers événements. De plus, les bûcherons ne veulent vraisemblablement pas continuer leur travail…

J’entends ça et là des cris… Vous entendez ? Vous entendez, Patrick ? Les gens scandent les mots « Arrêtez ! » et « Assassins ! » La tension est palpable et j’ai bien peur qu’il y ait bientôt une émeu…


Tasticottine ? Tasticottine, vous m’entendez ? Je dois vous reprendre l’antenne, on vient de m’informer qu’une fissure est apparue au milieu du bâtiment du Capitole à Washington… A tout à l’heure peut-être!


C’est l’hiver mais j’avais envie d’un tablier. Plus précisément un tablier-tunique à porter sur mes pulls à cols roulés. Je me suis donc inspirée de la robe-tablier du livre « Couture avec Charlotte », qui me fait régulièrement de l’œil.


Voici ce que ça a donné:


Charlotte Végéta-Velours est en velours brun (Stop Tissus), biais imprimé vert (Fil 2000) et boutons en nacre (fil 2000)

Je l’avoue, j’ai franchement galéré pour l’arrière du tablier. Mon fessier hémisphérique faisait bailler les pans et j’ai grandement bidouillé pour retomber sur mes pattes et avoir un tablier-tunique décent.

J’espère qu’avec ça, le printemps se grouillera un peu (on s’est bien assez pelé les miches, là, à mon avis).

Alors, c’est Mademoiselle Milo qui joue le mannequin aujourd’hui, elle a grandement insisté alors, j’ai accepté, pour cette fois.


12 thoughts on “Espace naturel

  1. Laisse-toi tenter Cachou, elle vaut vraiment le coup, tu verras 🙂

    Yeah Merlinette!!!, je suis contente de te lire ici 😀
    Tu vas t’acheter un mannequin aussi? Il faudrait que je voie ce que tu couds en ce moment. Je suis sure que ça déchire. 🙂

  2. Effectivement, ça aurait bien rendu, Julay! Je ne sais pas si je m’en referai un (genre version été) mais je tâcherai de garder cela à l’esprit…

  3. Après ce message, promis ma Tatou, j’arrête de te harceler !!

    Je voulais savoir le niveau de difficulté de ce tablier… J’ai beau chercher sur le net, en boutique, je n’en trouve aucun, ou alors pas du tout comme je veux, tandis que celui-ci est tout pile, tout juste comme j’en aimerais… Alors je me dis que peut-être je peux tenter d’en faire un (ma mère a une bonne machine, et sait pas mal coudre)… Penses-tu que ça soit faisable en tant que quasi débutante ou pas du tout ? Sinon je t’en commanderais bien un, mais je sais que tu as bieeeen autre chose prévue en ce moment donc je ne me permettrais pas.

    Bisous !

  4. Coucou Nilou-Chouchou!
    C’est vrai que je n’ai pas le temps de te le faire en ce moment, mais je peux t’envoyer le patron pour que tu le fasses avec ta mère, si tu veux.

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