Je commence ce post à 21h03 le 28 Février, dans les dernières heures d’un mois terriblement douloureux pour moi.

Il y a eu un cataclysme en Février, coupine. Une personne qui m’était très chère, une personne que j’aimais profondément, une figure essentielle de ma vie est décédée en Février. Je n’ai pas envie d’entrer dans les détails mais sa disparition fut soudaine et le choc effroyable.

J’ai la tête à l’envers depuis. J’oublie des rendez-vous, je perds mes affaires, je suis triste en permanence et bien à l’ouest aussi.

Mais je ne voulais pas te poser un lapin, ce soir. Je tenais à t’écrire, même si mes mots sont crispés et ne me viennent pas facilement.

D’abord pour t’expliquer mon silence suite à tes commentaires sur mon dernier post. Je suis navrée, coupine, mais la joie s’est faite rare, ces derniers jours. L’envie de communiquer virtuellement s’en est allée aussi. Quand je suis dans mon quotidien, parfois j’oublie et je ris, je bavarde, j’ai un répit. Mais seule derrière mon ordi, je n’arrive pas à mobiliser de l’énergie pour t’écrire un mot de remerciement rigolo. Je ne suis pas venue te voir chez toi non plus. Je n’y arrive pas.

Je suis venue t’écrire aussi parce que dans cette tempête, cette mélasse, cet engourdissement du mois de Février, j’ai cousu. J’ai cousu la jupe du défi, comme je te l’avais dit. Et je te la montre comme promis. Mon instinct me dit qu’il faut que je m’accroche aux branches, qu’il ne faut pas que tout parte à vau l’eau. Je pourrais être emportée par le courant et finir noyée dans mon chagrin. Je ne veux pas.

J’ai cousu en Février parce que la couture m’offrait un abri. Couper, épingler, repasser, piquer, ça canalise l’attention, l’air de rien. Pendant quelques heures, je pouvais me soustraire à l’horreur de la réalité et me réfugier dans des détails apparemment superficiels. Je pouvais m’appliquer à surpiquer près du bord, me creuser la tête pour modifier l’ordre de montage de ma jupe, puisque je voulais lui ajouter ces poches qui m’avaient charmée il y a plusieurs années maintenant. Pendant quelques heures, je pouvais oublier mon chagrin alors que j’étais toute seule et que c’est quand je suis seule qu’émergent les questions qui resteront sans réponse et qui me font pleurer à chaque fois qu’elles s’invitent dans ma tête.

J’ai aussi cousu parce que ça me réconfortait de créer quelque chose qui me semblait beau et réussi. Tout n’est pas gris cendre, il peut y avoir de la couleur aussi. Moi j’ai choisi le bleu. Au départ, j’ai choisi un bleu bien plus foncé. J’ai teint du Tencel en bleu marine, séduite par la fluidité et le tombé de cette matière. Et j’ai cousu ma jupe, en m’enfouissant dans l’acte de coudre, en y prenant mes aises et en goûtant au répit que ça me donnait.

J’ai la tête à l’envers et contrairement à ce que tu pourrais croire, la confection de cette jupe fut très laborieuse, malgré toute la vigilance que j’y ai apporté (comme d’habitude en somme, comme quoi il y a des constantes qui résistent au destin). Je me suis trompée moult fois dans l’ordre de montage, j’ai surpiqué du mauvais côté de mes coutures, j’ai oublié les boutonnières sur les poches, j’ai décousu les mauvaises coutures. J’ai fait marche arrière et j’ai décousu un nombre proprement incroyable de fois.

Ma jupe devait être parfaite, mais au bout du compte, elle ne l’était pas. Le tissu s’est avéré trop lourd, trop mou et la jupe s’en trouva sans forme, tristement pendouillante quand je l’ai essayée. Et je ne te parle pas des bosses étranges qui ornaient la couture dos, au niveau de ma fermeture éclair invisible et qui n’apparaissaient que quand j’enfilais ma jupe.

