TASTICOTTINE

Couture écrite. Et parfois se perd ici un tricot...
Couture à poulettes Couture à poussins

Page Blanche

(Attention, ceci est un post-fleuve, coupine!)
(non en fait, c’est une inondation)
(sérieusement, ce doit être le plus long de ce blog alors prépare-toi)
(en plus je l’ai blindé de photos…)
(désolée hein!)

Dis-moi coupinette, en toute sincérité, les robes « waou ! », tu en penses quoi ?

Tu sais,  les robes spectaculaires, les robes époustouflantes, les robes de gala. Celles du bal de la Croix-Rouge ou du Festival de Cannes, celles des  Césars ou celles des Oscars. Celles qui font briller les yeux, celles qui font oublier les bijoux, celles qui donnent envie de se redresser, celles qui magnifient, celles qui transforment en sirène.

Tu visualises ? Oui ? Bon, t’en penses quoi, toi ?

Moi  j’adore. Mais alors vraiment vraiment.

Je m’affole devant les robes qui ne s’envisagent qu’avec des chaussures à talons même quand on n’en porte jamais. Je flageole devant les robes qui donnent envie de se maquiller alors qu’on n’a jamais été foutue de se faire un trait d’eyeliner décent. Je raffole des robes glamour qui soulignent ce qu’on a de plus féminin en soi. Je vénère les belles robes.

Je suis quasiment sure que ça me vient de ma mère. Elle a été abonnée à Paris-Match pendant au moins 20 ans alors inévitablement, à force de les feuilleter toutes les semaines, j’ai vu un nombre incalculable de robes de soirée. Pas étonnant que j’aie fini par développer ce penchant pour les robes de rêve.

J’aimerais bien en porter des robes comme ça. Pas tout le temps hein, de temps en temps, genre une à deux fois par semaine, tu vois, ça me plairait bien.

Mais hélàs, c’est compliqué. Parce que la vie est mal faite.

Pour tout te dire, mon quotidien manque cruellement d’occasions de porter des robes renversantes. Je ne suis jamais invitée à des bals, ni à des cocktails, ni même à une petite soirée chez un quelconque ambassadeur d’un obscur pays dont on ne retient jamais le nom. Et je préfère ne pas aborder le sujet des festivals de cinéma ni celui des cérémonies de remises de prix, j’ai trop peur de me mettre à chouiner là devant toi, si je commence à y penser. Ma vie mondaine est misérable et c’est très frustrant.

Alors oui bien sûr, tu vas me dire qu’on fait ce qu’on veut dans la vie ! Tu vas me soutenir que je pourrais, avec un peu de cran, conduire mes enfants à l’école en robe fourreau satinée, fendue sur le coté et très décolletée dans le dos. Que c’est totalement ok d’aller manger une pizza chez des copains en robe asymétrique à drapé ambitieux et talons de 15 centimètres assortis. Ou que tu ne vois pas en quoi aller boire un coup avec mon Lancelot personnel au troquet du coin en robe bustier et nuage de tulles de différentes couleurs serait problématique.

Et dans le fond tu aurais raison. Après tout, l’élégance est une liberté qu’on peut prendre quand on veut, Dieu merci, et il n’y a théoriquement aucune raison de s’en priver.

Sauf que j’ai peur que le décalage entre mon niveau d’élégance et celui des autres parents, de mes amis ou de mon Lancelot gâche mon bonheur. Être dans la même ambiance que les autres fait partie intégrante du plaisir, tu vois ? Et mon instinct me dit qu’il vaut mieux ne pas mélanger les torchons et les serviettes, ou le satin et le jogging, si tu préfères. En clair, si les autres ne sont pas eux aussi tirés à quatre épingles, être ultra sapée n’aura pas la même saveur. Ça pourrait même être gênant.

N’oublie pas que la frontière est très mince entre extrême élégance et excentricité. C’est juste une question de contexte, à mon sens. On pourrait me croire déguisée et franchement ça me vexerait. Du coup, je me censure et je m’habille normalement, c’est-à-dire en torchon, la plupart du temps.

Mais il reste les mariages ! (des autres, entendons-nous bien, Lancelot et moi sommes pacsés, c’est le maximum qu’on puisse faire, on ne survivrait pas à la préparation d’un mariage) (d’ailleurs, puisqu’on en parle, je n’ai jamais fantasmé sur les robes de mariée) (non, ce n’est pas étrange, le blanc c’est super salissant alors merci bien mais non merci).

Dieu merci, disais-je donc, il y a les mariages !

