TASTICOTTINE

Couture écrite. Et parfois se perd ici un tricot...
Couture à basse cour

La zone grise

La semaine dernière, coupine, je me suis cousu un sac à tricot.

Un sac fonctionnel, avec une grande poche pour les explications papier, une bande pressionnée (à l’instar d’Une souris verte) pour éviter que les fils des pelotes s’emmêlent, trois petits emplacements pour les aiguilles à torsades, ciseaux, crochets et même (luxe et raffinement) une poche zippée pour les petits accessoires.

J’ai coupé ce sac dans un tissu que j’ai trouvé au Marché Saint-Pierre, chez Moline, en 2009. C’était un lundi, il pleuvait à verse. J’avais été missionnée par une copine pour lui acheter deux mètres de cette toile à grosses fleurs rétros. J’étais tombée sous le charme, j’en avais donc aussi pris un mètre pour moi, juste pour le plaisir (à l’époque j’achetais tout ce qui me plaisait sans me poser de question).

Et 8 ans après, il s’est avéré être le candidat parfait pour mon projet de sac.

Au bout de deux soirées à peine, je me suis retrouvé avec un sac à tricot pratique et, force fut de le constater, prodigieusement beau.

Je frétillai donc tout naturellement de joie. Et comme pour tout ce que je fabrique de joli, après avoir paradé dans mon cercle familial, j’ai voulu mettre mon nouveau sac à tricot sur mon blog afin qu’ensemble, toi et moi gazouillions sur sa perfection.

Je pris donc tranquillement la direction du blog, mes photos sous le bras. Je sautillais, je me sentais légère, mon sac était beau. J’avais hâte d’arriver.

J’avais déjà parcouru ce chemin 274 fois, je le connaissais par cœur, j’avais le nez au vent, j’étais sereine. J’écoutais les oiseaux gazouiller, je savourais l’instant, je commençais à réfléchir à ce que j’allais te dire, j’avais envie de fermer les yeux.

Sac à tricot (patron maison qui sent le soufre)
toile à motifs (from my stock)
popeline jaune (from my stock also!)
fermeture éclair (from my stock agaaaain!)
cordon coton (still from my stoooock!)(la classe à Dallas, isn’t it, coupine?)
perles en bois (bon ok, not from my stock => stolen from my girls)(Rho ça va, elles en ont plein!)

Tout à coup, je trébuchai sur quelque chose. Une racine ? Curieux, j’aurais mis ma main à couper qu’il n’y avait pas d’arbre dans le coin.

Mais ce n’était pas une racine, coupine, c’était… un scrupule.
Ah mince, c’était bien ma veine, tiens!

Un scrupule, un de ces fichus machins qui colle aux basques, qui alourdit l’enthousiasme et qui refroidit l’ambiance. Il fallait que ça tombe sur moi, n’est-ce pas ?
La tuile !

C’est emmerdant, un scrupule. Ça n’a l’air de rien comme ça mais ça démange, ça donne des boutons et si on n’y fait pas attention, ça s’infecte et ça vire direct à la culpabilité pure et simple. Il valait mieux ne pas l’ignorer, alors je me suis arrêtée pour l’examiner.

Ce qu’il y avait derrière mon scrupule, c’était que mon merveilleux sac était une copie conforme du Field Bag de Fringe & Co.

J’avais cherché l’inspiration sur le net et j’étais tombée sur ce sac. Sobre, simple, parfait.
C’était exactement ça que je voulais. Cette forme, cette taille, ces poches, cette lanière. Exactement ce sac-là. Dans mon tissu vintage. Alors je l’ai copié.

Or, ce n’est pas bien de copier. C’est même drôlement mal, ce que j’ai fait (à ce stade, j’aime autant te prévenir qu’il n’est pas question que je fasse un tuto, je n’ai pas envie d’aggraver mon cas, merci).