J’ai tout fait pour la sauver, coupine. Tout. J’ai déplacé la fermeture éclair sur le côté mais les pièces du dos, coupées dans le biais, semblaient définitivement distendues et la couture continuait à gondoler. J’ai mis des bandes de thermocollant sur toutes les coutures pour donner plus de tenue à ma jupe mais ça n’a eu aucun effet. J’ai cousu avec une marge plus grande, avec une marge plus petite mais ça gondolait et ça pendouillait toujours. J’ai ajouté une doublure, certaine de tenir la clé. Mais ça non plus, ça n’a eu aucun effet.

Tout le temps de ces essais infructueux, je n’ai pas râlé une seule fois. Au contraire, j’étais contente que cette jupe me donne du fil à retordre. Mon cerveau était sollicité, il turbinait là-dessus plutôt que sur tout le gris cendre autour. Et puis je voulais avoir le dernier mot sur cette jupe. Je voulais coûte que coûte trouver la clé qui me permettrait de transformer ma guenille molle en jupe trapèze fluide et féminine.

J’ai assisté à la cérémonie organisée au Père Lachaise, jeudi dernier. Et c’est après que je me suis résignée. J’avais encore quelques idées mais je n’avais plus envie d’essayer de sauver ma jupe en Tencel alors j’ai laissé tomber.

J’ai décidé de tout recommencer.
Vendredi, j’ai coupé mes pièces dans un tissu qui avait plus de tenue. Samedi, j’ai cousu l’après-midi, cousu le soir et cousu une bonne partie de la nuit. Dimanche matin, j’ai bâclé les derniers détails pour qu’on puisse faire des photos dans la rue, après la sieste de la Chouquette et avant que le soleil ne se couche.

Il reste plein de trucs à finir sur cette jupe que je te montre. Les ourlets sont hyper moches, la ceinture intérieure n’est pas encore fixée, je n’ai pas solidarisé la doublure avec la fermeture invisible, mes boutons recouverts maison brinquebalent et ne tiendront pas longtemps et je suis un peu engoncée dedans.

Mais je m’en fous parce que quand je l’ai enfilée pour les photos, je l’ai trouvée chouette. Vraiment chouette. Et tout le reste de l’après-midi, je me suis sentie plus légère que triste.

Je vais la finir. Et puis je vais la porter. Et j’espère vraiment, coupine, que je finirai par oublier ce mois de Février. Ou tout au moins qu’il ne me fera plus pleurer.

RECETTE:
Jupe Ginger de Colette. Taille 6.

INGREDIENTS:
– 1,2 m de tissu type sergé bleu électrique acheté dans une boutique à Oberkampf en 2014. Ca n’est clairement pas du coton, j’ai essayé de le teindre en bleu plus foncé, sa couleur n’a pas bougé.
– coupon de cotonnade acheté chez Anna Ka Bazaar en 2014 pour les poches
– fermeture éclair invisible de 20 cm (trouvée dans mon stock)
– boutons à recouvrir (Mercerie de Charonne)

GRAINS DE SEL:
J’ai ajouté les poches et la ceinture d’un livre japonais non référencé chez les JCA, acheté chez Junku il y a un bail.

LE FRANCHEMENT PLAISANT:
– Le rendu final qui correspond à ce que j’avais en tête

LE FRANCHEMENT BARBANT:
– Me prendre si souvent les pieds dans le tapis, même sur des trucs élémentaires.
– Avoir dû tout recommencer

DO IT AGAIN:
Ce modèle me plaît vraiment. Je suis séduite par cette jupe trapèze si bien pensée avec ses pinces planquées dans les coutures. Là, tout de suite, je n’ai pas d’idée de tissu mais je crois que je la recoudrai. Sans doute sans les poches et dans un tissu à motifs. Peut-être que je ferai la taille au-dessus pour qu’elle m’arrive sous le nombril et non à ma vraie taille, ça me tasse un peu, je trouve.