Ah les mariages ! Les occasions bénies où je peux me lâcher sur de la robe éblouissante.

Elles sont rares, ces occasions, vu que je ne suis invitée à un mariage que tous les cinq ans en moyenne (c’est dingue non ?) (Parfois je me demande si, dans mon entourage, on ne se marierait pas en douce, derrière mon dos) (alors que je sais parfaitement me tenir aux mariages) (Mais si ! Jusqu’au champagne au moins !).

Je te prie donc de croire, très chère coupine, que quand j’ai su, en Septembre dernier, que je serais de mariage en Juillet 2018, j’étais à la limite de la crise d’hystérie (mais je n’ai pas basculé, je sais parfaitement me tenir aux annonces de mariage aussi) (bon j’ai peut-être un peu crié et vaguement sautillé sur place, mais j’ai conservé ma dignité : je n’ai pas battu des mains).

Totalement transportée, j’ai décidé illico de coudre ma robe. Était-ce vraiment une décision, d’ailleurs ? Non mon amie, c’était une évidence ! Évidemment que j’allais me coudre une robe de rêve ! Je n’allais certainement pas louper cette occasion ! Ah ça! Pour une fois que je pouvais me confectionner une robe qui claque, pas question de bouder mon plaisir!

Et histoire que nous soyons toutes les trois raccords niveau élégance le jour du mariage, j’ai résolu de coudre aussi les robes de mes poussinnettes.

Bref, je n’étais que joie à la perspective du 13 Juillet 2018. Enfin, j’avais rendez-vous avec un moment d’élégance total ! Enfin, j’allais porter une robe « waou ! ». Enfin, la vie me faisait une fleur !

Et tout aurait été pour le mieux dans le meilleur des mondes si je n’avais pas été totalement infoutue de trouver un patron de robe de mariage qui me plaise.

Incroyable, non ?

J’ai écumé mes patrons pochettes, j’ai feuilleté mes « Burdastyle » et mes « La Maison Victor » une bonne dizaine de fois, j’ai fouillé les Internets mondiaux de fond en comble, sans jamais tomber sur une robe qui ferait l’affaire.

L’hallu totale !

J’ai dû voir deux cent robes au bas mot mais aucune ne m’a convaincue. Aucune n’était assez chic, assez classe, assez « waou ». Aucune n’était à la hauteur de mes ambitions.  A toutes, il manquait ce petit truc que je peinais à définir précisément mais que j’étais sure de reconnaître si je le croisais, ce quelque chose qui faisait d’une robe une grande robe.

Les six premiers mois, ça ne m’a pas paru grave. J’avais le temps, j’étais sereine. Ça me paraissait normal de tâtonner. C’était important de trouver LE bon modèle et je ne voulais pas me précipiter.

3 mois avant le mariage, quand même, j’ai commencé à m’inquiéter. Je n’avais toujours pas d’idée de patron, ni pour moi, ni pour les filles.

Alors faute de mieux, je décidai de coudre des robes ROMA de C’est Dimanche pour mes poulettes. Pas whizz whizz comme plan, m’enfin c’était tout ce que j’avais trouvé.

J’avais déjà cousu une robe ROMA pour Tchup, en 2013. C’était aussi pour un mariage et j’aurais bien aimé trouver autre chose cette fois. Mais bon, cette robe avait fait ses preuves avec son empiècement façon petite fille sage et sa jupe qui tourne. En fait, ROMA était un patron parfait pour un mariage.

Et puis on n’est pas TOUJOURS obligée d’innover non plus. Ça va quoi ! D’ailleurs, c’est bien connu que c’est dans les vieux patrons qu’on fait les meilleures robes. Alors hop, emballé c’était pesé, la cogitation était terminée pour les filles.

2 mois avant le mariage, je n’avais toujours pas l’ombre d’une idée de patron pour moi. C’était la sécheresse absolue en Tasticottie. Le blocage total.

Et puis un jour, au détour d’une conversation avec ma copine Vinciane, surgit Belladone, la robe de Deer&Doe. Pourquoi pas une Belladone ? Mais oui au fait, pourquoi pas ?

Elle a un sacré potentiel, cette Belladone, c’est vrai. Très mariage-compatible même, quand on y pense. Comment se faisait-il que je ne l’avais pas remarquée quand je compulsais mes patrons ?

Et enfin ce fut l’effervescence, la pluie d’idées en Tasticottie. Je pouvais modifier son encolure pour la rendre plus « tapis-rouge ». D’ailleurs, en parlant de rouge, j’avais dans mon stock un bazin rouge que mon frère m’avait offert. Les deux ensembles, ça allait faire un véritable feu d’artifice ! C’était sûr !