Le temps a logiquement commencé à se couvrir et je me mis à courir pour me mettre à l’abri (j’avais peut-être une chance d’échapper à l’orage ?).
Ça n’a pas loupé : je suis tombée dans un marécage. Dans une bonne vieille prise de tête, bien corsée comme je ne les aime pas.

Moi j’étais sur le versant superficiel du truc, à me pâmer sur l’extraordinaire beauté de mon sac à tricot. Je jouais avec l’idée qu’il allait à coup sûr me sortir de la sinistrose de cette année 2017, effroyable en termes de production tricotesque.

Alors qu’en fait, cette couture était peut-être bien plus que ça. Elle était peut-être politique, coupine! Carrément!

En tout cas, elle soulevait une cascade de questions auxquelles je n’avais prêté aucune attention, pressée que j’étais d’avoir ma merveille de sac, mais qui me rattrapaient là, sur le chemin du blog.

Est-ce moral de copier un objet du commerce ?
Même si c’est exactement ça qu’on veut ?
Même si on recrée le patron toute seule comme une grande ?
Même si on SAIT le fabriquer ?
Et que du coup, ça fait suer de l’acheter ?

Non, n’est-ce pas ? Ce n’est pas moral. Ni légal d’ailleurs.
Damned.

Aller par là, coupine, c’est entrer dans la zone grise. La zone où ce n’est pas balisé et où on n’est pas censé aller. Le domaine où il y a de la gêne. Le sous-bois où il est épineux de s’aventurer : la reproduction d’articles du commerce.
Dans cette zone, on peut se prendre une marque en pleine tête, sans sommation. Et on sera toujours en tort.

Pense à Aime Comme Marie qui aurait retiré le tuto de son sac week-end à la demande d’April Showers by Polder, qui commercialisait un sac identique et portant le même nom.

Pense à Kallou qui a effacé son tuto de babynomade de son blog, à la demande de Red Castle.

Le monde a rétréci depuis qu’internet et plus encore les réseaux sociaux existent. Tout le monde entend, lit, voit ce que tout le monde fait. Et pour peu qu’on en parle sur les réseaux, de grandes marques sont au courant quand des couturières à l’autre bout du monde reproduisent l’un de leurs produits. Et quand ces aventurières commettent un tuto, ces grandes marques peuvent les alpaguer et exiger le retrait dudit tuto.

Ça peut se comprendre. Faut pas pousser Mémé dans les orties, non plus. Ça pique les orties.

Mais alors on fait quoi ? On s’interdit, on recule, on condamne l’accès au sous-bois ?
Qui a jeté son patron après le rappel à l’ordre de Red Castle et d’April Showers by Polder ?

Peut-être que la solution est dans la discrétion. La non communication. Si on copie en douce, pour soi, et qu’on n’en parle pas, ça passe ?

Que devais-je donc faire, rebrousser chemin et rentrer chez moi ?

Mais le monde et toi DEVIEZ savoir que ce sac éblouissant existe ! Et que JE l’avais cousu !
Je vous devais cette information, mon égo me l’a dit (et il ne me ment jamais)! Il FALLAIT que j’aille exposer ce sac exceptionnel sur le blog! Pour ton plaisir et pour le mien.
Autrement dit, je crevais d’envie de fanfaronner avec mon incroyable sac à tricot. Plagié. Certes.

Devais-je y aller quand même, alors ?

Mais quels messages enverrais-je en faisant ça ?
« Oyez bonnes gens, on peut parfaitement et sereinement copier un modèle qui est en vente »? « Coucou les marques! Dites adieu à mon porte-monnaie : je sais coudre et je peux recréer ce que vous faites, les doigts dans le nez » ?

Ce scrupule sur lequel j’ai failli me faire une entorse était quand même une sonnette d’alarme ! Qui hurlait quelque chose comme « attention, au-delà de cette limite, c’est l’illégalité. Et tu n’as pas le droit de l’ignorer. Jeune écervelée. »

Si je passais outre, si je m’engageais dans la zone grise, est-ce que je deviendrais une nihiliste qui emmerde le système ?