64 commentaires éclaires sur “Consolante bleue

  1. Elle est vraiment très jolie ta jupe et elle te va super bien!
    Pour le moment tous les mots de réconforts ne serviront à rien, mais le temps fera le reste.
    J’ai moi aussi perdu quelqu’un de très proche le 1er décembre 2016, et je sais ce qu’est cette douleur, je suis de tout coeur avec toi.
    Prends ton temps, les bons souvenirs resteront à jamais, les mauvais s’effaceront avec le temps.
    Courage

  2. Plein de poutous consolateurs coupine…
    Je m »etais aussi enfouie dans la couture lors du décès d’un membre de ma famille et lors de la rupture avec celui qui partageait ma vie depuis 9ans… La couture a vraiment un effet réparateur sur l’âme, parce que comme tu le dis si bien il faut se concentrer pour y arriver, et ça oblige à ne plus penser à rien d’autre qu’à la couture… Pendnat quelques heures ou même simplement quelques minutes, on peut alors mettre de côter ce qui nmous rends si triste.

    Je te souhaite que Mars soit mélancolique, Avril serein, Mai apaisé, et Juin joyeux. Il faut laisser du temps au deuil, donc prends le ce temps, et reviens-nous quand tu t’en sentira la force.

    Des bises

  3. Ça fait du bien ce bleu, ça apaise… Elle est très très jolie cette jupette, bien assortie avec le gilet et le tee-shirt.
    As-tu vu que sur les dernières photos, le ciel est blanc gris, mais au fond, tout au fond, il y a du bleu…
    Je t’envoie plein de positif et de ciel bleu de Bretagne (bon, là, présentement, il pleure/pleut, mais il va redevenir bleu).
    Plein de bisous, et porte-la souvent cette jupe, elle te va à ravir.

    1. Oh, je n’avais pas fait attention au bleu, tout au fond. Merci pour ton bouquet de positif, Graine de Blé noir. Merci beaucoup. Moi aussi, je t’embrasse.

  4. Difficile de commenter cet article par un « ta jupe est très belle et ce bleu te va à ravir »…c’est pourtant le cas, et c’est bien la preuve que quand les grandes choses de la vie nous mettent à terre, ce sont les petites qui nous sauvent…courage, accroche toi aux branches, mars arrive avec sa douceur.

  5. C’est un peu frais ce vilain mois de février alors c’est normal que ce soit encore difficile, il faut laisser le temps alléger un peu ta peine.
    Tu as bien réagi avec cette couture et ma foi malgré les « embuches » tu t »en sors haut la main, elle a belle allure cette jupe.

    1. Merci Lorence. Je l’ai reprise dimanche soir, j’ai refait mon ourlet et ma foi, à nouveau, il y a eu cette joie qui m’a fait du bien, en attendant que le temps fasse son oeuvre durablement.

  6. Bonjour Tasticotine,
    Ces jupes sont la vie, envers et contre tout. Elles t’ont aidée à rester dans la réalité même si celle-ci est triste et la perte insupportable. Je suis comme toi: je me réassure dans l’action concrète et le travail, ça ré-ancre.
    Elle est bien jolie cette jupe: des détails bien vus,une couleur claquante, une forme générale qui te va à ravir, je pense qu’elle va t’accompagner longtemps.
    Je te souhaite tout le courage possible et j’espère te lire bientôt.

    1. Merci beaucoup Françoise. J’aime le terme « ré-ancrer » que tu utilises parce qu’il me fait penser à un bateau qui ne dérive pas ou en tout cas pas longtemps. Et c’est bien dans ce ré-ancrage que j’arrive à remettre ma tête à l’endroit. Du coup, je me suis prescrit une petite action de couture tous les soirs. 5 minutes ou plusieurs heures mais un peu de couture quand même.