Alléluia ! Je tenais enfin un patron « waou » !

Et là, le mois de Juin est arrivé en courant et m’a mis une grosse claque en plein visage.

Plus qu’un mois ! Il ne me restait soudain plus qu’un mois pour coudre les 3 robes (je n’avais évidemment pas commencé les robes des filles) (je vois bien maintenant, avec le recul, à quel point je me suis savonné la planche)(c’est fou hein ?). 3 robes à confectionner donc, entre les fêtes de fin d’année scolaire, l’organisation de la kermesse de l’école et la préparation des vacances.

J’ai paniqué, coupine. Totalement.

Et donc j’ai multiplié les boulettes.

En mère formidable que je suis (comme tu sais), j’ai commencé par les robes des filles.

J’en ai cousu une première pour Tchup. Qui s’est avérée trop petite. Forcément, j’ai coupé une taille 6 ans alors qu’elle en a 7 et demi. Pourquoi ? Nous ne le saurons probablement jamais.

J’ai donc recommencé, en taille 8 ans cette fois, et là, j’ai mal coupé la jupe (j’ai confondu hauteur et largeur). Comme il ne me restait pas assez de tissu pour la recouper, j’ai trafiqué l’affaire et j’ai réussi, par je ne sais quel miracle, à obtenir une jupe aux bonnes dimensions.

J’ai aussi été assez incroyable sur la robe de Chonchon. J’ai coupé une jupe trop courte (comment ? pourquoi ? Je cherche encore, coupinette), je me suis retrouvée avec une robe ras la culotte et j’ai dû bidouiller un pli horizontal pour la rallonger.

J’ai touché le fond quand tout à la fin ou presque, je l’ai trouée d’un coup de surjeteuse malheureux. Sur le devant.

Ça, ça m’a bien calmée. J’ai rassemblé tout ce qui me restait de sang-froid, j’ai caché le trou de la robe de Chonchon derrière une ceinture, j’ai cousu les boutons et j’ai vite mis les deux robes de côté avant de les brûler ou de provoquer une autre catastrophe dont je n’avais vraiment pas besoin.

Et puis surtout, il fallait que je m’attaque à MA robe. Et dans l’état de fébrilité dans lequel j’étais, j’avais bien peur de courir à la catastrophe.

Pour tout te dire, j’avais des doutes sur l’amie Belladone. Finalement, je m’étais tiédie, je ne savais pas trop pourquoi. Peut-être parce que Petite Mamy (la grand-mère de Lancelot), à qui j’avais montré le modèle, avait fait la moue, ce qui n’était pas bon signe.

Il eût fallu que j’eusse le temps de creuser, de chercher ce qui me faisait hésiter mais du temps, je n’en avais plus. On était à une semaine du mariage et il FALLAIT que je couse ma robe LA TOUT DE SUITE.

Ce que je fis. Proprement, c’est-à-dire en commençant par une toile. Concentrée, j’ai rallongé le buste de 3 cm pour descendre la taille (qui avait l’air d’être sous mes seins), j’ai remplacé la jupe par une jupe cercle (inspirée par Yanoudatoi) et j’ai modifié l’encolure pour la rendre plus glamour.

J’ai fini ma robe sur le fil, coupine. Pile à temps. Je n’ai même pas eu le temps de me coudre une pochette assortie.

Et le jour J est arrivé. La mariée était renversante. Magnifique dans son éclatante robe longue, tendue de dentelle et pourvue d’un profond décolleté dans le dos, elle nous a tous éblouis. Quand elle bougeait, avec une grâce de sirène, on devinait à ses pieds des escarpins Patricia Blanchet du plus bel effet (ben oui, j’ai l’œil pour les chaussures) (ok, ok, ça va, elle me l’avait dit avant). Elle était époustouflante, coupine. Sublime.

Quant à moi, j’ai oublié de mettre mes bijoux, on pourrait donc croire que ma robe était « waou ! ». Mais elle ne l’était pas. En fait, elle ne m’allait pas.

Sur les photos du mariage, j’ai l’air d’un taureau. Ma Belladone modifiée soulignait la taille que je n’ai jamais eue et accentuait la largeur déjà remarquable de mes épaules. La jupe était trop courte pour coller au style années 50 que je recherchais et ne mettait pas mes jambes en valeur. Belladone et moi, on cohabitait, mais on ne s’entendait pas.

Et je savais que ça se passerait comme ça. La robe Réglisse (de Deer&Doe) que j’ai cousue il y a quelques années m’avait ouvert les yeux sur le fait que cette forme de robe ne me va pas.

