Le pont du Prince Diamant

Il était une fois, dans un très lointain royaume, un très beau prince. Il était d’une beauté si parfaite que ses parents le prénommèrent Diamant.

Quand il eut 16 ans, son père lui offrit un château et un beau cheval blanc. Le prince adorait parader sur son cheval et parcourait tout le royaume pour se faire admirer avec sa monture.

Partout où il passait, les femmes se pâmaient devant sa beauté. Certaines s’évanouissaient, d’autres tentaient de le toucher, d’autres encore sombraient dans l’hystérie. Toutes lui criaient qu’elles l’aimaient.

Ces manifestations ennuyaient le prince. Les cris faisaient peur à son cheval et il n’avait pas du tout envie d’être sali par les doigts pleins de terre des paysannes.

Un jour qu’il se promenait ainsi, le menton fier, le sourcil froncé (il venait de se faire siffler par une gueuse mal fagotée), Diamant tomba nez à nez avec une dragonne volante. Elle était énorme et mesurait au moins 8 mètres de long sans parler de ses immenses ailes.

Il tira vite son épée de son fourreau et la pointa vers la bête, prêt à se battre. Diamant était un prince vaillant.

Seulement, la dragonne ne réagit pas du tout comme il s’y attendait. Au lieu de l’attaquer en crachant des flammes, elle se figea, la mâchoire ouverte, les naseaux fumants, le contemplant du haut de ses 8 mètres. La dragonne venait d’avoir un coup de foudre, un gros béguin enflammé pour Diamant.

Quand il le comprit, Diamant ricana et fit une moue de dégoût qui fit beaucoup de peine à la dragonne. Humiliée de voir ses ardentes avances repoussées, la dragonne se mit en colère. Elle se saisit du prince et de son cheval et les enferma dans le château offert par le roi. Puis elle cracha tout autour du château, créant des douves pleines de lave en fusion.

Le roi et la reine furent effondrés : leur fils, leur si beau garçon, était prisonnier de la dragonne. Impossible de s’approcher du château, la dragonne crachait des flammes qui élargissaient le lit du fleuve de lave dès qu’on essayait.

Ils promirent une récompense à qui leur ramènerait leur cher Diamant. Les habitants du royaume avaient trop peur de la dragonne pour tenter quoi que ce soit, récompense à la clef ou pas. Alors ils promirent la main de Diamant à celle qui saurait le délivrer ou à la fille de celui qui le secourrait.

Beaucoup d’hommes et de femmes essayèrent alors de construire un pont au dessus de la lave. Mais le fleuve grossissait et l’îlot sur lequel était le château s’éloignait, ce qui fait que les ponts, étirés jusqu’à leur point de rupture, cassaient l’un après l’autre.

Le roi et la reine frôlaient le désespoir le plus total lorsqu’une jeune femme se présenta devant eux et leur promit de sauver le prince. C’était la gourgandine qui l’avait sifflé juste avant qu’il ne soit capturé par la dragonne.

La jeune femme alla étudier les lieux puis rentra chez elle. On entendit sa machine à coudre fonctionner toute la nuit (les voisins étaient furieux). Au petit matin, on la vit s’approcher du château, une énorme quantité de tissu sur l’épaule. Arrivée au bord de la douve, elle lança son tissu, qui ressemblait à un filin, par-dessus le fleuve. Equipé de crochets aux extrémités, le filin devint un pont. A bien y regarder, les gens réalisèrent qu’il s’agissait d’un très long morceau de tissu ignifugé* smocké.

Voyant cela, la dragonne se fâcha, cracha des flammes et le fleuve de lave s’élargit.
Seulement, contrairement aux autres ponts, celui-ci ne céda pas. Grâce aux smocks, il était élastique. La jeune femme put donc traverser le fleuve et ramener le prince à ses parents éperdus de reconnaissance.

Diamant, soulagé d’avoir été libéré, regarda attentivement la jeune femme et réalisa que sous la crasse et les guenilles, il y avait une femme très belle et au regard intelligent. Il tomba immédiatement amoureux d’elle.

Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants aussi beaux que leur père et aussi intelligents que leur mère.

Les smocks furent dès lors considérés comme des incontournables de la couture et toutes les femmes du royaume apprirent à en faire.

Voici ma première robe smockée. Elle est pour la petite Inès. Je l’ai faite en m’inspirant du tuto des Petits Pois.

J’ai aussi fait un petit fichu assorti, histoire de lui protéger la tête du soleil estival.




Tissu liberty (Toto Tissus) et biais orange (Tissus Reine). Fil élastique (Monoprix) et fil orange (Modes et Travaux).

Alors finalement, les smocks, ça fait peur au début mais ce n’est pas difficile. J’ai fait ma canette à la main en tendant le fil élastique puis j’ai cousu normalement en maintenant le tissu tendu à chaque nouvelle ligne de smocks.

Je peux vous dire qu’on n’en a pas fini, les smocks et moi 🙂

* Je précise cela parce qu’un certain Guigui, qui a eu ce texte en avant-première n’a eu de cesse de souligner l’impossibilité pour un pont en tissu classique de ne pas cramer au dessus d’un fleuve de lave. Guigui, si tu me lis, c’est bon, tu peux dormir tranquille.

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