  7. Difficile de commenter cet article par un « ta jupe est très belle et ce bleu te va à ravir »…c’est pourtant le cas, et c’est bien la preuve que quand les grandes choses de la vie nous mettent à terre, ce sont les petites qui nous sauvent…courage, accroche toi aux branches, mars arrive avec sa douceur.

  8. Bonjour Tatsticottine,
    Je t’envoie plein d’énergie positive et de sourires pour ce mois de mars!
    J’aime beaucoup ton style d’écriture et aussi les modèles que tu choisis et te lis avec beaucoup de plaisir.
    Courage!
    Muriel

    1. Merci beaucoup Muriel! Ca me fait très plaisir d’apprendre que tu aimes mes mots. Et merci aussi pour l’énergie, ce n’est pas de refus.
      A bientôt.

  9. Hello ma douce Tasticottine ! Quelle belle jupe! Cette couleur te va à ravir. Je t’envoie le plus doux des câlins et plein de pensées rassurantes, réconfortantes et consolantes (ce sont des synonymes on est d’accord mais ils expriment bien le type de pensées que je veux te transmettre). Prend bien soin de toi et de ta petite tribu, le temps passe et la vie devient plus légère petit à petit. Beaucoup d’amour de Bruxelles. Aïda

    1. Merci Aïda. A part la couture, ce sont les moments que je passe à regarder mes zébrelles (elles ont des conversations… intriguantes), à jouer ou à bavarder avec elles, qui me font le plus de bien en ce moment. Du coup, tous les matins, je réclame un câlin et j’en reçois double dose. 🙂

  10. Que vous répondre? Les paroles seront toutes banales….
    Mais la couture, comme la broderie ou le tricot, , ça aide à garder la tête hors de l’eau, et cette jupe est lumineuse, malgré le ciel tout gris….continuez!

  11. Je suis très émue par votre post. Je suis moi même une adepte de la couture pour apaiser les bleus de l’âme… On ne guérit pas ses vrais chagrins mais on peut agréablement s’en distraire. Vous restez pleine de vie et avez eu l’énergie non seulement de coudre cette très jolie jupe mais aussi de rédiger un billet pour vos lectrices. Merci à vous. Je vous souhaite que la couleur revienne bientôt prendre le pas sur le gris, et vous verrez, elle revient toujours, la vie est ainsi.

    1. Ca me fait du bien de lire vos mots Sophie. Ca me fait du bien de lire que la couleur revient toujours. Merci à vous surtout, merci beaucoup.

  12. J’aime ta jupe, j’aime qu’au fond des poches, il y ait des fleurs et des petits cœurs. Cette jupe restera associée à ta peine mais aussi à tout l’amour qui demeure, comme un secret qu’on n’expose pas mais qu’on conserve bien au chaud et qui nous réchauffe les doigts quand décidément, il fait trop froid. Bon courage.

    1. Merci beaucoup pour ce joli bouquet de mots Natacha.
      En ce moment justement, je pense moins à l’absence, à ce que je vais faire sans, à comment je vais faire sans… et plus à tout ce que cette personne m’a appris, donné. Et je me dis que non, en réalité rien ne disparaît comme je le craignais. Il reste quelque chose, qui peut être beau au bout du compte. J’espère.

  13. Que te dire sinon que les couleurs reviendront, qu’un jour l’envie de pleurer s’arrête, que les larmes se tarissent, que le goût amer dans la bouche s’en va et que la boule dans ta gorge finira par dégonfler …mais la cicatrice restera. Et contrairement à cette stupide idée reçue, non tu ne sera pas plus forte..mais la vie aura plus de goût et les couleurs seront plus brillantes ..en attendant ce printemps dans ton coeur, je te souhaite plein de coutures méditatives …
    Bon courage à toi et accroche toi fort aux branches bébé, bientôt tu y verra pousser les bourgeons et les petites feuilles qui annoncent les beaux jours. Ton chagrin fera moins le malin…courage !