Je le savais, la plupart des modèles de Deer& Doe ne sont pas faits pour ma morphologie. Moi je suis un H, un rectangle (mes hanches sont dans l’alignement de mes épaules et je n’ai pas de taille) et les patrons de Deer&Doe semblent faits pour des corps en X, en sablier. On ne pouvait pas se comprendre, Belladone et moi.

Je le savais, mais je croyais qu’une belle robe, ça allait à tout le monde. Une belle robe, c’est censé transformer en princesse non ? Je veux dire, c’est censé changer tout le monde en star des tapis rouges non ?! Ou alors j’ai mal compris ?

J’avais mal compris.

Tout ne va pas à tout le monde, on le sait. Eh bien c’est aussi valable pour les robes d’exception. Il y a des formes qui subliment certaines silhouettes et se contentent d’en couvrir d’autres, des modèles qui tombent sur les unes comme une toile sur un piquet de tente alors qu’ils épousent les hanches et les poitrines des autres.

Et une robe « waou », c’est avant tout une robe qui s’entend avec le corps, qui le met en valeur, c’est une robe qui lui va. Comme celle de la mariée, en fait. La magie commence là, dans cette correspondance entre le vêtement et le corps.

Bref, regardons les choses en face, j’ai raté le coche. J’ai loupé mon coup, j’ai foiré l’affaire, j’ai torpillé mon grand moment d’élégance totale.

Mais hauts les cœurs, coupinette, ce n’est pas grave car à quelque chose malheur est bon. Cette expérience a sonné l’avènement d’une nouvelle ère en Tasticottie. L’ère du H et du rectangle. J’ai décidé de ne me coudre que des vêtements réellement adaptés à ma morphologie.

Et aussi de m’y prendre plus tôt la prochaine fois que je me couds une robe pour un mariage. D’ailleurs, si tu as des idées de robes renversantes pour une morphologie H, je suis toute ouïe.

Tu as 5 ans pour me les communiquer.

Merci.

Couture pure et dure

(Ben non, c’est pas encore fini) (mais qu’il est long cet article!) (c’est parce que tu m’as manquée, ma coupine) (ça fait un bail quand même, avoue!)

Cet été, j’ai lu avec intérêt plusieurs posts et discussions sur les blogs, leur raison d’être, ce qui se cache derrière les belles photos et l’influence des blogueuses sur la communauté couture.

Loin de moi l’idée de revendiquer la moindre influence sur quiconque (je couds hyyyyypeeeer lentement, je découvre les patrons « must-have » à peu près un siècle après tout le monde et j’hésite au moins autant de temps avant d’acheter un tissu « à la mode »), mais tous ces articles m’ont donné envie de parler un peu plus des aspects techniques de mes cousettes, dans un esprit plus pragmatique que mes écrits olé olé habituels.

J’ai donc décidé de remettre au goût du jour les rubriques que j’affectionnais il y a quelques années et de te dévoiler, sans fard, l’envers du décor. Après chaque écrit fantaisiste donc, tu trouveras désormais une partie « couture pure et dure » qui, j’espère, te sera utile (sinon tant pis, ne lis pas, je ne t’en voudrais pas).

~ MA ROBE ~

Quel est donc ce patron ?
Belladone de Deer&Doe

Taille choisie / Mensurations en vrai de la vie
Taille 38 – tour de poitrine: 88 cm – tour de taille: 68 cm – tour de hanches: 94 cm
Et dans la vraie vie, je mesure: tour de poitrine: 87 cm – tour de taille: 72 cm – tour de hanches: 94 cm.

Pourquoi/Comment j’ai choisi cette taille
Vu que la robe est ajustée en haut, j’ai choisi en me basant sur les mesures du tour de poitrine et du tour de taille. La taille 38 était celle qui se rapprochait le plus de mes mensurations.

Tissu utilisé / origine
Tissu de mon stock.
Mon frère, cet homme de goût, m’a offert pour Noël il y a quelques années, un bazin rouge. C’est une cotonnade damassée légère qui est amidonnée, ce qui la rend raide comme du papier et très brillante.

Métrage utilisé
J’ai utilisé 2m de tissu (laize 150 cm). Le patron en recommande 1,60m mais la jupe cercle pour laquelle j’ai opté fut très gourmande en tissu.

Bonne idée ce tissu, ou pas ?
Très bonne idée. D’abord parce qu’une fois lavé, il perd certes de sa brillance mais surtout sa raideur et devient tout souple. Il est très facile à travailler mais ce qui me rend accro au bazin, c’est l’intensité de ses couleurs, très profondes. Plus ça va, plus je suis fan de ce tissu.