Pourtant, je ne cherchais pas à feinter le système. Ce n’était pas le but avec ce sac.

Je ne me trouve pas « maligne » d’avoir le beurre (le sac) et l’argent du beurre (les 65€ que ça m’aurait coûté de l’acheter). Simplement, je sais fabriquer du beurre alors je fais quoi ? Je m’en empêche sous prétexte que je ne suis pas la crémière ?

Qui fait ça en vrai dans la vie ? Qui s’empêche de quitter la file à la crèmerie pour rentrer chez soi faire son propre beurre alors qu’il le peut?

Savoir coudre, c’est un pouvoir, voilà ce qui m’apparaissait à ce stade. Savoir coudre, c’est avoir la possibilité de s’affranchir de multiples diktats.

De celui de la mode, bien sûr: Tu n’es plus obligée de porter un jean qui te saucissonne jusqu’aux chevilles parce qu’il n’y a que ça en magasin alors que tu n’aimes que les pattes d’eph’, tu peux te coudre le pantalon que tu veux.

Mais aussi de celui des prix: Tu n’as pas prévu de mettre 145 euros dans ce tee-shirt qui pourtant t’obsède ? Si tu sais te le coudre, tu n’es pas obligée de casser ta tirelire.

Ca va même au-delà, quand on y réfléchit.
Il y a le fameux sac de Vanessa, abondamment copié. Le même argument revient toujours en premier chez les bloggeuses qui se justifient : le prix est trop élevé.
Pourtant est-ce une question de prix ? N’est-ce vraiment qu’une question de prix ?

Si le VB était à 15€, l’achèteraient-elles au lieu de le coudre ? N’y a-t-il pas le plaisir de s’approprier l’objet aussi ? De le coudre à ses couleurs, à la taille qu’on souhaite, d’affiner le concept, quoi ?
Savoir coudre, c’est pouvoir adapter un objet existant à ses exacts besoins.

Je crois que la donne commerciale est en train de changer.

Il y a maintenant ceux qui sont capables. Ceux qui ont (ré)appris à coudre. Ceux qui se sont d’abord inspirés de ce qui existait dans le commerce, sans pour autant être capable de faire aussi bien. Qui ont ensuite progressé, cousu de mieux en mieux. Et qui, peu à peu ont réduit puis gommé l’écart de niveau entre l’inspiration et ce qu’ils sont capables de produire. Maintenant, des couturiers amateurs en arrivent à un niveau quasi professionnel. Ils savent faire aussi bien que dans le commerce, ils savent refaire à l’identique. Pas pour contrefaire, revendre ou ce genre de chose. Juste pour eux.

Les marques ne devraient-elles pas prendre ces compétences, de plus en plus avérées, en compte ?

Ce qu’il nous faudrait, c’est un monde où il n’y aurait plus de zone grise. Un monde où seraient en vente des produits finis, pour qui a la flemme ou ne sait pas et des patrons, pour qui sait et a envie de personnaliser.

Il y a déjà des initiatives qui vont dans ce sens : Delphine et Morissette par exemple, qui coud délicieusement bien et qui vend ses créations, vend également les patrons de ses créations. Pour que celles qui savent et veulent coudre plutôt qu’acheter le vêtement fini.

Tout le monde y trouve son compte : la créatrice – qui n’est pas flouée, les gens qui ne cousent pas – qui achètent les vêtements qu’elle crée et les gens qui cousent – qui achètent ses patrons.
Ca ressemble à un début de solution, ça ou je ne m’y connais pas.

Bref, tu parles d’une balade légère. J’ai pris l’orage, je me suis perdue dans un marécage, je me suis collé une bonne migraine…

Ca va peut-être me porter malheur, au final, cette affaire de copie. Au lieu de me sortir de ma malchance tricotesque, ça va peut-être m’enfoncer dans les abîmes.

