TASTICOTTINE

Couture écrite. Et parfois se perd ici un tricot...
Couture à coqs Couture à poulettes Les chutes de Tasticottie

Guerre et Paix

IMG_1534Tote bags – « patron » maison
Wax – Mon stock | Popeline – Mon stock | passepoils et biais – Mon stock | sangles en coton – Brin de Cousette

Un jour, j’ai commencé la couture. Et depuis, je suis débordée, coupine.
Je suis assaillie d’idées et de tentations. Je suis littéralement cernée. L’inspiration est partout : Il suffit que je mette un orteil à la boutique ou un doigt sur un ordinateur, pour que 2 ou 3 nouveaux projets rejoignent ceux qui squattent déjà mes pensées. J’exagère à peine.

Je suis submergée. En permanence.

Je ne sais plus où donner de la tête. Et du coup, la couture et moi, c’est compliqué. On n’arrive pas à s’organiser, à aller dans la même direction et à être efficace. On passe un temps fou à se disputer en fait, la couture et moi. Parce qu’elle est ingérable.

Depuis mes débuts, j’essaie de discipliner mes projets pour harmoniser la relation que j’ai avec la couture. J’ai tenté de les prioriser, j’ai essayé de coudre un truc complexe et un truc simple en parallèle, j’ai expérimenté le travail à la chaîne, j’ai jonglé avec plusieurs projets similaires.
J’ai vraiment essayé des tas de stratégies sans qu’aucune ne marche vraiment.

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Trousse à pinceaux – « patron » maison aussi
Coton enduit – Mon stock | Popeline à pois – Mon stock | Skaï – Mon stock | Elastique rond – mon stock

Et donc, chez moi, la pratique de la couture n’est pas du tout sereine. Au contraire, elle s’accompagne régulièrement de la frustration de ne pas avancer plus vite. J’ai souvent un projet sur le feu et la tête envahie par les détails d’un autre.

J’ai beau faire, je me sens toujours en retard. Toujours.
Et ça me gâche un peu le plaisir de coudre.

L’autre jour, j’ai compté tous les projets que j’avais en ce moment. Il y en avait 23. Je les ai consciencieusement listés, dans le métro. Et en arrivant chez moi, j’en ai rajouté 4 que j’avais oubliés.

27 projets.

Quand je me penche sur chacun de ces 27 projets, il me paraît soit indispensable, soit facile à faire, soit trop tentant, soit les 3 à la fois. J’ai envie de le coudre. Et si ça ne tenait qu’à moi, je le coudrais séance tenante. En clair, je n’arrive à renoncer à aucun de mes 27 projets.

Tu vois le topo, là, coupine ?

IMG_1551Celui-là, c’est le mien!

Ce qui me rassure, c ‘est qu’apparemment, nombreuses sont celles qui sont dans mon cas.

A la boutique, j’entends souvent des phrases du type « De toutes façons, ce n’est pas pour tout de suite, j’ai déjà plein de choses à coudre » ou « Et hop ! Encore un projet sur ma liste ».
Ca me donne envie de penser que c’est notre lot à toutes, cette difficulté à gérer ses projets. Comme une rançon de l’enthousiasme, tu vois ? Le prix à payer pour vivre cette passion qu’est la couture.

Sauf qu’il existe des apaisées de la couture. Des réfléchies du pied de biche, des raisonnables, des concentrées qui ne se dispersent pas. Bref, des exceptions qui confirment la règle.
Elles existent. J’en croise. Pas souvent, c’est vrai. Mais quand même, j’en croise. Et je ne comprends pas comment elles font.

Comment elles font pour être en phase avec l’actu, pour coudre des cadeaux d’anniversaires, des cadeaux pour la maîtresse ou la nounou, pratiquement tous leurs cadeaux de Noël et leur tenue du 31, le tout sans sacrifier leurs envies du moment et en prenant le temps de tester le dernier patron sympa à la mode?
Sérieusement, je me demande quel est leur secret.