    1. Merci Edwige. J’espère bien qu’il fera vite moins le malin, mon chagrin. Et qu’alors le printemps viendra et restra un peu. Ca donne envie d’être attentif à soi et à tous les moments insignifiants où quand même, on se sent bien, fut-ce quelques minutes. Ca donne envie d’être attentif à ce et ceux qui m’entourent aussi. Ce n’est pas forcément facile, il faudrait avoir plus la frite. Mais je suis bien accrochée aux branches…
      Merci encore.

  14. Que des banalités à te dire … en plus on ne se connait pas, même si tu m’appelles coupine (hein ?? quoi ??? tu ne t’adresses pas qu’à moi ??!!! 😉 ) … mais ton post m’a émue
    Souvent tu me fais sourire, voire même rire, j’attends avec impatience tes nouvelles créations et tes textes, je m’en délecte, et là tu m’as touchée
    Alors je n’ai pas ton talent pour les mots mais je te souhaite que ta peine s’apaise et que cette mélasse dans laquelle tu es se dissolve tout doucement pour ne garder que les bons souvenirs de cette personne disparue
    Et allez, soyons familières, une fois n’est pas coutume, je t’envoie des bises de réconfort

  15. Tu n’ oubliera pas, mais la douleur s’ estompera peu à peu………Courage.
    Ce réfugier dans une activité que l’ on aime, aide a traverser le temps…..
    Mars sera meilleur et l’ été va arrivé avec tout plein de projet………A bientôt.Bizz.

  16. Je t’envoie plein de réconfort dans ces moments difficiles pour le moral. En tous cas, je trouve que tu as tout à fait raison de coudre pour occuper ton esprit. la créativité est une bonne thérapie et met du baume au coeur. Bon courage 🙂

  17. C’est toujours difficile de trouver les bons mots dans de telles circonstances…
    Entreprendre, se lancer dans des projets mêmes petits permettent de ne pas rester concentré sur sa peine.
    Ta jupe est comme toujours jolie! J’apprécie les détails cachés comme la doublure fleurie des poches que personne ne peut voir mais que l’on se réjouit d’avoir fait.

    Bises virtuelles!

  18. Toutes mes condoléances Tasticottine…beaucoup de courage à toi.
    Merci d’avoir partagé cette petite bataille de couture avec nous, et d’écrire aussi bien dans un moment aussi difficile.
    Continue à nous régaler de tes textes et de tes jolies expériences stylistiques !

    1. Merci beaucoup Sylvie.
      J’avais hésité à coucher sur le papier ce qui se passait réellement pour moi. La blogo couture adopte plutôt un ton enjoué quand elle s’exprime, ce qui en fait cette bulle si agréablement éloignée des vicissitudes de la vie réelle. Mais depuis quelques mois, j’ai envie de faire entrer un peu de cette vie réelle dans ma sphère blogueuse. Et bizarrement, les mots me viennent plus facilement.
      Je t’embrasse

  19. Tout mon soutien t’accompagne dans l’épreuve que tu traverses. Cette robe ne t’as pas paru parfaite dans les détails mais est-ce bien important ? Elle t’a servi d’exutoire et c’est c’est là sa valeur.
    Retrouve vite le sourire.

    1. Elle m’a servi de bouée de sauvetage, c’est vrai Orianne.
      J’ai pu la reprendre, modifier ce qui devait l’être et donc la considérer comme terminée. Et je souris plus (en tout cas, je ne pleure plus au détour d’une pensée) c’est déjà ça, n’est-ce pas?

  20. Tout mon soutien t’accompagne dans l’épreuve que tu traverses. Cette robe ne t’as pas paru parfaite dans les détails mais est-ce bien important ? Elle t’a servi d’exutoire et c’est là sa valeur.
    Retrouve vite le sourire.