Mais tu vois, je suis quand même venue, malgré l’orage, malgré mes doutes. Et je t’ai apporté ces kilos de questions que j’ai ramassées en chemin.

Bon, puisque je suis là, regarde : il est quand même drôlement beau, mon nouveau sac à tricoter, tu ne trouves pas ?

19 Comment

  1. D’accord d’accord….mais n’oublions pas que tout le monde copie tout le monde en ce moment !
    Alors si on dit ….comme à la maternelle. … »à la manière de « ……c’est déjà mieux.
    Bon ce qui est important c’est de savoir ce que préconisent les lois de Tasticottie.

  2. Ouhlala, quelle prise de tête ;-)))
    Tu vois bien comment fonctionne la création, la mode tourne en rond, tout le monde copie tout le monde, de la petite couturière aux créateurs de renom (cf les volants cet été, saurais tu dire qui a commencé?).
    On appelle ça l’inspiration.
    Ton sac est beau, il est fait par toi et pour toi. Largement inspiré par le Field Bag certes, mais ton interprétation reste très personnelle et surtout tu ne comptes pas le commercialiser, alors où est le problème?
    Entre nous je préfère ta version, tu m’en fais un?

  3. Ouhlala, quelle prise de tête ;-)))
    Tu vois bien comment fonctionne la création, la mode tourne en rond, tout le monde copie tout le monde, de la petite couturière aux créateurs de renom (cf les volants cet été, saurais tu dire qui a commencé?).
    On appelle ça l’inspiration.
    Ton sac est beau, il est fait par toi et pour toi. Largement inspiré par le Field Bag certes, mais ton interprétation reste très personnelle et surtout tu ne comptes pas le commercialiser, alors où est le problème?
    Entre nous je préfère ta version, tu m’en fais un?

  4. Je me souviens que lors de la tempête McM, quelqu’un travaillant dans le domaine du copyright avait éclairci les choses sur la légalité de « l’inspiration » pour usage personnel sur le forum de T&N.
    Je ne suis plus 100% sûre de moi, mais il me semble que ton cas n’est pas concidéré comme une action répréhensible par la loi, dans la mesure où tu ne portes pas atteinte à la marque copiée puisque tu ne vends pas ta création, tu ne fournis pas de tuto, et il n’y a même pas de manque à gagner pour la marque puisque tu n’aurais de toutes façons sans doute jamais mis les 65euros dans cet article. ã vérifier, mais je pense que tu peux dormir sur tes deux oreilles… D’autant plus que tu as amélioré l’original en l’adaptant à ton usage avec la poche zippée, ce n’est donc plus une copie conforme 😉

    En tout cas, il est bien joli ce petit sac à ouvrage, et il serait bien dommage que ta culpabilité t’empêche d’en profiter pleinement!

  5. Coucou Copine,
    Absente du net depuis quelques temps, je viens de lire tes 3 derniers articles avec un grand bonheur et un réel plaisir ! Car tu le sais, j’adore ta prose et ne me lasse pas de te retrouver. La pause vacances de ton inspiration t’a fait le plus grand bien puisqu’elle t’es revenue changée mais dynamique. Ton travail est toujours aussi beau et tes photos, tes textes et ta personnalité m’enchantent !
    Ton sac à tricot est superbe. Je comprend ton questionnement quand à la copie, mais je pense que le fait de ne le faire que pour toi ne peut pas être considéré comme un plagia, Après tout le seul bénéfice que tu en retires c’est la fierté d’une pièce unique made by toi ! Et en faisant cet article et en citant la marque d’origine, dans le pire des cas, tu donneras l’envie à une coupinette non couturière d’en acheter un.
    Moi je te dis bravo et merci ! Tu ensoleilles ma journée !
    Bisous bisous =)