Les autres fournitures
Fermeture éclair invisible rouge (Mondial Tissus).

Des modifs, peut-être ?
Oh oui! Déjà en décalquant, j’ai élargi le bas des pièces de ceinture de 4 cm pour coller à mon tour de taille. Ensuite, après ma toile, j’ai allongé le buste de 3 cm pour descendre un peu la taille qui était trop haute à mon goût. J’ai enlevé le haut du dos, ne gardant que la partie basse en V. J’ai redessiné l’encolure pour créer un décolleté. Du coup, j’ai fait une parementure pour le haut du devant et le dos. Et j’ai remplacé la jupe par une jupe cercle pour obtenir des godets.

Heureuse initiative ou vieille catastrophe des familles ?
Ben dans l’absolu, c’était bien ces modifs. Le modèle ne me va pas, il m’épaissit et me tasse, mais techniquement, la robe tombe bien. Le décolleté n’est pas plaqué plaqué mais rien d’alarmant. En revanche, il est trop « large » et les bretelles ont tendance à me tomber des épaules..


Décolleté trop large => soutif qui swingue => agacement maximal

Un truc chouette sur cette cousette ?
L’ourlet! J’ai utilisé mon pied chouchou, le pied pour ourlet étroit et sur ce tissu super docile, je me suis régalée.

Un truc barbant, saoulant ou lourdingue ?
Je me suis plantée dans l’ordre de montage: j’ai posé la fermeture éclair invisible AVANT d’assembler le haut de la robe et la parementure. Du coup, impossible de retourner l’affaire. Plutôt que de découdre la fermeture éclair (Hahahahaha! C’te blague, vu comme je transpire de stress à chaque fois que j’en pose une, je ne découdrais JAMAIS une fermeture éclair invisible s’il y a moyen de faire autrement!), j’ai décousu les épaules et bidouillé la chose selon une technique lue dans un Burda. C’était plutôt mal engagé mais avec quelques points invisibles bien placés, ça s’est bien terminé.

A refaire, qu’est-ce que je changerais ?
Il aurait fallu que j’allongeasse la robe, au moins jusqu’à mes genoux. Ou alors que je reste sur la jupe prévue dans le patron. A refaire, il faudrait réduire le décolleté et épaissir les bretelles.

Vais-je vraiment récidiver ?
J’en doute. Je trouve que genre de robe ne me va pas. C’est un véritable handicap de ne pas avoir de taille, quand on veut porter une robe à taille marquée. Je sais qu’il ne faut jamais dire jamais, mais là quand même, j’ai bien envie.

~ LES ROBES DES FILLES ~

Quel est donc ce patron ?
ROMA Kid de C’est Dimanche.

Tailles choisies / Mensurations en vrai de la vie
Le patron propose les tailles 2 ans – 4 ans – 6 ans – 8 ans. J’ai extrapolé une taille 3 ans pour Chonchon et j’ai finalement pris la taille 8 ans pour Tchup.
Taille 3 ans: stature 94 cm – tour de poitrine 54 cm – tour de taille 50 cm.
Dans la vraie vie, Chonchon (3 ans et demi) mesure: stature 101 cm – tour de poitrine 52 cm – tour de taille 47 cm

Taille 8 ans: stature 126 cm – tour de poitrine 64 cm – tour de taille 56 cm
Dans la vraie vie, Tchup (7 ans et demi) mesure: stature 124 cm – tour de poitrine 62 cm – tour de taille 55 cm

Pourquoi/Comment j’ai choisi ces tailles
Je me suis basée sur le tour de poitrine pour choisir les tailles, j’avais le souvenir que c’était l’endroit où l’aisance était la plus faible.

Tissus utilisés / origine
Tissus de mon stock! (Tu ne me vois pas là, mais je suis sur le point de faire la roue tellement je suis contente de moi).
Pour la robe de Chonchon, j’ai utilisé une batiste de coton Atelier Brunette de mon stock (Brin de Cousette – 2016) et un voile de coton blanc de mon stock (sais pas d’où ni de quand) en doublure.
Pour la robe de Tchup, j’ai utilisé une popeline à motifs de mon stock (Brin de Cousette – 2017) et le même voile de coton blanc en doublure.

Métrages utilisés
J’ai utilisé 80 cm de batiste pour la robe de Chonchon (laize 140 cm) et 150 cm de popeline pour celle de Tchup (laize 140 cm). J’aurais sans doute utilisé moins de tissu pour Tchup si je n’avais pas fait de boulette.