IMG_1547Je n’ai pas eu le temps de fabriquer mon passepoil jaune ni d’aller en acheter. Du coup, j’ai fait un faux passepoil sans cordelette, en pliant mon biais en deux. Ben j’ai un petit regret, je trouve que ce qui dépasse est trop large et trop mou aussi. M’enfin ce sont les aléas du direct, n’est-ce pas?

Parce qu’alors par chez moi, la couture, c’est un grand bordel. Je commence quelque chose, je prévois d’y consacrer un certain nombre de soirées (« c’est bon, c’est plié dans la semaine cette affaire ») et hop ! Je n’ai plus envie de le coudre. Ou alors la Fièvre me tombe dessus, je bouleverse tous mes plans et pendant une merveilleuse période, je ne vis que pour ce projet. Ou encore les soirs se suivent sans que je passe derrière ma machine à coudre et un dimanche matin, ça me prend, je m’y mets.

Du grand n’importe quoi.

Du coup, tu penses bien que je ne prends pas de risques : je ne couds pas pour les autres.

A part ma tante. Mais bon, ma tante a une patience infinie. Ca fait 2 ans qu’elle attend ses rideaux. Et je vais bien finir par les lui coudre.

IMG_1544Celui-là, j’ai failli ne pas l’offrir…

Au fond, ce n’est pas tout à fait vrai : je couds pour les autres. Mais seulement quand il n’y a pas de deadline. Comme ça, de ce bouillonnement imprévisible qu’est ma couture, il ressort, quand ça me prend, une couture pour quelqu’un qui n’est ni la chair de ma chair ni le sang de mon sang.

J’avais abandonné les anniversaires, les naissances et tous ces événements qui comportent une phase « avant » et une phase « là, c’est trop tard ». Parce que j’étais toujours en retard. Non mais sérieusement, peut-on encore parler de cadeau de naissance quand le bébé a 2 ans ? A quoi ça ressemble d’offrir un cadeau d’anniversaire 4 mois après ?

A rien, clairement.

C’est pourquoi j’ai fini par laisser tomber toutes ces échéances.

IMG_1583Les petits rabats, en haut et en bas de la trousse sont prévus pour que les pinceaux ne tombent pas. Et aussi pour absorber un peu d’humidité.

Et pourtant, coupine !

Pourtant, l’année dernière, tu as été témoin du miracle des turbulettes des p’tits choux de ma sœur. Tu te souviens ?

Offertes une semaine (attends, je le réécris en grand parce qu’on parle quand même d’un tour de force, là), UNE SEMAINE, 7 petits jours de rien du tout, après leur naissance !
Comment ?
Ah non mais moi non plus, je ne sais toujours pas ce qui s’est passé.

Et puis ensuite, dans une moindre mesure (parce que là, j’ai mis une plombe et il n’y avait pas d’échéance à respecter), il y a eu les snoods en série.

IMG_1540Passepoil of course!

C’était, je crois, les prémices d’un changement majeur en Tasticottie, coupinette.

Parce que j’ai recommencé.

J’ai cousu pour autrui.

C’est fou, non ?!

Débordée mais totalement dans l’actu, la petite Tasticottine : j’ai cousu une trousse à pinceaux pour l’anniversaire de mon beau-père. Et un peu plus tard, j’ai cousu deux sacs pour des amies, juste comme ça, parce que j’allais déjeuner avec elles et que j’avais envie de leur faire un cadeau.

T’imagines ?! C’est dingue, non ?!

Deux jours avant, je ne savais pas que j’allais coudre ça et là, en une soirée pour mon beaup’ et en une matinée pour mes copines, je me suis top mobilisée, genre mini-fièvre express et hop ! J’ai cousu pour autrui.

IMG_1537Avec du passepoil, la fête est plus folle!

