je couds ma garde-robe capsule 2017 – Projet de Mai – La combinaison

Ah ben voilà. Je suis en retard pour te présenter mon projet du mois de Mai.

Au fond, je ne suis pas étonnée. C’était couru d’avance vu le mal que j’ai eu à coudre ces derniers temps.
Du coup, en toute logique, je n’ai fini ma combinaison que le 35 Mai (ahem..). Et pour rester dans le rythme, ce n’est qu’aujourd’hui, le 41 Mai, que je poste.
C’était totalement prévisible, cette affaire.

Combinaison Jackie (République du Chiffon) en taille 36 (haut) et 38 (bas)
Polyester (Brin de Cousette)
biais rouge (Brin de Cousette)
Pressions kam (mon stock)

Déjà à la base, je suis une petite nature de la couture : pour un oui ou pour un non, je n’arrive pas à coudre.

Je n’arrive pas à coudre quand il fait beau. Je me colle automatiquement une mission glandouille au parc ou une séance splitch splatch à la piscine municipale avec mes poupinettes et Charming, en mère formidable qui fait ce qu’il faut faire en toute bonne conscience.

Je n’arrive pas à coudre non plus quand je suis fatiguée. Je n’ai pas l’énergie de sortir ma machine à coudre de la bibliothèque où elle est rangée pour la poser sur la table de la salle à manger (il n’y a pourtant qu’un petit mètre à lui faire franchir). C’est au-dessus de mes forces de déplier ma planche à repasser, de décalquer un patron ou de couper du tissu, à quatre pattes par terre au milieu du salon. Je m’affale plutôt volontiers dans mon canapé et je larve toute la soirée devant ma télé.

Je n’arrive pas à coudre quand ma descendance est à la maison et éveillée. Mes choupettes sont petites, elles m’interpellent à tout bout de champ dès leur réveil (manière pudique d’évoquer la sordide vérité: je suis l’esclave de mes enfants). En fait, je ne peux rien faire sérieusement quand elles sont dans les parages, impossible de me concentrer tellement elles m’interrompent souvent.

Et alors quand je suis préoccupée, je ne t’en parle même pas. Impossible de coudre quand j’ai peur. Je n’ai pas le cœur à ça, ma tête ne suit pas non plus. Je rate tout ce que j’entreprends et j’arrête assez vite de coudre par manque d’appétit.

Bref, comme tu peux le constater, l’élan couturesque est fragile en Tasticottie.

Mais alors, dois-tu te demander, quand est-ce que j’arrive à coudre, dans les faits ?

Eh bien le lundi et le soir.

Le lundi, je ne travaille pas. Mes enfants sont à l’école ou chez la nounou, Charming est au boulot. Et moi, je suis libre. Le lundi, je fais ce que je veux. Le lundi, j’ai l’impression d’être revenue à ce temps pré-enfants où les heures m’appartenaient réellement. Ce temps où j’avais une patate d’enfer et où je pouvais coudre tant que je voulais, quand je voulais.
Le lundi, je suis toute seule chez moi et c’est clairement le meilleur jour de la semaine en Tasticottie. Je couds un peu ou beaucoup, ça varie, mais le lundi, je couds.

J’arrive à coudre le soir aussi, quand les enfants sont couchées, qu’on a dîné et bavardé, Charming et moi. En deuxième partie de soirée, quoi. Là, il n’y a plus de limite, je peux coudre deux heures ou la moitié de la nuit, c’est comme je veux, je suis en roue libre.

Sauf que là en Mai, pfuit les lundis ! Moi ce qui m’aurait arrangé, c’aurait été que le 1er et le 8 Mai tombent des vendredis. C’aurait été nickel : 3 jours en famille et mon lundi pour moi dans la foulée. Mais non, bien sûr, ils sont tombés sur deux de mes précieux lundis. Et donc au lieu de couture peinarde en solitaire, j’ai fait piscine, visites, parcs, esclavage…

Et puis aussi en Mai, exit les soirées ! Un soir sur deux je piquais du nez à 21h30 parce que j’étais crevée parce que je dormais mal parce que je cumulais les rhumes parce que je glandouillais au parc ou à la piscine et que je ne me couvrais manifestement pas assez…

Cerise sur le cupcake, je me suis fait un sang d’encre pendant 15 jours pour une histoire de papiers d’identité et de faute d’orthographe qui aurait pu avoir des conséquences désastreuses (rien que d’y repenser, j’ai le cœur qui palpite à nouveau tellement on est passés à un cheveu de la catastrophe).