Bonne idée ces tissus, ou pas ?
Pour la doublure oui. Elle avait la bonne finesse et un contact très doux.
Pour la robe de Tchup aussi, je dis oui. J’adore cette popeline, qui a tenu toutes ses promesses. En fait, je la gardais pour me faire un pyjama mais Tchup a flashé dessus.
En revanche, je suis déçue de mon tissu Atelier Brunette. Il est transparent (pas vraiment grave) mais surtout il froisse à mort.J’ai repassé cette robe je ne sais pas combien de fois, je n’ai jamais réussi à obtenir un résultat sans plis. Franchement, je suis verte. Je vais sans doute utiliser le métrage qui me reste pour faire des objets mais certainement pas de vêtements.


Le tissu de l’enfer-qui-froisse-à-mort

Les autres fournitures
– Passepoil blanc, boutons blancs en forme de coeur et ruban blanc (Tissus Myrtille) pour la robe de Chonchon.
– Biais saumon et cordelette à passepoil, boutons en forme de fleurs et ruban saumon (Tissus Myrtille) pour la robe de Tchup.

Des modifs, peut-être ?
Non, pas de modifs.

Un truc chouette sur cette cousette ?
J’adore le montage de l’empiècement. Quand on regarde les pièces au départ, on ne sait pas trop où on va, mais en se laissant guider, on découvre, au bout de quelques étapes, ce plastron super chouette. Ça ressemble à un papillon qui déroule ses ailes pour la première fois.

Un truc barbant, saoulant ou lourdingue ?
La pièce du milieu du plastron est plus longue que les pièces des côtés. Je ne sais pas pourquoi ni comment ça se fait mais je n’aime pas ça. J’ai raboté la pièce du milieu pour que ça colle mais je n’aime pas quand les pièces ne s’emboitent pas parfaitement. En plus je ne me rappelle pas avoir eu ce souci en 2013, lorsque j’ai coupé la robe de Tchup.

A refaire, qu’est-ce que je changerais ?
La taille est un peu haute sur cette robe, je la rabaisserai un peu si je devais recoudre une ROMA.

Vais-je vraiment récidiver ?
Mmmh, je ne peux rien affirmer mais j’ai bien l’impression que jusqu’à leur majorité, mes poulettes porteront des robes ROMA à chaque mariage auquel nous serons invitées. Parce que bien sûr, j’ai le patron ROMA Teen. Héhéhéhéhé!

19 Comment

  1. Ah comme c’est bon de te lire d’autant plus que j’ai suivi tes péripéties cette ete sur instagram. Que c’est drôle car je t’expliquais au moment ou tu avais fini que je démarrais la couture d’une robe en dentelle pour le mariage de mon beau frère 3 semaines plus tard ! Et c’était une belladonne non modifiee! J’ai également une morphologie en H et nous avons sensiblement les mêmes mensurations. Ke trouve par contre que justement c’est une des rares robes cintrees a la taille qui me va bien. Peut etre ai-je besoin de porter des lunettes ah ah ! J’avais essaye la sigma dress de papercut patterns qui je trouve flatte le H que je suis. Je serai ravie de tes retours sur des modèles de robe pour les H : ca m’inspirera !

    1. Merci beaucoup Orianne!
      Je suis allée voir ta Belladone et effectivement elle est « Waouh! » Cette guipure est une merveille et la couleur te va super bien!!
      Elle te va bien ta robe. Je crois que c’est parce que tu as gardé la jupe d’origine. Ca lui donne une forme moins en X qu’avec une jupe cercle. Je vais réessayer avec une la jupe normale pour voir. Et j’ai la Sigma Dress, je vais donc la tenter.
      Là, j’ai acheté la Suun de P&M Patterns. Elle est fluide, taille basse, je crois qu’elle va bien aux silhouettes en H. Je te dirai.
      A bientôt!

  2. Sur l’élégance, je ne dirai qu’un mot : Carrie Bradshaw. /* Oui, ça fait deux. Mais bon, l’idée est là. */

    Sur la Belladone, j’en ai déjà fait 3, aucune ne me va mais j’ai quand même racheté le patron en pdf pour en refaire une. /* A malade, malade et demi. J’ai pas de taille, j ai des épaules de nageuse est allemande mais j’y crois encore : un jour, j’aurai une Belladone époustouflante. */
    En attendant, elle est bien (quand même) cette robe ! & la couleur ! Mamma mia, la couleur est à tomber ! Donc, splendide ! /* Du coup, j’y crois encore plus !!! */

    Pour les Roma des filles, waouh ! Elles sont belles !!! Et les problèmes de couture les ont enjolivées ! Genre le pli horizontal, j’adore !