Pas de planification, pulsion incompréhensible et déraisonnable. Alors oui, ce n’était pas non plus de la grânde couture. C’était des objets simples, exécutés au pied levé.
Mais à chaque fois, j’ai pris beaucoup de plaisir à cette irruption de l’impromptu en Tasticottie, coupine. Et accessoirement, j’ai (presque) uniquement puisé dans mon stock pour ces petites cousettes.

Ca m’a fait réfléchir à cet acharnement à organiser ma pratique de la couture, coupine. Je commence à me demander si je ne me fourvoie pas totalement, en fait.
Je regarde ma liste de 27 projets d’un autre œil dorénavant. Qui dit liste dit temporisation, priorisation, planification et donc contrainte. J’ai bien l’impression que ma liste me plombe plus qu’elle ne m’aide. D’autant qu’elle est sans fin, quand même. Il y aura toujours des projets supplémentaires, toujours. Et ils se grefferont bien plus vite à la liste que je ne couds.

IMG_1557Emballé, c’est pesé. La trousse refermée

Peut-être qu’à travers cette impossibilité à gérer mes projets de couture, c’est l’essence de la créativité qui s’exprime ? Qui refuse d’être domptée ?

Peut-être qu’une liste n’est que l’expression de ma crispation et de mes angoisses ? Peut-être que ce n’est qu’un piège à idées qui me resteraient en tête même si je ne les couchais pas sur le papier ?
Peut-être que la couture ne se discipline pas ? Peut-être que mon entêtement à organiser mes projet musèle en fait mes élans de couturière ? Et peut-être qu’abandonner mes tentatives de gestion m’apporterait cette sérénité à laquelle j’aspire ?

image1Beau-Papa m’a gentiment envoyé cette photo de sa trousse garnie.

Peut-être que la couture au fond, c’est comme la vie, on a beau vouloir tout contrôler, tout prévoir, on n’y parvient jamais en réalité. Peut-être alors faut-il juste se laisser porter par l’instant ?

Je suis à deux doigts de jeter ma liste, là. Peut-être est-ce un premier pas vers la réconciliation entre la couture et moi ?

Dis, tu veux une démo pour la trousse? Si, si, si, attends! Je SENS que tu veux une démo! Mon assistante photo a insisté alors tu vas avoir une démo! Meuh non, ne me remercie pas, c’est cadeau! 🙂

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12 Comment

  1. Je ris en lisant ton article, un autre onglet est ouvert sur mon ordi qui commence par « merci pour votre commande chez République du Chiffon » et je pense à ce pauvre pantalon Jacques qui va rejoindre la robe Cardamome, le peignoir Burda, le cadeau d’anniv de ma belle mère, ma jupe boutonnée à pois, celle avec le tissu aztèque, le t shirt de mon mec et tout un tas d’autres projets qui attendent mon prochain congé mat/arrêt maladie longue durée/richesse subite dudit mec qui me permette d’arrêter de bosser. Moi non plus je n’ai pas la couture sereine, on est dans la couture comme on est dans la vie, je dirais que comme moi tu as la couture spontanée. Je suis sûre que dans la vie les couturières planifieuses sont aussi boring à souhait !

  2. Ma to-do list ou liste de mes envies d’un jour-pourquoi-pas, est sur Pinterest… Tu imagines bien qu’elle est sans fin, et que d’un clic, je rajoute un projet. Bien sûr, parfois j’y fais un peu le ménage, et je me dis « mais n’importe quoi ce truc, c’est pas du tout mon style ! » ou « le jour où j’aurai le niveau, on en reparlera, d’ici là, suppression ». Mais ça ne m’empêche absolument pas d’en rajouter !
    C’est un peu comme pour les régimes, d’acheter des revues sur les régimes, les lire, les potasser, être au top de la théorie, mais ne pas mettre en pratique… faute de motivation bien souvent.
    La couture, c’est plutôt faute de temps… Mais pourquoi mon employeur a refusé ma demande de temps partiel ????? Grrrrhhhhhh

  3. Oups, j’en ai oublié de te féliciter sur tes coutures !
    J’aime beaucoup les sacs (il faut vraiment que je m’en fasse un aussi !!!!).
    Quant à ton beau-père, il est super gâté ! Comme ça il peut emporter ses pinceaux partout où il veut peindre.
    Bravo à toi !

