je couds ma garde-robe capsule 2017 – Projet de Juin – Le short

Bon ok, j’ai un poil de retard dans mes publications, les mois de Juin et de Juillet ayant été d’une richesse inédite en événements majeurs. Mais je n’ai pas abandonné le projet, ne t’inquiète pas.

Je vais te dire une bonne chose coupine, si j’avais pu choisir mes cuisses, j’aurais pris de sobres cylindres tout fins, en toute simplicité. Des cuisses chétives, des haricots, voilà ce que j’aurais mis dans mon caddie.

Ou alors, s’il y avait rupture de stock sur ces modèles-là, j’aurais pris, sans râler et avec cette faculté d’adaptation que tu me connais, une paire de cuisses toniques, aux muscles bien dessinés et finissant sur des genoux à la peau bien tendue, comme celles des filles qui ont sérieusement continué le sport après le bac.

Mais avant tout, j’aurais pris des cuisses sympas. Et dociles.

Short 113B (Magazine Burda 07/2009) en taille 38
Wax (déniché dans une boutique au fin fond d’Aubervilliers)
bouton à jean (Modes et Travaux)
Fermeture éclair métallique (mon stock)

Parce que sous mon fessier hémisphérique (qui me porte déjà bien sur les nerfs), j’ai une paire de cuisses totalement impossibles. Hyper compliquées, susceptibles, ingérables.

Mes cuisses sont d’un pénible ! Elles râlent, elles boudent, elles se plaignent. Elles m’emmerdent. Ce sont de vraies mégères.

Avec les robes et les jupes, ça va. J’ai lâché le serré pour le fluide, les tissus rigides pour la viscose ou les cotons légers et j’ai la paix. Elles prennent leurs aises et du coup elles ne mouftent pas même si je sens bien qu’elles se frottent et s’échauffent en coulisse.

Avec les jeans que je leur impose (des slims), ça va aussi. Elles sont bâillonnées (c’est bien les slims, quand même hein) et je peux les ignorer.
Bien entendu, elles protestent de toutes leurs forces. Elles résistent à l’enfilage, elles s’arc-boutent contre le tissu, font mine d’agoniser si je tente de m’accroupir ou simplement de me pencher, et le soir elles arborent perfidement l’empreinte des coutures, pour que je culpabilise de les avoir emprisonnées (elles peuvent toujours rêver, j’adore les slims et je ne suis pas près de céder à leurs caprices).

Globalement donc, je dirais que ça va. Depuis le temps que je me coltine ces deux-là, j’arrive à les gérer facilement quand il est question d’une robe, d’une jupe ou d’un slim.

Seulement voilà, il y a les shorts. Mes cuisses ont une sainte horreur des shorts. C’est bien simple, elles se sont fritées avec tous les shorts que je leur ai présentés depuis ma puberté à peu près.

Au lieu sortir gracieusement de chaque jambe de short façon pied de lampe élégant (c’est-à-dire SANS toucher les bords de ladite jambe), elles poussent, elles tirent, elles se débattent comme des forcenées et ruinent totalement le glamour, la joliesse et l’esthétique du short.
Elles se comportent comme des sauvages, coupine. Comme des sauvages ! Elles me collent une de ces hontes à chaque fois, je ne te dis pas !

Aucune sorte de short ne leur convient.
Ni les shorts courts – culottes, ni les shorts longs – bermudas, ni les shorts larges – jupe-culottes, ni les shorts serrés – cyclistes (qui ne sont de toute façon PAS des shorts, comme on le sait tous).

Aucun.short.ne.me.va.

C’est dingue, non ?
Mes cuisses sabotent toutes mes tentatives de me glisser dans un short. Toutes sans exception.

C’est une vraie tragédie, cette affaire, parce qu’il se trouve que j’aime bien les shorts. Non mais comment est-il possible qu’un type de vêtement qu’on aime bien ne nous aille JAMAIS, quelle que soit sa forme ?

Enfin je dis « nous » mais si ça se trouve c’est une malédiction qui m’est personnellement réservée. Ça t’arrive à toi, coupinette ? Avec des shorts ou avec autre chose ?

Je n’ai qu’un short, acheté il y a un bail, éculé, délavé et déformé, que je réserve aux balades estivales en milieu hostile (non urbain quoi… enfin pas dans les coins où je connais du monde que je pourrais croiser). Il ne me va pas mais il est pratique (et tu sais comme moi que ce qui est pratique est souvent fatal pour le style).