  21. Les mains , leur occupation et la concentration que cela demande libèrent bien la tête, ta jupe en 2 versions a bien fait son boulot !! La 3eme sera celle des souvenirs heureux ! Je t’embrasse.

    1. Merci Tic Tics!
      Curieusement, c’est la première fois que j’arrive au bout d’un projet de couture sans imaginer immédiatement le modèle cousu dans un autre tissu. Je n’arrive pas à voir dans quel tissu je pourrais la coudre à nouveau. En te lisant, je me dis que peut-être, un jour, j’y arriverai et que ce jour où j’aurai envie de me lancer dans une troisième mouture sera le jour où j’aurai vraiment fait mon deuil…

  22. De la douceur venue d’une pratique qui fait du bien, ça n’a pas de prix quand le ciel tombe sur nos têtes… Soyons heureuses d’avoir cette pratique-là, qui donne un résultat léger léger comme ta jolie jupe bleue électrique pleine d’énergie, et bon courage pour la traversée de ces moments difficiles…

  23. Les photos, toi, ta jupe sont ravissantes comme toujours ! La couture, c’est une force pour nous tou(te)s, pour avancer, pour faire diversion aux contrariétés et même aux chagrins de la vie. Ton message est très touchant et tellement plein d’humanité.

  24. Moi aussi, ton post m’a profondément émue, même si je suis beaucoup plus âgée que toi, j’ai aussi perdu une personne qui m’étais si chère, ma maman……et je comprends ta douleur avec laquelle il faut arriver à vivre quand même.
    La couture permet de s’évader. …. pour moi, ce sont des moments privilégiés pour l’âme.

    Ta jupe est très réussie et tu as été très courageuse de la refaire entièrement ! c’est un très beau bleu et tu pourras l’assortir avec des petits tops printaniers.

    Des bisous d’une coupine qui n’écrit pas souvent mais qui adore ta prose !

    1. Merci pour tes bisous et pour tes mots, Martine! Ils me font beaucoup de bien.
      Je suis si désolée que tu aies perdu ta maman. Je te présente toutes mes condoléances.
      Et moi aussi, je t’envoie une brassée de bisous.
      A très vite coupine!

  25. C’est vrai que c’est une chance d’avoir un loisir qui mobilise la créativité c’est comme un refuge, ça apaise, ca donne du repit au moins quelques instants…
    Je t’envoie de douces pensées et beaucoup de courage, on en a jamais assez dans les moments difficiles.

    Marie

  26. cette miss dans sa jupe « blues », elle a une petite mine et le cœur brisé mais de la ressource à n’en pas douter. S’occuper les mains, fabriquer un petit quelque chose, c’est du baume à l’âme, tu l’as bien compris, chacune sa recette! l’idéale est de trouver du réconfort et de la chaleur. Je me permets de t’embrasser.

  27. Les vertus thérapeutiques de la couture et plus largement de toute activité manuelle ne sont plus à prouver. Plusieurs fois dans ma vie cela m’a permis de ne pas perdre pied et de retrouver un minimum d’apaisement et de sérénité, je te souhaite vraiment qu’il en soit de même pour toi.

  28. Bonjour, c’est un peu tard que je vois ce post, et je sors de mon looong silence(te souviendras-tu d’ailleurs de moi?!) pour t’envoyer une bouffée d’ondes positives et ensoleillées. Je passe régulièrement voir tes créations et tes jolis textes, et je continue dans l’ombre de suivre tes péripéties couturesques. Mais je ne peux rester silencieuse face à ta douleur, et veux te manifester mon soutien. La couture est une sorte de bulle, qui permet de suspendre le temps, il faut savoir y recourir, pour reprendre son souffle. Cette jupe est fort jolie, par ailleurs, bravo à toi!
    Nana

  29. Bonjour.

    Votre post m’a beaucoup touchée. Tout d’abord, parlons de ce qui vide la tête: la jupe. Elle est magnifique. J’adore la couleur, les petites détails des poches qui font toute la différence. ..