  6. Ajouté au plaisir des mots, le plaisir de la réflexion en te lisant ce matin. C’est compliqué cette histoire de « copie », si on regarde le monde des patrons indépendants, qui s’inspire de qui pour telle basque de tunique, tel volant?… Les idées sont dans l’air. Donc… inspiration : les personnes en capacité de créer auront toujours une idée d’avance, et nos interprétations peuvent mettre certaines choses en valeur de leur idée de base… et nous donner d’autres idées! ;D

  7. Pour moi, on vole quand on affirme avoir eu une idée seule alors qu’elle vient de quelqu’un d’autre et on vole quand on tire un bénéfice de ce mensonge, en commercialisant le produit ou le patron, etc.
    Je ne suis pas juriste, c’est ma morale/conscience.
    Je pense que tu peux profiter sans arrière-pensée de ton beau sac et le remplir de tout un tas de jolis projets.

  8. Beau sac mais aussi belle prise de tête, La copie pour moi c’est quand on vend sinon pour soi on a un peu le droit de faire ce que l’on veut, Même si tu achètes le même tissu et copie la robe d’une marque, si il n’y a que ton étiquette est-ce une copie?
    Ce que moi je trouve plus répréhensible c’est le prêt de patrons (même si je le pratique quelquefois mais toujours dans le même sens, de moi aux amies) , la on bafoue les droits des créatrices, enfin c’est un vaste débat.
    J’aime toujours autant ton écriture, ne lâches pas ton blog.

  9. Quel magnifique sac, tellement beau que j’ai envie de le copier sur toi!… 😉 Alors, je copie sur qui au fait? Sur toi? Sur le Field Bag de Fringe & co? Et qui nous dit, en plus, que le créateur de ladite marque n’a pas lui-même puisé son inspiration en copiant le sac à tricot de sa tatie Jeanine ou en voyant le même dans une vitrine ou un journal? On peut remonter comme çà jusqu’aux origines de la couture pour savoir qui, le premier, a eu l’idée digne d’un prix Nobel d’associer deux morceaux de tissu, de créer une coulisse et d’y inclure un cordon agrémenté de petites boules de bois et d’une petite sangle? Je me moque un chouillat (si, si, quand même…) mais bon, c’est bien de çà dont on parle, non? Entre nous, vendre çà 65€, y aurait pas comme un léger ‘moquage de figure’ (oui je sais çà n’existe pas mais c’est pour rester polie et pour plagier le style Ségolène Royal!). Franchement, ton sac est magnifique et je ne connaissais même pas celui qui t’a inspirée. Juridiquement parlant tu n’as rien fait de mal puisque tu cites la marque de ton inspiration et lui fais au passage une publicité gratuite. Contrairement à une dont je tairai le nom pour ne pas lui faire une publicité qu’elle ne mérite pas et qui a honteusement tiré un profit financier en recopiant ni plus ni moins des patrons parus quelques années auparavant dans un grand journal en disant ‘C’est moi qui l’ai fait!’, toi tu annonces humblement la couleur dès le début et, que je saches, tu n’en tires aucun profit ni financier ni d’estime? Tu n’essaies pas de t’approprier lâchement le travail d’autrui? Donc tu peux coudre et tricoter tranquillement sur tes deux oreilles et continuer de nous enchanter de tes si jolies créations et de cette prose intelligente et raffinée dont tu as le secret. Belle journée à toi!

  10. Ton sac est magnifique!!! bravo
    Je m’en suis fais un aussi et j’ai même trouvé le tuto sur le net, na!
    Qui copie qui de nos jours, toutes les marques sont copiées et ça va de la couture, tricot, la confection, même les voitures, les chansons, dans la menuiserie,….. tout je te dis tout est copié.
    Moi je dis si quelque chose plaît et qu’on sait le reproduire, alors faut pas hésiter coupine, on fait pour notre propre plaisir pas pour la revente, et encore…
    Même le fait d’acheter un patron que ce soit en couture ou tricot ou crochet, et le reproduire chez soi, est de la copie pure et simple. Alors faut arrêter de culpabiliser, la science infuse n’existe pas!!
    Continue de nous faire rêver avec tes créations et ta jolie prose qui elle n’appartient qu’à toi.
    Belle journée

  11. Il est très beau ce sac… bien plus coloré que celui qui s’est imprimé dans ton esprit avant de le faire !
    C’est avec plaisir que j’ai lu ta réflexion, et du coup ça gamberge aussi par ici. 🙂
    En tout cas merci pour ces mots, la couture c’est aussi ça pour moi, ça va au-delà des tissus et de la mode, ça engage aussi dans son rapport à la production et à la consommation.