    J’adore aussi toujours autant mes pérégrinations en Tastiscotie parce que je sais que je vais rigoler et admirer des jolies robes. Je n’ai pas été déçue de ma balade du jour. Merci !

    1. Dans mes bras, coupine d’épaules généreuses!
      Merci beaucoup! La couleur, c’est la vraie bonne surprise de cette robe. Et mon frère, ce saint homme, a eu le bon goût de m’en offrir un kilomètre à peu près (ok, pas 1 kilomètre mais il m’en reste bien 3 mètres). Donc une autre réalisation est possible.
      La robe en elle-même pourrait peut-être m’aller si je reviens à la jupe d’origine, moins évasée, moins X. Ou si je rallonge ma jupe cercle. Faut voir.
      Je suis contente parce que ton com’ m’a permis de découvrir ton blog (mille ans après tout le monde, évidemment, mais comme tu sais je suis hyyyyppppeeeer lente à la détente). Et donc je te dis à bientôt ici ou là-bas!
      La bise!

  3. C’est malheureusement souvent comme ça: quand on s’emballe trop pour quelque chose, on a du mal a redescendre sur terre!
    Moi je n’irai pas jusqu’à dire que ta robe ne te va pas, mais en tout cas cette couleur te va très bien.
    Comme idée de modèle, je suis sure que la robe trésor de super bison t’irait très bien!

  4. je trouve les 3 robes super belles. Et ce rouge, c’est quand meme waouh !
    Les petites sont trop craquantes.

    Je savais que j’étais une sans taille, et aujourd’hui j’apprends que j’étais un H, maintenant, je crois que je suis devenue un O.

    En tout cas j’ai adoré l’article, comme toujours !!

    1. Merci beaucoup Yvette!
      Du coup, je suis toute motivée pour l’article suivant (outre le fait de me coudre des vêtements qui me vont, j’ai l’ambition d’écrire un article tous les 15 jours => Everest. Mais j’y crois cette fois!)
      A très vite!

  5. Comme je te comprends. J’ai vécu une histoire similaire au printemps. La robe de ma n°2 faite en une après midi, le robe de ma n°1 j’ai planché 3 jours dessus et elle est loin d’être parfaite. Quand à la mienne, C’est une robe tube dans une maille style crochet. Je précise que je m’y suis mise à peine 1 mois avant… J’ai la même morpho que toi: H. Je te confirme que les robes avec la taille marquée genre pin-up ou autre, on oublie (sniffff). Je n’ai toujours pas trouvé LA robe waouh (en fait les robes sacs, c’est souvent ce qui me va le mieux). Je ne désespère pas de trouve un jour LE modèle. En tout cas ton trio de robes est très réussi. Tes filles splendides et toi rayonnante. Ce rouge est à tomber. Je crois que j’ai des chaussures qui iraient parfaitement avec et en plus ce sont des chaussures Waouh ;-°)

    1. Ah bon Lalaure? Mais comment elles sont tes chaussures? Je te demande ça parce que j’ai encore 3 bons mètres de ce tissu rouge. Et si d’ici 5 ans et le prochain mariage, je trouve un modèle chouette (je pense à la robe SUUN de P&M Patterns et aux robes droites fluides soulignées d’une ceinture nonchalamment posée sur les hanches), il me faudra des chaussures assorties! ^^
      Je te recommande, si tu as un Toto Tissus pas loin, de reluquer les bazins. Ils ont tous des couleurs profondes et très riches, comme celui-là. Tu vas peut-être en trouver un assorti à tes chaussures?
      En attendant, j’adore moi aussi les robes genre pin-up. Et hier, on me disait sur Instagram que le problème venait peut-être de la longueur de la jupe (il faudrait qu’elle arrive sous les genoux). Je vais donc réessayer cette forme (j’aime trop ça pour ne pas le faire).

  6. Mon Dieu que d’aventures§ Et quel courage se lancer dans la réalisation de la robe de gala une semaine avant le mariage…ça c’est du défi!
    Je dirais que peut-être avec une ceinture( une belle ceinture du meême tissu un peu large?) ça marquerait la taille; et oui je pense que la jupe si réussie soit-elle,est trop courte pour le rendu souhaité. Par contre je suis archi-fan du décolleté dos et du tissu, ce rouge profond est une merveille et magnifie aussi bien la robe que celle qui la porte 😉
    Les robes des demoiselles sont charmantes, Roma est une valeur sûre pour les mariages (j’en ai bien 3 à mon actif pour des mariages aussi!)