  4. Pinterest, les sites communautaires, les blogs, l’explosions des patrons indépendants et des nouveaux magazines (comme si la richesse des Burda ne me suffisait pas…), la mode éphémère et la société tentatrice: tout concourt à développer ma convoitise (à moi, à moi!)…et ma frustration.
    Ma bonne résolution de cette année: débrancher (un peu) les écrans.
    Coudre un peu en ermite.
    Coudre un peu avec des copines (certaines sont très branchées, d’autres ne connaissent pas la blogo couture-c’est rafraîchissant, aussi).
    Et accepter que j’ai besoin de rêver peut-être autant que d’agir?
    A

  5. Je suis d’accord à 100% avec toi!! Pour moi, la couture est une passion que je ne contrôle pas, et comme toi j’admire celles qui ont réussi à la dompter, mais j’ai compris que ce n’était pas pour moi. Les projets en chassent d’autres, et ça me va comme ça. Tes sacs sont magnifiques (le tien, mais le tien!) et la pochette à pinceaux est super jolie et ingénieuse 🙂 Des bises!!

  6. Ah ! je en suis pas à ce point mais je ne suis pas loin, je mettais acheter un carnet pour optimiser mes achats de tissus (je mettais les quantités de tissus necessaires à chaque patron, très pratique mais contraignant car ça montre que tu as déjà 15 patrons qui attendent leur heure, alors pourquoi acheter un 16ème ?).
    J’arrive à être quasi dicipliné en encours (de tricot et de couture) mais ma liste de projet s’allonge au fil des saisons… Je crois que c’est comme ça !
    En ce moment, je suis pas mal cadeau en couture après une période tricot un peu speed, mais j’arrive à faire qq petites choses pour moi entre temps et heureusement !
    A très vite,

  7. hihi !! Me suis poilée en lisant . .27 projets !!!
    Si je peux me permettre: ..il-ne-faut-pas-faire-de-liste !! J’en suis certaine !! C’est mauvais pour la couture !!
    Bibiche ! faut lâcher prise !!
    Moi, je flotte à présent dans la couture, je couds comme ça me prends..dans ces crises dont tu parles. Je n’organise plus, je ne calcule plus,..et je m’éclate.
    Sont beaux tes sacs !!! et mes taties aussi sont très patientes mais en échange qu’est ce que je prends comme petites moqueries !! 😉

  8. Dans mes bras Cousu Dodu! Ca fait du bien de savoir qu’on n’est VRAIMENT pas seule au monde des couturières et que d’autres vivent le chaos avec plus de sérénité. Pour la peine, je vais prier pour une richesse subite de ton mec. Comme ça, tu auras le temps de lui coudre sontee-shirt et tout le monde sera (normalement) bien content. 😀

  9. Il y a quelques années, il y avait assez peu de patrons indépendants, gérés par une seule personne, on pouvait a peu près suivre les nouveautés je trouve. Et puis ces dernières années, c’est la course folle, je suis déboussolée, il y en a dans tous les sens, toutes les 2 semaines… bim une nouveauté. Bref, j’ai complètement abandonné! Et en attendant de me reboussoler, je tricote. lentement. et avec de la laine de récup.
    Et puis une amie m’a dit que les cadeaux de naissance arrivent tous en même temps et que c’est un peu dommage. Du coup ça fille traîne partout sa poupée de naissance que j’ai crocheté pour le noël de ses 3 ans (logique?). Finalement, les deadlines c’est pas si grave, l’important c’est de faire plaisir!

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