Bref, autant te dire que le joli mois de Mai a très souvent mis mon élan couturesque KO.

Et c’était éminemment frustrant parce que j’avais follement envie de coudre moi, en Mai.

J’avais envie de coudre quand j’étais au parc ou à la piscine, sauf que je ne pouvais pas, j’étais au parc ou à la piscine. J’avais envie de coudre le lundi, sauf que je ne pouvais pas, j’avais les enfants à la maison. J’avais envie de coudre le soir, sauf que je n’y arrivais pas, j’étais vannée ou stressée.
C’est vraiment une torture d’avoir envie de coudre et ne pas trouver le temps, la disponibilité mentale ou l’énergie de le faire, jour après jour.

C’est donc au milieu de ces innombrables journées verrouillées que Jackie a dû se faufiler, dans les trop rares moments où j’avais en même temps la forme, du temps seule et pas trop de soucis en tête. Un lundi et une poignée de soirées en somme.

Malgré tout, Jackie, je ne l’ai pas bâclée. J’ai trop de respect pour elle. Je l’ai décalquée en 36 pour le haut et en 38 pour le bas. Je l’ai rallongée de 5 cm au total (2 en haut et 3 en bas) puisque je mesure 1m70, soit 5 cm de plus que la stature de patronage. Et j’ai fait une toile du haut. J’ai bien fait parce qu’il tombait étrangement, formant deux espèces de cônes horizontaux juste sous les aisselles. Après quelques recherches sur le net, j’ai découvert que ces cônes étaient le signe qu’il n’y avait pas assez de tissu pour loger mes seins dans mon haut.
Ha !
J’ai dû faire un ajustement forte poitrine (les projets se suivent et ne se ressemblent décidément pas, tu te souviens que j’avais dû faire exactement l’inverse sur ma robe d’Avril ?). J’ai suivi l’excellent et limpide tuto d’Annie Coton, « Adapter un haut sans pince pour une poitrine généreuse » (« poitrine généreuse », j’en roucoule d’aise !) et si je suis drôlement contente du résultat, je me demande quand même s’il n’aurait pas suffi que je coupe le haut en 38 tout simplement.

Mon tissu final, un polyester au joli tombé qui vient de la boutique, m’a donné bien du fil à retordre, malgré la bombe de F*bulon que j’ai vidée dessus. Fuyant comme tout, il avait en plus le défaut de beaucoup s’effilocher. Comme j’avais la trouille qu’il godaille dans tous les sens, j’ai thermocollé tous les bords avec des bandes de thermocollant jersey de 1,5 cm de large. Fastidieux mais très sécurisant, je dois dire.

J’ai bien évidemment mis un petit passepoil pour faire pétiller tout ça (tant qu’à ramer pour coudre quelque chose, autant y mettre du passepoil, tu es d’accord ?). C’est du biais que j’ai déplié puis replié en deux. Je trouve le passepoil plat plus « fin » que le passepoil « rond » parfois.

Après avoir essayé tous les boutons du monde (au moins), j’ai finalement opté pour des pressions kam.

Je n’ai pas fait de toile du bas de Jackie. Et je le trouve un poil inconfortable même si je n’arrive pas à identifier l’origine du malaise. Toujours est-il que je trouve ma Jackie hautement portable au final.

Cette bataille du mois de Mai pour coudre Jackie m’a fait prendre conscience de la difficulté que j’ai à faire une vraie place pour la couture dans ma vie quotidienne.

Quelle que soit la façon dont je considère les choses, la couture passe toujours après le reste, après la famille, après les corvées, après le travail, après tout en fait.

Il n’y a qu’à voir où je couds : sur ma table de salle à manger, quand on n’en a pas besoin pour autre chose. Et si on a finalement besoin de la table, je dois tout remballer. Je suis une nomade de la couture dans ma propre maison.

C’est quand même dingue qu’une activité si importante dans ma vie soit ainsi systématiquement reléguée au second plan.

Ce n’est plus possible.
Je veux un atelier de couture.
Et aussi qu’on arrête les lundis fériés.
Merci.

52 commentaires éclaires sur “Petite nature

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