    1. Rhouuu (roucoule la Tasticottine ravie), merci beaucoup Marivero!
      Je pense que tu as raison, il y a un problème de longueur manifeste. J’ai bien envie de récidiver du coup, mais avec une jupe plus longue. Il faut que je trouve une occasion, Noël peut-être?
      Quant à la robe ROMA, les filles l’aiment beaucoup aussi, je crois donc sérieusement qu’on va s’abonner à ce modèle pour tous les mariages à venir! 😀

    1. Merci coupine!
      Depuis quelques mois, je me gave de podcasts couture et tricot alors que je les ai boudés pendant des années. Au bout d’un moment, j’ai réalisé que ce qui m’attirait autant, c’était que ces podcasteuses parlent « boutique », détaillent leur périple de couture ou de tricot dans une dimension technique qui me plaît beaucoup et me manque en fait. D’où la rubrique technique qui, j’espère, a de beaux jours devant elle.
      Et sinon, tu vas au CSF cette année?

  7. quel chouette post !
    comme d’hab, je me suis retrouvée dans pas mal d’aspects (sauf les mensurations mouhaha !)
    suite à l’achat de 4 robes longues en juillet pour le mariage de mon frère, j’ai enfin compris que ça ne m’allait pas et c’est comme ça que j’ai décidé d’y aller en pantalon (et tunique home made) !
    j’ai hâte de voir ce que tu vas faire de ton H !
    quant aux Roma ♥ je ne suis que jalousie, j’ai acheté le patron à sa sortie et ne l’ai jamais cousu…
    gros bisous !

    PS : tu viens quand à la capitale ??

    1. Merci beaucoup coupinette! C’est fou hein, ces prises de conscience soudaines. Avant, on navigue à vue et après, on se demande comment on a pu ne pas comprendre plus tôt. J’ai vu des photos et tu étais l’élégance même avec ta Suun de mariage. Je suis persuadée que la version robe t’irait plutôt pas mal. Et sinon, il n’est jamais trop tard pour une ROMA!
      Bisous !
      PS: Je monte à la capitale spécialement pour le CSF. Lancelot ne le sait pas encore mais j’ai prévu d’y rester 2-3 jours à Paris et prendre tout mon temps (et cramer la moitié mon compte en banque) :D. Tu y vas toi cette année? On se capte? On se prend une mousse dans la foulée?

  8. Comme d’habitude, à la lecture de ton article, je me suis régalée. Vive les posts fleuves, et les posts « vrais » <3

    C'est marrant, je ne trouve pas que ta robe soit si catastrophique. Au contraire, je trouve qu'elle te va bien (je me suis même surprise à penser que j'allais me remettre aux patrons Deer and Doe, après les avoir pourtant tous revendus de dépit… j'oscille entre le H et le Y… et si on créait un mouvement de réhabilitation des morphos en H??). M'enfin, dans le ressenti sur nos "œuvres" le processus de fabrication a souvent une influence majeure. Des fois en ressortant un vêtement l'année suivante, je me dis que mon jugement de l'époque était bien dur.

    1. Oui Lise!! Réhabilitons les H! Plus je creuse la question, plus je constate que ce n’est pas si facile de trouver des patrons faits pour cette morphologie.
      Par exemple, je cherche des robes et des jupes taille basse, ben c’est la croix et la bannière pour trouver ça.
      Cette robe, au fond je l’aime bien. Mais il y a une fausse note dans sa petite musique. Je pense que c’est sa longueur qui ne va pas. Elle est trop courte. Vu l’évasé de la jupe cercle, si elle était plus longue, le bas contrebalancerait mes épaules de rugbywoman et de loin j’aurais une allure de X qui camouflerait mon absence de taille. Bref, il faudrait que j’en ai le coeur net alors je n’abandonne pas totalement ce patron.
      Tu as raison sur le ressenti. D’ailleurs, quand je l’ai sortie pour la photo, je l’ai trouvée plutôt pas mal, mais il y a cette histoire de longueur quand même…

      1. J’ai exactement le même souci : beaucoup de marques mettent en avant les morphos en sablier, et je me sens un peu seule avec ma carrure de déménageur ! ça a été rude quand j’ai débuté en couture (avec D&D comme beaucoup), et que je me suis retrouvée à grader en 36/40/34 (autant dire que j’ai dû mettre cette Sureau une fois….).
        J’ai envie de faire un article de blog sur les patrons adaptés aux Y, tu en aurais quelques-uns à me suggérer?

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