    Et maintenant ce qui prend la tête: la douleur de la perte. Il y a un an maintenant que j’ai perdu ma maman mais je me reconnais dans vos maux et mots.

    On dit que le temps estompe la douleur… La mienne s’amuse à jouer à cache-cache avec mon coeur.

    Il y a des moments où on se met en mode automatique : métro (voiture), boulot, dodo (pas toutrop à fait ). Il y a ceux où on se sent vivante: câlins des petits, petits mots des copines (j’ai failli écrire coupine!) Et là le chagrin recule, perd pied…

    Il y a enfin les moments à soi. ON LES REDOUTE. On en a peur. Souvent ils se passent dans les larmes. Les ruminations.

    Mais hier, j’ai sorti mon wax. Cousu toute la journée. Un haut de chez Mode Indienne d’Annabel Benilan. Une tunique rallongée en robe boubou, une jupe Ester du Vestiaire scandinave (toujours de A. Benilan)… Pas satisfaite des résultats, des choses à défaire et à réajuster.

    Mais au moins je me sens vivante.

    La couture c’est la vie!

    Les souvenirs aussi… J’ai passé tellement de temps, petite fille à regarder ma mère coudre sur sa vieille Singer à pédale. ..Les gros ciseaux faisaient rakkket rakkket rakkket sur la table de la salle à manger en découpant le tissu. Tissu qui sentait bon le neuf…

    Bref hier j’ai Cousu et j’ai retrouvé de l’énergie. The show must go on!

    J’ai beaucoup parlé de moi… Le chagrin rend égoïste. J’espère que vous avez /allez trouver la force d’avancer.

    Coutureusement vôtre.

    E.ZAMBO

  30. Oh ma chère Tasticottine, je compatis tellement à ton chagrin. Mais tu le vois déjà, un coeur même brisé et fracassé se répare, par les petites joies du quotidien, et la couture bien sûr (en témoigne ta superbe jupe). Le temps est aussi un fidèle allié, même s’il s’écoule si bizarrement…
    Je te serre fort sur mon coeur.

    Pour toi ce poème d’Eluard qui, je trouve, est comme un cataplasme

    La nuit n’est jamais complète

    La nuit n’est jamais complète.
    Il y a toujours, puisque je le dis,
    Puisque je l’affirme,
    Au bout du chagrin
    Une fenêtre ouverte, une fenêtre éclairée
    Il y a toujours un rêve qui veille,
    Désir à combler, Faim à satisfaire,
    Un cœur généreux,
    Une main tendue, une main ouverte,
    Des yeux attentifs,
    Une vie, la vie à se partager.

  31. Oh! Tasticottine… J.admirais une fois de plus ta robe presque parfaite sur t&n quand j.ai eu l.idee de venir prendre de tes nouvelles sur ton blog.. Tu me trouves bien desolee de te savoir en deuil.
    Bon courage , chère Nasa

  32. Je viens quelques fois parce que j’aime te lire, rire avec toi, discrète, sans faire de bruit, impressionnée par tous les comm et parce que je suis un peu sauvage aussi…
    Mais là, oh là, j’ai des tonnes de pensées pour toi que je ne peux pas garder silencieuses. Notre mois de février a été similaire dans l’épreuve, et la couture notre parenthèse commune dans ce raz de marée de chagrin et d’impuissance mêlés.
    J’espère qu’à cette heure ton sourire trouve à illuminer ce gris…
    Les mots s’emmêlent, argh… mais le coeur y est… <3

  33. La vie se joue parfois de nous et ne tient qu’à un fil mais d’autres fils (ceux de la couture) peuvent parfois réparer…Le superflu contre les grandes douleurs et peu à peu, le chagrin ne sera plus la proue mais une trace dans le sillon…

    Bon courage et merci pour vos jolis mots…et bravo pour cette jupe que d’ici je trouve parfaite.

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