    1. Merci beaucoup Marie. j’avoue que j’aime bien les raisonnements comme ça, autour de la couture. Ca ouvre tout un champ de réflexion qui accompagne bien la créativité, je trouve.

  12. Inspiration, oui…puis création 100 % tasticottinesque : ce tissu… rétro à souhait, les perles en bois sur les liens, les poches intérieures…Merci de nous faire partager cette réflexion, çà fait partie du processus de création. Mais s’il-te-plait, pas de culpabilité ! Profite bien de ce sac … et bon tricot !

  13. C’était très intéressant, mais j’avoue avoir levé le sourcil dès le début. Je ne vois pas en quoi ce n’est pas moral ni légal de fabriquer ce que d’autres savent faire et vendent. Par contre utiliser leur nom ou jouer sur la confusion entre leur produit et le nôtre pour s’attribuer une part du gâteau est nettement plus dommageable pour les rapports sociaux et risqué du point de vue légal.
    Donc oui, tu envoies les messages « Oyez bonnes gens, on peut parfaitement et sereinement copier un modèle qui est en vente » et « Coucou les marques! Dites adieu à mon porte-monnaie : je sais coudre et je peux recréer ce que vous faites, les doigts dans le nez », et très franchement je ne vois pas le problème, je trouve ça plutôt sain même. Peut-on dire que ce type de copie privée « à la manière de » déstabilise l’économie artisanale ? Je ne crois pas. En produisant une version destinée à ton usage tu assumes une part d’incertitude quant à son rendu, et si tu voulais être sûre d’avoir LE produit, tu l’achèterais, c’est le principe du commerce. Si ça ne se vend pas… c’est peut-être que les gens n’ont pas suffisamment besoin du produit fini sous cette forme précise ?
    Pour en revenir à l’objet je suis contente que tu nous aies montré ton sac, ça m’a permis de connaître l’original. Et si je devais en reproduire un… ça serait le tien qui avec ses couleurs est un régal pour les yeux.

    1. J’aime beaucoup ta vision des choses. Je me disais qu’envoyer ces messages étaient des incitations, indrectes certes, mais réelles, à contourner l’offre commerciale actuelle, à sortir du carcan imposé (tu ne pourras acheter QUE cet objet-là, à CE prix-là)..
      Et je m’arrêtais à ça.
      Mais effectivement, pourquoi pas?
      Ca a une gueule de révolution douce, tout ça, non?
      Merci pour mon sac!

  14. Sachant que je n’avais jamais fichtrement entendu parler de ce Field bag, et que désormais c’est le cas grâce à toi, on peut considérer que tu leur fais de la pub. Donc, à moins que tu déscolarises tes filles pour leur faire coudre des sacs à la chaine que tu vends moins cher que les officiels sur Allie Express, je pense que tu peux dormir sur tes deux oreilles et que le père noël ne t’enlèvera pas de la liste des enfants sages pour cette année.

  15. Ce qui serait « malhonnête » mais juste vis à vis de la morale et pas de la Loi, serait de dire : » Oh regardez ce que je viens de créer toute seule, moi artiste créatrice! » Citez ta source d’inspiration est plus que correcte, c’est respecter ceux qui te lisent.
    On peut s’inspirer, copier, plagier tant que c’est pour son usage personnel sans but commercial et qu’on cite ses sources.
    Ton sac est magnifique et ta balade dans les sous-bois un vrai plaisir à suivre 🙂

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