A part lui, je n’en porte jamais. Les shorts ne me vont pas, c’est comme ça et j’ai fini par l’accepter.

Et là débarque en Tasticottie le projet « Je couds ma garde-robe capsule 2017 », avec au menu, au milieu de propositions toutes plus alléchantes les unes que les autres, un short.

Ah.

Tu me connais coupinette, les causes perdues ne sont pas ma tasse de thé. Mais à la perspective de ce projet, c’était la liesse, la promesse d’un renouveau, une aventure commune, une proposition miraculeuse, l’espoir qui revenait, l’espoir qui revenait enfin !

Alors évidemment je me suis dit que le miracle pouvait aller jusqu’à mes cuisses, que ce short, mon premier short cousu les séduirait peut-être, comme dans un conte de fée.
Je me suis laissée emporter par l’ivresse, quoi, tu comprends ?
Et puis la photo du modèle que j’ai choisi me faisait baver d’envie, tellement il avait l’air seyant.
Ça pouvait peut-être le faire, pour une fois.

Et donc en Juin, j’y suis allée, gonflée d’espoir. Celui-là serait le bon, celui-là serait le prince charmant de mes cuisses. Forcément.

La couture de ce short fut un voyage à l’étranger, en Burdalie pour être précise. J’y suis restée à peu près 2 semaines, visitant les monuments à savoir la braguette, les revers, la ceinture, les éternelles poches passepoilées et les passants, à un rythme pépère, plutôt en soirée qu’en journée. Bon, j’avais un peu présumé de mes connaissances en burdalais (la langue du cru) mais j’ai réussi à me repérer dans le dédale des explications nébuleuses qui fait, il faut bien le dire, le charme et la réputation de ce beau pays.

J’avais choisi, pour m’accompagner, un wax que j’avais traqué avec ma Tantie A. Elle est totalement fan de La Waxeuse et elle voulait que je lui reproduise, à l’identique, l’une des merveilleuses robes de cette virtuose de la couture. Ce que je fis, soit dit en passant (chère Natty_Wax, si tu me lis, j’espère que tu ne m’en veux pas trop de ce plagiat total et que tu le prendras comme un hommage à ton talent).

Moi au départ, j’étais moyennement transportée par ce tissu. Mais à force de le travailler pour l’Emery Dress de ma tante, j’ai fini par trouver en lui un chouette compagnon et je lui ai donc proposé de venir avec moi en Burdalie.

Ma foi, j’ai bien fait, on s’est amusés comme des fous ! On a fait des raccords (non mais mate ma braguette, quoi coupinette ! C’est beau, non ?), on a appris à faire des revers orthodoxes, on a adopté un bouton de jean et on a sympathisé avec des passants.

Bon, on n’a pas tout vu hein, on a fait l’impasse sur les poches passepoilées au dos par pure flemme. On a aussi pris un autre chemin que celui préconisé par le guide burdalais pour la visite de la braguette (on a eu peur de se perdre alors on a préféré suivre l’itinéraire plus simple proposé par le Ginger Jeans de Closet Case Files).

Quand le voyage a pris fin, on était plutôt large. Surtout à la taille. A la taille, on avait 15 bons centimètres en trop. Mais mes cuisses se sont à peu près bien tenues.

Après rabotage et réessayage, ça allait mieux. Et à mon grand soulagement, mes cuisses n’ont pas fait de crise majeure. Bon, je ne suis pas convaincue que ce short leur plaise vraiment. Elles s’amusent à faire remonter la jambe droite du short quand je marche (j’ai peut-être mal modifié la fourche quand j’ai raboté la taille), ce qui le froisse (je comprends ce pauvre short : qui ne s’énerverait pas si on se payait sa tête toute la journée ?). Mais cette taquinerie est tellement insignifiante par rapport à ce dont elles sont capables que je fais mine de ne rien voir.

Je ne sais pas si mes cuisses s’imaginent que j’ai cousu ce short uniquement pour la gloire et qu’à l’instar de tous les autres, elles ne le reverront plus jamais mais je leur réserve une belle surprise : il vient avec nous en vacances. Et je vais le mettre tout le temps.

Ca leur apprendra.

69 commentaires éclaires sur “Les cuisses adéquates

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